BasL-hel, Histoire du DépoL des A. ÉTR , \). 111 et
142 LA CO.WENTION FlUNGO-ANGLAISE DE HANOVRE
contre la Maison d'Autriche ; à Berlin, Rottembourg, et La Marck à Stockholm, entretenaient dans le Nord et 1" Allemagne les alliances protestantes de la France.
S'il y avait alors un souverain dont les droits eussent besoin d'être garantis par les nations européennes, c'était à coup sûr le duc d'Orléans dont la fortune et les espérances étaient fondées uniquement sur le droit public réglé par les traités les plus récents'. Il lui fallait, pour les soutenir, des serviteurs nouveaux qu'il ne trouvait pas dans l'ancienne diplomatie; des politiques, de l'aveu même de Torcy, « instruits d'histoire et de droit public, non pas portefaix de littérature, mais avisés et sages- ». Il y avait alors, auprès des princes, des hommes qui savaient l'histoire et voulaient la faire à leur tour, leurs anciens professeurs : F'énelon avait rêvé, auprès du duc de Bourgogne, le rôle d'un premier ministre où il aurait concilié les droits de son maître avec les intérêts de la nation. Dubois avait toutes les connaissances, l'activité, l'influence nécessaires pour le tenir auprès du Régent.
Mais il lui manquait d'être de la carrière : aux gens de sa sorte qui n'étaient ni nobles ni magistrats, les grands chemins du pouvoir étaient fermés ; ils s'y heurtaient à la jalousie des ministres en place, aux maximes reçues qui servaient à ceux-ci de barrières utiles. Ils prirent alors des chemins détournés et couverts, « persuadés d'ailleurs avec Torcy qu'en se conduisant avec sagesse, en travaillant sans relâche et avec application, en servant fidèlement, il n'est rien où un habile homme ne puisse parvenir et que le sage est l'ouvrier de la bonne fortune ^ ».
Il fallait à des besoins nouveaux, des hommes nouveaux : la diplomatie secrète en fournil. L'exemple de l'Angleterre, où les gens de lettres prenaient une part active aux afTaires intérieures et extérieures du royaume, était fait pour tenter les érudits français. Ils recommandèrent naturellement l'alliance anglaise. Dubois avait tout ce ([uil faUait pour réaliser le rêve que ses