Mémoires de la Régence, II, p. 36 et suiv
5. Saint-Simon, Mémoires (édit. Chériiel, XIII, p. 117-119). Le texte dans les Mémoires de la Régence, II, p. 7-1.
6. Saint-Simon, Mémoires, XIII, p. 377 et tout le chapitre xviii. Le texte de leurs réclamations dans les Mémoires de la Régence, II, p. 118.
7. Vatout, Conspiration delCeUamare,\, p. 110: Conversation du comte de Toulouse et du duc d'Orléans conservée aux Archives du Palais-Royal.
pour régner'. Les affaires en souffraient, mais sa paresse naturelle trouvait dans ces difficultés son compte, ou du moins des excuses. Se croyant assez affermi, le duc d'Orléans se donnait tout entier au plaisir. Sa fille, la duchesse de Berry, menait gaiement la nouvelle cour. On créait les bals de l'Opéra ; le Hégcnt avait de quoi s'occuper et se consoler-.
Le duc de Noailles, malgré la mobilité d'esprit qu'on lui a si souvent reprochée, cherchait à corriger, sans trop la regretter, l'inaction des Conseils. Il proposa au Régent, le 26 juin 1717, rétablissement d'un Comité pour les finances devant lequel il pourrait faire plus aisément l'exposé et l'essai de ses plans de réforme'"^. Ce Comité, composé plus particulièrement d'hommes dévoués, le duc de la Force, Le Pelletier de Souzy, l'archevêque de Bordeaux, le marquis d'Effiat, Saint-Simon et Villcroy qu'on n'avait pu éviter, était déjà une manière de restreindre les Conseils et de leur enlever une partie des affaires.
Mais déjà s'élevait un homme qui allait à la fois ruiner Noailles et les Conseils, le financier Law. Sa banque, fondée depuis un an (2 mai 1710), faisait merveille *. Elle avait ranimé, en peu de mois, le commerce et les transactions. Noailles n'offrait qu'une ressource, l'économie, plus malaisée à une Régence qu'à une Royauté établie. Law apportait mieux, la liquidation facile avec l'aisance et la perspective de la richesse''. Le 10 avril 1717, le duc d'Orléans donnait une première sanction officielle à son système, en ouvrant les caisses de l'Etat aux billets particuliers de sa banque*^.
Au point de vue financier, la Régence llottait donc indécise,
1. Saint-Simon, Mémoires, cdit. Chônicl, XIII, p. 119 : « insensii)iiité et incurie inébranlables » ; XIII, p. 375 : « Sa facilité, sa politique si favorite : divide et impera ». — Journal de la Régence \'S\:mu^c\\\, \V\h. \al., Siipp. ISSG, .lobez, I.p.493).