‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 242 sur 246 · A. ÉTR., Ang., t. 310, f · texte numérisé non relu

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380 DUBOIS, SECHETAIhE D'ÉTAT DES AFFAIRES ETIUNGÈRES

conseil du temps, du lieu, des occasions, du génie des nations, du tempérament et du caractère des personnes avec qui il négociait, habile à n'être pas trompé et à tromper les autres ^ » Mais jamais encore il n'avait mis ces qualités au service du royaume, et du Roi surtout ; et le plus grave fut qu'il n'en avait ni le désir, ni le dessein, ni les moyens.

Ouvrier heureux et créateur d'une diplomatie secrète qui devait faire le mallieur, en ce siècle, de la France et de la monarchie, il ne se chargeait des pays étrangers qu'afin d'y chercher les moyens d'achever cet ouvrage particulier, contraire aux intérêts de la nation. Pour abuser les Français, il leur promettait la paix, et son premier acte devait être une déclaration de guerre, que ses alliés d'Angleterre exigeaient impérieusement. L'épuisement du royaume lui eût fait un devoir de n'y pas consentir, si, ministre du Hoi, il eût considéré la situation présente de la France, chargée des misères du passé. Confident du Régent, il ne pensait qu'à l'avenir de la maison d'Orléans, et n'écoutait que les plaintes des Anglais, ses amis. Sa vraie place était au Palais- Royal ou à Londres, auprès du Régent ou de Georges I", dont il restait encore le conseiller et le ministre : « C'est pour le coup, lui écrivait Craggs, que je m'attends à voir cultiver un même intérêt dans les deux royaumes, et que ce ne sera plus qu'un même ministère. Il pourra y avoir bien du bruit ; mais nous l'écouterons comme les vaisseaux qui sont dans un bon port entendent le l)ruit des vents contre les roches qui l'assurent-. » Dubois était entré au port; son maître y entrerait bientôt derrière lui, autorisé par l'Europe à espérer la succession de Louis XV, tandis que l'abbé recevait celle de M. de Lionne.

Tranquilles, certains d'avoir satisfait l'Angleterre et fixé leur ancre desalul. ils regardaient la F'rance qui entrait en guerre et la poussaient, avec Law, dans l'inconnu.

1. La Bi'uvf'i-e, Du l'Io'nipofenliaire (''dit. IlacheUf. in-1?. p. 'J()'J-"^71 .

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