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LE SYSTÈME DE DUROIS ET LE POUVOIR DU REGENT

entre un système qui n'avait pas suffi à réparer les désordres du passé, et un autre qui n'avait pas fait ses preuves : au point de vue politique, entre l'influence de Noailles et la multiplicité des Conseils ; au point de vue religieux, entre le parti des Jésuites et des jansénistes, auxquels, aprèsa voir fourni des espérances, le Régent refusait de donner des gages. Le Parlement enfin, qui lui avait d'abord été très favorable, commençait à s'éloigner'. Les nobles réclamaient moins d'économies : le public trouvait qu'on en aurait pu et dû faire sur eux davantage.

Un singulier personnage, dont M. Vandal a spirituellement retracé la vie, le comte de Bonneval, officier de grand mérite, observateur sagace, homme d'esprit, quoiqu'un peu brouillon, dépeignait ainsi, le 10 février 1717, l'état de la Régence et le Régent ^ :

« A la cour, dit-il, le Régent n'a pas un seul ami. Les impositions continuées par lui, lui ont totalement aliéné le peuple à Paris, et encore dans les provinces. La noblesse, le militaire le haïssent à mort, à cause des suppressions de pensions, réformes et autre dégoûts qu'il leur donne dans un temps où il les devrait ménager. Au surplus, c'est un de ces paresseux d'esprit et de corps qui haïssent le travail et l'application ; il aime ses plaisirs par-dessus toute chose et la paix ne sera pas troublée par son ambition. Il est bon, de facile accès, traitant avec tout le monde comme un simple particulier. Il a beaucoup d'esprit, il plaisante le premier sur les désordres de son administration et sur le choix de ses ministres. L'autre jour, le duc de Brancas lui disant que le Conseil des finances était mal réglé et très mal composé, le Régent répondit : La Régence est toute entière de même, et je ne vois aucun Président, à commencer par moi, où il n'y ait bien des choses à dire, et là-dessus, il lit son portrait et celui de tous les membres de ses Conseils avec un pinceau très fidèle, mais ridicule, donnante chacun son paquet. »

L'anecdote est piquante et pittoresque : le duc d'Orléans y est peint au naturel avec tout son entourage dans la négligence, le désarroi, l'incohérence que nous indiquent les contemporains

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