Seilhac, L'abbé Duboia, II, p
LE SEGUET DU HEGENT ET LE SERVICE DU HOl 379
[)ru(Jent pour alTinner son succès d'une miinière Imp bruyante '.
En cette occasion, ses amis d'Angleterre mirent sa modestie et sa sagesse à une rude épreuve. Ils ne lui ménagèrent pas les témoignages flatteurs de leur sympathie. Les plus grands seigneurs le félicitèrent, le duc de Kent, le duc de Newcastle, le comte de Berkeley. Les ministres hanovriens et anglais, Bernstorfï', Stanliope et Craggs, ne furent pas les derniers à témoigner leur joie et celle de leur maître commun-. Les maîtresses du Roi, M""^' de Kilmanseck et de Munster étaient mieux faites encore pour connaître et transmettre à l'abbé les sentiments de Georges I*""; elles n'y manquèrent pas^. Ce fut un concert d'éloges et un ilôt de protestations. Dans ces circonstances, l'abbé était inimitable; il excellait à dire des riens, des galanteries et des compliments ; il ne demeura pas en reste avec tout ce beau monde.
A la duchesse de Newcastle, il lit une déclaration, « vraie galanterie, inoffensive pçur le mari, puisqu'elle supposait la mer entre eux deux », « Si Neptune, votre prédécesseur, m'avait félicité, dit-il à l'amiral Berkeley, je ne serais ni plus glorieux, ni plus heureux que du compliment que vous avez bien voulu me faire. » Aux conseillers allemands, à la duchesse de Munster, une flatterie un peu moins délicate : « vous mériteriez d'être de l'Académie française'' ». A voir l'usage que lui-même en ces matières délicates faisaitde la langue française, on est tenté de lui retourner le compliment. De toutes les places qu'il a occupées, c'est peut-être celle-là qui lui convenait le mieux.
A coup sûr il avait moins mérité la place qui lui était faite alors dans le gouvernement de la France.
Non qu'il n'eût toutes les qualités d'un vrai diplomate, « ne montrant ni humeur, ni complexion, pour ne point donner lieu aux conjectures ou se laisser pénétrer, pour ne rien laisser échapper de son secret par passion ou par faiblesse, prenant
1. Vie (iiioiii/me de L'abbé Dubois [Bib. Mazarine, H. 2354, f 108).
2. A. ÉTR., Ang., t 310, P 26. — Ibid., t. 310, f 25. — Ibid., t. 310 f" 27. - S. Ibid.. t. 310. f" 38. — Sevelinges, Mémoires deVabbé Dubois. \, p. 243-244.