‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 79 sur 246 · Tome · texte numérisé non relu

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tous ceux qui, dans l'intimité, pouvaient approcher du duc d'Orléans. Il écrivit à Canillac (le 8 septembre) « d'aller au-devant de tous les pièges qu'on tendait à son ami, de le déterminer à accorder promptement tout ce que les Anglais exigeraient. Au nom de Dieu, ne l'abandonnez pas*. » Le 21 septembre, il se servit d'un autre instrument, un ami plus intime encore du Régent, M. de Noce qui n'avait aucune l'onction officielle : « J'ai cric, pressé, écrit seize dépèches, envoyé deux courriers, sans avoir eu un mot de réponse. Vous êtes ma dernière ressource-. » Il le priait de remettre au Régent un mémoire, et de lui demander par écrit immédiatement sa réponse -^ Noce attendait une faveur du Régent '% et de son côté, Canillac, qui s'était fait concéder le lac de la Moëre auprès de Mardick, espérait obtenir de la négociation le moyen de le dessécher^. La vertu de Dubois fut mise par les prétentions des Roués à une rude épreuve. « La scène de Chimène se répète en moi. J'essuie des combats entre l'intérêtpublic etle vôtre. » C'étaient là des amitiés assez louches et des offices compromettants. Mais il fallait réussir ; la diplomatie secrète a de ces exigences*'.

Au moment où l'abbé décidait d'employer cette arme, la dernière qui lui restât, il se trouva qu'un autre avait voulu la lui prendre. On se rappelle la mission secrète de Louville organisée par d'Estrées en Espagne. Cette mission avait totalement échoué : Louville avait été mis à la porte de Madrid, sans avoir rien su de précis'. Mais Noailles avait repris cette diplomatie secrète pour mettre la main sur les Affaires Étrangères. L'agent seul avait été changé, le chiffre conservé : il restait aux mains de Louville et de Longepierre, qui travaillaient à Paris pour le duc de Noailles et avaient pris pour confident à Madrid l'ani-

1. Dubois à Canillac, S septembre 1716 (A. ÉTR., Ang., l. 278, f° 53).

2. Dubois à Noce, 21 septembre 171() (A. ÉTR.. Ang., I. 278, f" 149).

3. Ce mémoire fut renvoyé le 2 octobre. Nous l'avons conservé avec les réponses du duc d'Orléans (A. ÉTR., Ang., t. 278, f" 17-1).

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