LE SECU?:? DU RÉGENT ET LE CONSEIL DE RIT.ENXE
Un moment, il parut même que le Régent renoncerait à Dubois, à sa diplomatie secrète en Angleterre et en Espagne, pour l'emettre au Conseil de Régence le règlement de cette airaii'e : suivant les vues de d'IIuxelles, de Nancrc et de Torcy, « Son Altesse Royale avait cru nécessaire de remettre dans le cours ordinaire de la diplomatie officielle la négociation de Madrid, de la mettre à découvert ^. » 11 désavouait l'oeuvre constitué par Dubois à Londres, comme si elle eût été criminelle-. Il supprimait du même coup, et désavouait de même celle du duc de Saint-Aignan, à Madrid'*. 11 y mit fin par cette dépêcbe du 17 mai '1718* : « Si la mort du Roi se produisait pendant la négociation, et qu'Alberoni et la reine d'Espagne se montrassent accommodants, il faudrait abandonner le parti espagnol, et se rapprocher d'eux. Vos démarches doivent donc dépendre de l'état de la négociation de Nancré. »
Ainsi le double Secret que depuis deux ans le Régent ménageait avec les Anglais et Dubois, ou avec les Espagnols, Longepierre et Saint-Aignan, fut sur le point d'être condamné, abandonné. Le duc semblait résigné à n'avoir plus d'autre politique qu'une entente officielle, publique avec l'Espagne ménagée par les Farnèse, négociée par Nancré, soutenue au Conseil de Régence par d'Huxelles et Torcy.
11 se pourrait bien que Torcy eût détermine cette évolution. « Son crédit augmente tous les jours, écrit Cliavigny à Dubois". » Nancré et du Tlieil étaient ses agents, ses élèves: ils lui devaient leur fortune*'. A eux trois, ils formaient un triumvirat qui avait servi tour à tour Dubois et d'Huxelles, pour les ruiner l'un par l'autre, et pousser Torcy à leur place. La part active que
nppli([uer à tout leurs lieux communs et leurs vieilles maximes. » Dubois au Retient, 18 avril 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 317, f» 168).
1. Chavigny à Dubois, 31 mai 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 318, f 185).