‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 15 sur 246 · PREFACE XVII · texte numérisé non relu

PREFACE XVII

avait donné celui de l'avocat Barbier. L'autorité d'un écrivain aussi supérieur que l'ami du Régent à ces annalistes obscurs ne fut pas et ne semblait pas pouvoir être diminuée. On sourit encore, ou l'on demeura indi(T('M-ent à l'effort que lit, en 1862, le comte de Seilliac pour obtenir la revision des griefs de tout genre formulés contre l'abbé Dubois. Le nombre pourtant et la valeur des documents nouveaux que cet bistorien avait réunis comme preuves: biograpbie inédite de l'abbé d'Espagnac, lettres de la Palatine, du Régent, du Père La Cbaise et de Fénelon méritaient plus d'égards et d'attention. Mais il aurait fallu (ju'on fût décidé à faire confiance à qui se pcrmellait de contredire Saint-Simon.

L'autorité historique des Mémoires ne commcn(;a d'être ébrnnlée qu'après l'étude de M. Chéruel : Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV, plaidoyer éloquent, solide, décisif, en faveur du grand Roi et de son entourage, dénigrés systématiquement, maltraités par la haine et les invectives calomnieuses de l'enfant terrible de Versailles et du xvn'' siècle. Quand on sut de quelle manière Saint-Simon avait malmené et rabaissé toutes les gloires de son temps, aux dépens de la vérité restituée par les recherches de M. Chéruel, le doute vint et peu à peu s'imposa, qu'il avait pu faire un tort égal aux hommes et aux choses de la Régence. En môme temps que ]\1. Aubertin publiait un Essai sur la politique de l abbé Dubois d\iprès sa correspondance^, M. Chéruel encore donnait à la Revue historique un fragment précieux sur « Saint-Simon et Vabbé Dubois- », nouvelle application à l'histoire de la Régence, de la méthode qui, avec son précédent ouvrage, avait marqué une date dans l'étude critique du xvii^ siècle.

Pour corriger les erreurs trop nombreuses que, sur la foi d'un écrivain de génie, la postérité avait, par une sorte de consentement tacite, acceptées, M. Chéruel fit taire son admiration et entendre les témoins les plus contemporains des actes dont la portée et la nature se trouvaient dénaturées par des Mémoires écrits dans un intérêt trop personnel de haines ou de rancunes, avec trop d'éloignement et pas assez de recul, pour être fid''ies et vrais. Comme A. Geffroy, avocat heureux de M™^ de Maintenon

1. Aubertin, L'Espril public nu XVIII^ siècle, Paris, Belin, 1873, in-12.

2. Revue Historique, de Gabriel Monod, tome I (I87G,\ pp. 140 à 153,

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