Ihid, ihid
4. Voir noire Inlroduclion, cliap. iii, l'ubùé Dubois avant la liér/ence. ô. 15as(li('l, Uisl. du dépôt des A /f aires É Iran Qè)'es,\). 102,557.
LE MINISTÈRE SECRET DE I.ARIii: DLIROfS A LONDRES 28:i
(( qu'on avait faites aux: trailôs sans le consentement des parties », afin de justifier celles (jifil se préparait à faire au traité d'Utrecht'. Il soumettait à son examen les droits des Farnèse à riiéritage de Toscane, et môme tout le projet de traité qu'il négociait ^.
De fait, c'était un vrai plaisir d'interroger un pareil homme qui ne ménageait pas sa peine, dont le savoir inépuisable se répandait en longs mémoires instructifs. Pour servir Dubois, Saint-Prest composait une solide étude sur les intérêls présents des principaux Étals de rEurope^. Son examen du projet de traité ne comprit pas moins de cinquante pages in-folio*. Dubois pourtant ne s'en contentait pas. Il voulait aussi l'avis de l'abbé de Targny, académicien de la Bibliothèque royale, lui remettant le soin de réunir des consultations où prenaient part les érudits du temps, Godefroy, de l'illustre famille des savants du xvii*^ siècle ; Clérambault, généalogiste des ordres du Roi, tous deux grands chercheurs et collectionneurs d'actes précieux pour l'histoire et la politique.
L'abbé JoachimLegrand, « l'un des plus habiles du royaume sur le droit public, d'une vaste érudition, d'une sagacité admirable », qui avait servi les d'Estrées dans leurs ambassades d'Espagne et le Roi dans toutes les affaires de conséquence, pendant les dix dernières années de son règne ; l'abbé de Longerue, le prédécesseur et l'initiateur des grands académiciens du dernier siècle ; l'avocat Le Roy, au cloître Saint-Jean-en-Grève, d'une famille où l'on se piquait de connaître le droit public, ne refusaient pas à Dubois leurs services. Ils le considéraient comme mi des leurs ^. Et l'abbé n'était pas encore satisfait : il demandait des notes géographiques et des cartes de Toscane à M. de l'Isle, premier géographe du Roi, membre de l'Académie des Sciences*'; des avis
\. Dubois à Saint-Prest de Londres, 21 janvier 1818 (A. ÉTR., Ang., t. 314, f 243).
2. Saint-Prest à Dubois, 28 janvier 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 314, f- 248, 251).
3. Dubois à Saint-Prest, 10 février 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 315, f" 98).
4. Réflexions de M. de Saint-Prest (A. ÉTR., Ang., t. 315, f° 215-244 et suiv.).
5. Dubois à son neveu, Londres, 3 janvier 1718 (A. ÉTR., Ang., l. 314, P 13). Sur ces personnages, voir Baschet, Hist. du Dépôt, etc.
G. Idem, idem.
sur des points de droit et de succession à des avocats, ù M. du Cornet dans la cour du Palais', à M. Nouet. Il leur faisait présenter de petits mémoires et les priait d'y mettre leurs observations par écrit.
Tous ces spécialistes étaient depuis de longues années ceux qu'avaient coutume d'employer à Paris les ministres des Affaires Etrangères. Dubois avait trouvé cet usage établi, pratiqué surtout par Torcy-.
Il n'y a pas de doute qu'à cette époque l'abbé Dubois ait beaucoup employé l'expérience du ministre qu'il pouvait considérer comme son prédécesseur. Torcy était alors membre du Conseil de Régence où le duc d'Orléans, quoiqu'il se défiât de lui, l'avait conservé pour avoir le secret des postes dont il était surintendant. Écarté des Affaires Etrangères par le maréchal d'IIuxelles qui ne le valait pas, il était pourtant, avec ce ministre, l'homme de France le mieux renseigné sur les négociations du royaume et de l'Europe, et sur les intentions des cours étrangères. Il copiait et recueillait chaque jour les dépèches de nos agents à l'étranger, les indications envoyées au ministre par ses espions, les nouvelles de Londres, de Vienne, de Madrid, de La Haye et d'Italie. Ce recueil nous a été conservé par Saint-Simon d'abord, qui l'a beaucoup employé dans ses mémoires : c'est une source précieuse pour l'hisloirc de ce temps '^
Dubois, à qui le ministère refusait les communications indispensables *, eut l'idée de se les procurer pour travailler à Londres comme s'il n'y avait pas de ministre à Paris, 11 entra dans le nionde qui entourait Torcy, se lia avec son ami intime, M, de Castries, chevalier d'honneur de la duchesse d'Orléans, M, de Nancré, son protégé'*. H obtint, du second surtout, les notes
1. << Le plus C(-l('brc coiisullanl de Paris, dil, M. .Marais, trie pleim- tic sons, de science, droiture cl d'une neUelé incomparable. » (Marais, Mémoires, III, p. 117.)