Voir L. 111, ch. i" de ce voliltne, à In fin
Cellamare et Sparre et à l'envoyé de la Russie, Schleinitz, de rapprocher leurs intérêts.
Il y eut alors, au début de 1718, deux grands partis en Europe : la Suède qui convoitait la Norvège et comptait sur l'appui de la Russie et de la Prusse, l'Espagne qui entamait la conquête de l'Italie, après avoir vainement sollicité le concours de la France ; et d'autre part l'Electeur de Hanovre allié au Danemark dans le Nord, et dans le Sud à l'Empereur son suzerain qui souhaitait des agrandissements en Italie. L'Angleterre, le 27 mars 1718, prit fait et cause pour son Roi ; elle se ralliait nettement à ce dernier parti : Georges L'" demandait au Parlement d'équiper deux flottes pour apj)uyer ses négociations dans la Raltique et la Méditerranée.
Réduit à choisir entre ces deux partis, le Régent de France abandonna les alliés traditionnels de la France, la Suède et l'Espagne pour s'attacher à l'Angleterre et à l'Empereur. Il paraissait, au début de l'année 1718, en veine de décision. C'était le moment où il prenait, en matières de finances, une résolution aussi grave : « La fin de l'année 1717 s'était passée, dit Saint- Simon, en démêlés continuels entre Law et les linances, c'est-àdire Noailles et ceux dont il se servait le ])lus, et particulièrement en plaidoyers (jue Law était forcé d'aller faire chez les principaux du Parlement *. » Law, comme Dubois, avait son système et la même peine à l'établir : le Parlement et le duc de Noailles résistaient à ces nouveautés autant que d'IIuxelles et les Conseils aux projets de l'abbé. Le Régent provoqua la démission de Noailles, et retira les sceaux au chancellier d'Aguesseau, pour donner les deux places à d'Argcnson.
Le tiiouqtlie de Law était un succès pour Dubois. D'Argenson, en outre, était son ami : il le félicita vivement. Il se félicitait plus encore lui-même d'avoir déterminé la Régence à combattre nettement la politique d'Albcroni et de Gœrtz. Le duc d'Orléans était décide à les intimider, à les humilier et, s'ils résistaient, à les combattre. La guerre ne l'effrayail plus, pourvu qu'elle parût surtout dirigée contre eux.