‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 197 sur 246 · Alberoni au duc de Parme, 9 mai 1718 {IbicL, ibid · texte numérisé non relu

Alberoni au duc de Parme, 9 mai 1718 {IbicL, ibid

3. Dubois à Stair, 11 avril 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 317, f" 53).

roni et à ses agents. « 11 faut abattre dans TEspagne un ennemi capital. Il faut se boucher les yeux pour ne pas voir que le cardinal Alberoni a toujours cet objet en vue, que plus il se fortifiera, plus il sera à craindre, que nulle précaution ne peut garantir de sa mauvaise volonté. On m'a dit que tout ce que le cardinal Alberoni tramait et faisait, regardait uniquement Votre Altesse Royale ; qu'il était averti et instruit d'une manière étonnante de tout ce qui se passe autour d'EUe et qu'il mettra tout en œuvre pour faire échouer le traité, afin de ne pas trouver un obstacle au grand objet où tendent toutes ses démarches, qui est de lui disputer la succession à la Couronne*. » Après Alberoni, c'était Cellamare que Dubois traitait de boute-feu.

En réalité, ce furent les princes italiens qui empêchèrent la trêve de 1717 d'aboutir alors à une paix durable^: le duc de Savoie exposé à perdre la Sicile sans compensation, le duc de Parme à subir le joug de l'Empire ou des troupes d'Espagne, le duc de Toscane et les Florentins menacés d'un démembrement ou d'une occupation étrangère. Impuissants à empêcher une négociation qui passait au-dessus d'eux, pour retomber plus lourdement sur leurs Etats, ils préféraient encore une guerre où ils risquaient moins d'être dépouillés sans compensations. Les princes de Savoie et les Médicis empêchèrent l'Emjiereur d'accepter du premier coup le projet franco-anglais ; les Farnèse déterminèrent Philippe V et sa femme à le rejeter tout à fait. Par leurs efforts communs, l'œuvre de Stanhope et de Dubois, au mois de mai 1718, se trouva subitement entravée et presque condamnée.

Dubois voulut la défendre, en dépit de tout. 11 gourmanda ses agents; il dit à Schaub : « Qu'il avait fait son affaire à \'iennc, qu'il s'en tînt là et ne voulût pas aller plus loin que Paradis; que, pour plaire à l'Empereur, il ne déplaise au ministre d'Angleterre et à Monseigneur le Régent et ne rende pas l'atïaire plus

1. Dubois au Régent, IG juin 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 319, f l'.t7; ; 20 juin 1718 [Ibid., t. 319, P 20'2). « Mgr le duc d'Orléans n'a pas de plus giand ennemi ([ue le Cardinal. » Dubois à Noce, 30 mai 1718 (A. ÉTR., Ang., l. 318, 1» 195).

2. C'étaient eu.\ déjà cjui étaient en 1715 le principal obstacle ù la paix européenne (voirnolre Introduction, ch. n).

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