‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 16 sur 246 · Tome I. B · texte numérisé non relu

Tome I. B

XVII! PKKFACÈ

contre Saint-Simon, M. Cliéruel eut recours surtout aux correspondances. Dans cette voie, il réalisa très complètement ce que Lemontey avait aperçu et prescrit, la réfutation des jugements inscrits aux Mémoires de Saint-Simon par ses propres Lettres, « un aliment plus pur et plus substantiel pour l'historien, au lieu de réminiscences équivoques en présence des faits le langage de l'homme vrai* ».

La correspondance de Saint-Simon, qui serait si précieuse surtout pour l'histoire de la Régence, existait, aulendemain de sa mort encore, dans sa Bibliothèque dont l'inventaire de 1755 la mentionne au complet, immense, variée^. Elle fut portée comme ses autres papiers au dépôt des Affaires Etrangères où Lemontey la signalait en 1818 toute entière et très abondante. On ne peut pas dire qu'elle y soit demeurée depuis cette époque, ni dans aucun autre de nos dépôts publics. Ce qu'on en a retrouvé par fragments aux archives du quai d'Orsay, ou la centaine de pièces qu'on a pu signaler dans les collections particulières, lambeaux dispersés et recueillis par les derniers éditeurs des Mémoires, n'ont pu apprendre, môme à un chercheur comme Baschet, à un érudit comme de Boislisle, où et comment l'ensemble avait disparu^. Le parti ingénieux que M. Chéruel avait tiré de ces fragments pour la critique des Mémoires put du moins faire apprécier l'excellence de la méthode, l'étendue de notre perte, et la légitimité de nos regrets.

A défaut des lettres de Saint-Simon, suffisantes à ruiner l'infaillibilité de ses Mémoires, c'était un devoir de recueillir, d'employer, selon l'exemple donné par Chéruel et Geffroy pour le xvii^ siècle, les autres correspondances de la Régence. M. Aubertin a commencé en 187'j à s'en acquitter, lorsqu'il a, dans ses Essais sur l'esprit puitlic au XVIII'' siècle, signalé l'étendue et la valeur de la correspondance de l'abbé Dubois, conservée aux archives des Affaires Etrangères. Quels témoignages plus complets et plus sûrs de cette époque que les lettres de l'homme appelé à y jouer pendant sept années le premier rôle !

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