‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 209 sur 246 · LE SECRET DU RÉGENT HT LE CONSEIL DE RÉGENCE · texte numérisé non relu

LE SECRET DU RÉGENT HT LE CONSEIL DE RÉGENCE

la négociation et la faire rompre. « Si le roi (rAnglctcrre, disait le maréchal de Villeroy, néglige les moyens qu'il a promis d'employer pour procurer l'accession volontaire de l'Espagne, il ne laissera pas douter qu'il veut plaire seulement à l'Empereur. » Torcy tenait le même langage, et, à plus forte raison, d'IIuxelles '. Ces discours répandus à dessein, « échauffèrent les esprits, à la cour, à la ville ». S'en laisserait-on imposer par l'Autriche, l'ennemie héréditaire de la France, à ce point-? Les agents de Dubois même commencèrent à douter des ministres allemands et de la bonne foi de Georges I'-^

Comment le Régent n'aurait-il pas été ébranlé encore une fois par les discours de ses conseillers, et plus encore, <<. par les affections des Français^ ». Il se sentait en un temps de crise : c'était un de ces moments où il faut pourtant se résoudre, et oii une résolution peut être fatale. Dans leurs conseils secrets Dubois et Law ne cessaient pas de lui prêcher la fei'meté ; et, quoi qu'il fît, toutes les décisions qu'il avait prises depuis huit mois l'amenaient à la guerre, au dehors et au dedans.

Rien ne le satisfaisait de la situation où il se vit au mois de juin 1718. Il avait imposé Law et ses réformes au Conseil, et voilà que, depuis le mois de janvier, sourdement hostile, le Parlement lui déclarait la guerre. Pendant tout le mois de mai, les magistrats s'assemblèrent pour délibérer sur le système de Law et les arrêts du Conseil qui l'autorisaient. Ils convoquèrent les officiers du Chàtelet, de Tllôlel de Mlle, les marchands de Paris pour les engager à faire des plaintes contre Law. « Ces délibérations faisaient autant de plaisir au public que de peine à la cour*. » Le 19 juin 1718, le Parlement décida d'envoyer au Régent une députation solennelle à propos de l'édit du \" juin sur la refonte des monnaies pour lequel il n'avait pas été consulté. Ces remontrances étaient une déclaration de guerre.

L Chavigny à Dubois, 12 juin 1718 ^A. ÉTR., Ang , t. 319, f. 58, 63).

2. Le même au même, 18 juin 1719 (76., ib , f" 172). Nancré écrivait de Madrid, le 27 juin. « Le traité qu'a rapporté Schaulj de Vienne est un chaos, un monstre, la boite de Pandore pour l'Europe en général et S. A. R. en particulier. » (A. ÉTR., Esp., t. 271, 138.)

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