‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 37 sur 246 · ET LA POLITIQUE DE L'ABBÉ DUBOIS LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

ET LA POLITIQUE DE L'ABBÉ DUBOIS LIVRE PREMIER

INTRODICTION

La succession di-: France.

Lorsque Louis XIV mourut, sa succession était destinée à un enfant de cinq ans, le duc d'Anjou, orphelin de père et de mère. Les dernières années du grand Roi avaient été aussi ruineuses pour sa famille que pour son royaume. Les guerres avaient épuisé l'un, les maladies avaient décimé l'autre. En deux ans, par la mort du duc et de la duchesse de Bourgogne, de leur fds aîné, le duc de Bretagne, de leur frère le duc de Berry, le vide s'était fait autour de Louis XIV d'abord, puis de l'enfant appelé à lui succéder le l''"' septembre 1715 ^

Cela semblait presque un miracle que le jeune roi Louis XV eût échappé au malheur des siens. Sa mère, la spirituelle et charmante duchesse de Bourgogne lui avait donné sa grâce et le mauvais sang de sa race. Quand il apparut le lendemain de son avènement au peuple dans son petit costume violet, portant son chapeau de bon air, assis sur les genoux de sa gouvernante, les Parisiens touchés de son abandon, d'autant plus attachés à lui qu'il était le dernier survivant d'une famille prête à s'éteindre, ne voulurent pas voir la pâleur de ce jeune visage oii se mar-

1. « L'alarme, dit Voltaire [Siècle de Louis XIV, édit. Bourgeois, p. 419), fut extrême à Versailles comme dans le reste du royaume. »

Page 1