‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 212 sur 246 · Ihld., iijul · texte numérisé non relu

Ihld., iijul

I. Dubois au Rôgenl, 1f> juin 171'.) (A. KTR., Ang.. t. 31'.), 1' l'.)7); Lemontey, L p. i:;".t; Seiibac II, p. 32. M. Wiescner (pii ne connaît que la dépi^clie de Stanliope à Slair du 'i'î Juin (H, p. 181) n'a p.is <''tu(lié cette couM'ulicm riduvcile et particulière entre le Régent et les Anglais.

T). Leinonlev. llisloire de In lii'f/eiH'c. I, p. I3'.t.

LE SECRET DU RÉGENT ET LE CONSEIL HE REGENCE SSt

en cette convention, justice, modération, amour de la paix. Il n'était j)oint juste d'offrir immédiatement à l'Empereur la Sicile qu'il souhaitait, de retirer à l'Espagne la Sardaigne qu'elle avait conquise, et de ne lui fournir la Toscane et Parme que dans un avenir éloigné. Il était plus injuste, encore, d'enlever la Sicile à la maison de Savoie, de mettre, sans le consentement des souverains, des garnisons dans le Parmesan et la Toscane. Au nom de quel droit, sinon du plus fort, bouleversait-on ainsi, pour le bon plaisir de quelques-uns, toute l'Italie?

C'est se tromper gravement, que de ne pas voir dans cette convention ce qui en faisait le fondement principal : l'alliance offensive et défensive du Régent et de l'Angleterre, en vue d'un conflit que tout le monde prévoyait. Le jour où, pour obtenir en Allemagne Brème et Verden, en France la succession de Louis XV, Georges I" et le duc d'Orléans avaient laissé à l'Empereur l'espérance de la Sicile, ils avaient rompu la paix d'Utrecht et préparé la guerre. Le fondement de leur entente, de leur accord intéressé était un engagement de se soutenir jusqu'au bout dans la lutte qu'ils avaient provoquée, engagement nécessaire mais qui n'aurait pas eu de sens, si la paix eût été leur véritable objet. Tandis que Dubois poussait à la guerre, une flotte anglaise de vingt-quatre vaisseaux, du 26 mai au 24 juin 1718, cinglait vers l'Espagne, sous les ordres de l'amiral Byng.

il ne s'agissait plus que de décider le duc d'Orléans à recevoir de l'Angleterre cet engagement, à lui donner le sien. Stanhope accepta cette mission que Dubois avait remplie lui-même en décembre 1717. L'abbé alors respira, se sentit hors d'affaire : il avertit bien vite ses amis de Paris, Noce et Chavigny, le 22 juin, en les priant de taire ce voyage « de peur que la cabale et M. de Torcy ne le détournent ^ ». C'était donc Torcy qu'il fallait vaincre. Et Stanhope pouvait seul remporter cette victoire, pourvu que l'attaque fût soudaine: «ce philosophe homme de bien », comme l'appelle Dubois, avait de l'audace, du charme et du savoir-faire, qualités précieuses pour hxer un prince aussi aimable qu'irrésolu ^.

1. Dubois à Noce, Q2 juin 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 319, f" 219).

2. Dubois au Régent, 26 juin 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 320, f° 20).

To.viE 1. 2?

338 LA QUADRUPLE ALLL\NCË

Cette dernière bataille fut très disputée. Le maréchal d'Huxelles et ses amis prirent les armes, dès qu'ils apprirent l'arrivée de Stanhope, le 29 juin 1718'. Leur plan de campagne était prêt : d'abord éviter l'ennemi, en cherchant de nouveaux prétextes pour retarder l'affaire. Malgré les instances réitérées de Dubois et les reproches de l'Angleterre, ils avaient laissé M. de Châteauneuf en Hollande, pour y suspendre les progrès de la négociation. Châteauneuf y avait travaillé de main de maître, excitant les Hollandais à loisir contre un traité sur lequel on ne les consultait point-. D'Huxelles le louait de faire merveille à La Ha^^e. Le moment était venu d'employer son chef-d'œuvre de temporisation, et « d'y prendre un moyen d'éloigner la signature du traité. La province de Zélande, et la ville d'Utrecht y étaient rétives^ ». Attendre la fin de ces résistances, et de toutes les formalités complémentaires, c'était encore gagner au moins deux mois. En face d'un adversaire trop fort, la bonne tactique est de le lasser*.

Stanhope ne se laissa pas prendre au piège. Reçu le plus gracieusement du monde par le Régent, introduit par Noce dans son intimité, il n'eut })as de peine à lui démontrer que l'accession de la Hollande était fort longue, mais certaine. Il en fournit des preuves, les lettres de Basnage, les rapports de Whitworth ■'. Et le Régent fut convaincu qu'il n'était pas sage de l'attendre, ni imprudent de l'espérer. La convention lui plaisait : après deux audiences, les l^"" et 2 juillet, il résolut de la faire mettre en forme pour la signer, le 0 ou le 7 juillet «.

Quand il fallut en venir là, le maréchal d'Huxelles lit alors pour la première fois acte de vigueur. Comme les timides pris

\. Wehcr, Die Quadrupel Allianz, p. 75.

2. Dubois au Régent, ly avril 1718 (A. KTR., Ang., t. 317, f" 239^; Stnir à Slnnhope, 30 avril \7lH(lbid., ibid., f° 326), 31 mai 1718 [Ibid., t. 320, f" 2).

3. Diil)oiH; au Régent, 7 juillet 1718 (A. KTR., Ang.. 1. .320. f" 125).

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