‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 19 sur 246 · XX PREFACE · texte numérisé non relu

XX PREFACE

gères, ses papiers, lettres, mémoires et documents se mêlèrent aux dépèches du ministère, et sont demeurées dans le dépôt des papiers d'Etat, aussi variés, aussi vivants que la pensée et la politique dont ils furent l'expression, dont ils gardent la trace et même l'accent.

Et le plus singulier, c'est qu'après le long silence imposé par l'admiration ou le culte de Saint-Simon, pour étudier la Régence, les afiaires d'Etat et la diplomatie de ce temps, les historiens aient plutôt demandé des lumières, comme M. Wiesener, aux archives anglaises, ou comme M. Baudrillart, à l'histoire et aux documents d'Espagne. Si quelques années après, pour tenter une nouvelle réhabilitation de l'abbé Dubois, le père Bliard n'avait pas consulté cette volumineuse correspondance, l'histoire de la minorité de Louis XV demeurerait encore dépourvue et privée des papiers de l'abbé qui, en ayant été le principal acteur, semblait pourtant devoir en être le principal témoin.

L'objet de notre travail a été de recueillir précisément et de montrer le profit que l'on doit retirer de cette source mal ou peu exploitée pour la connaissance de l'Europe au début du xviii^ siècle.

Dans les premiers temps de sa carrière diplomatique, l'abbé Dubois écrivait lui-même ses dépêches. Ce fut le cas pendant la négociation de La Haye et de Hanovre. Puis quand sa diplomatie, en s'aftirmant auprès du Régent et des puissances étrangères, s'étendit à presque toute l'Europe, son activité, infatigable pourtant, n'aurait pu suffire à une pareille tâche. Il eut alors des secrétaires, un vrai liui'cau d'AtYaires Etrangères secrètes, composé de Deslouches, de son neveu, de Chavigny. 11 dictait ses instructions et ses lettres, et se borna à écrire des billets vifs et spirituels ([ui onl été conservés. Sous des écritures, qui cessent en 1719 en général d'être la sienne, il fan! rechercher l'expression de sa pensée, de son amlnlion, les formules de son œuvre politique.

Au ministère enfin l'établi pour lui en 1718, où sa tâche fut encore plus lourde et plus large, secrétaire d'Etat et premier ministre, archevêque et cardinal, Dubois se fit aider par le premier commis Pecquet dont il se défiait pour ses liaisons anciennes avec Torcy et d'IIuxelles. Il eut recours surtout à Chavigny, quand il n'était pas en mission à Cènes, à Madrid ou à Hanovre, et au jeune Lcdran qui commença sous ses aus-

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