‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 94 sur 246 · SIGNATURE DU TRAITÉ FRANCO- ANGLAIS · texte numérisé non relu

SIGNATURE DU TRAITÉ FRANCO- ANGLAIS

ment c'était sacrifier resscntiel à l'accessoire et renouveler la fable (lu Pot au Iciil ^

Quelle ne fut pas la colère de Dubois en trouvant les ministres anglais à la Haye décides à ne signer en aucun cas l'alliance avant l'accession des Hollandais! C'était là le nouveau coup du parti whig opposé à Stanhope 1 Walpole et Cadogan s'entendaient à merveille, soutenus de Londres en secret, pour retarder cette formalité essentielle. Ils avaient déclaré d'abord que leurs pouvoirs d'une nature très générale, comme ceux de tous les ambassadeurs, ne leur donnaient pas le droit de conclure des traités avec la France et la Hollande, surtout des traités séparés-. Stanhope avait prévenu l'abbé qui ne s'en étonna point •'^. Mais voilà que les représentants de l'Angleterre déclaraient qu'ils ne signeraient pas l'acte de Hanovre sans le concours des Hollandais'*. C'était beaucoup plus grave : Townshend et ses amis cherchaient évidemajent, dans les délais forcés d'une négociation en Hollande, le moyen de revenir encore sur ce qui avait été réglé à Hanovre, avant la conclusion définitive.

Et le plus grave encore paraissait être l'appui que le prince de Galles, pour être désagréable et nuisible à son père comme Régent, donnait au cabinet anglais contre les ministres hanovriens. Dubois vit le danger, il se plaignit à Stanhope de cette cabale, très vivement : « M. dlberville, écrivait-il, ne me conseillerait pas en ce moment d'aller à Londres, ni à Dunkerque : à tout cela je réponds comme le cardinal Mazarin, laissons les dire, puisqu'ils nous laissent faire •'. » Ce n'était pas tout à fait la vérité : dans la même lettre, Dubois pressait Stanhope d'agir et lui exprimait l'espoir que le Roi prît à Londres des mesures pour briser toutes les résistances. Pour le déterminer, il lui renouvelait ses assurances d'amitié et lui rappelait

1. Dubois à Pecqucl, 20 octoliie 171G ;;A. ÉTR., Ilollandt', l. 310 1'» l'îS.)

2. Chàteauneuf au Roi, 20 octobre 1.716 (A. ETR., Ilollando, t. .'^,10. f» 0.")) ; Sevelingps, Méninires, I, p. 222.

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