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INTRIGUES ET GUERRE EN ITALIE (MAI-JUIN

d'elle leur envoyé comme })i'emicr ministre, devaient mieux réussir. Elisabeth Farnèse décida le Roi son maii à répondre aux médiateurs par des conditions qui rendaient leur médiation impossible. J^liilippe V réclama la Sardaigne, refusa réchange qu'on lui offrait de Parme et de la Toscane, même garanties par des garnisons espagnoles. 11 prélexta que l'entretien en serait trop onéreux. Tout ce qu'il oflVit à l'Empereur, ce fut la Sicile. Tant is pour le roi de Sicile qui recevrait peut-être le marquisat de Finale, et, en tout cas, le juste châtiment de ses faussetés. « Par déférence j)Our le Roi son grandpère, disait-il en concluant, il avait acquiescé aux traités d'Utrecht, où quelques particuliers anglais ont fait la loi. Il ne la veut pas recevoir une seconde fois, puisque Dieu l'a mis dans un état d'indépendance et de force à ne pas subir le joug de ses ennemis pour s'attirer l'indignation et le mépris de ses sujets ^ »

Un tel langage était presque une déclaration de guerre à l'Europe : Philippe \^ annonçait qu'il emploierait ses forces à conquérir la Sicile, quitte à la remettre plus tard à l'Empereur en échange de la Sardaigne. Le duc de Parme l'emportait.

Il se réjouit surtout, quand il apprit le 9 mai 1718 que trois cents voiles et trente mille hommes avec de l'artillerie, du train et des vivres en abondance, « se verraient bientôt dans la Méditerranée pour l'édification de la postérité- ». Philippe V passait immédiatement de la menace à l'exécution. Les Farnèse avaient gagné leur cause. Une seconde fois, ils avaient obligé Alberoni à porter la guerre en Italie, contre les Allemands.

En cette occasion décisive, où Stanhope|et Dubois croyaient tenir la paix européenne au profit de leurs maîtres, au mois d'avril 1718, les puissances qu'ils avaient espéré intimider prenaient leurs dispositions pour une guerre nouvelle. On conçoit leur mécontentement : ils croyaient « étouffer au berceau l'enfant qui leur avait donné tant de mal à élever et qu'ils aimaient, comme c'est l'ordinaire, chèrement'' ». Ils s'en prirent à Albe-

1. Nancré au Régent, 26 avril 1718 (A. ÉTR.. Esp., t. 269, f" 177); Alberoni à Dodington, 16 avril 1718 (Coxe, Bourbons d'Espagne, 11, p. 411).

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