W'iei^ener, ouv. cité, I, p. 366, note
4. Poyntz à ïl. Walpole, 20 octobre 1716 [Coxe, Memoirs of Wulpole, 11, p. 112); H. Walpole à Stanhope, 17 octobre 1716 {Idem., Ihid., p. 106-107).
5. Dubois à Stanhope, 17 octobre 1716 (A. ÉTR., Hollande, t. 310, 1" 54).
l'oO LA TRIPLE ALLLANCE DE LA HAYE
celles qu'il lui avait données à Hanovre : « Je suis revenu, dil-il, si chargé de bons traitements et de bons procédés de votre part, que si tout cela avait du poids comme les choses matérielles, cent chevaux ne m'auraient pas emmené. »
Stanhope entendit cette requête; Georges très décidé à maintenir l'alliance, renouvela le 20 octobre ses ordres à Townshend^ Le 21 octobre, Townshend les envoya à Cadogan, à Walpole, si marri de conclure qu'il en vint à demander son rappel. <( Je suis de votre avis touchant les inconvénients de l'alliance séparée, mais nous ne pouvons décliner les ordres formels du Pioi, et d'ici nous ne pouvons espérer de les faire changer- », lui répliquait Townshend. Le 24 octobre, Slanhope rassura Dubois, en lui faisant jtart de ces ordres précis^. Bien que ses collègues whigs prétendissent, pour résister aux ministres et aux intérêts hanovriens de Georges L% s'appuyer sur le prince de Galles, sur l'opinion anglaise et sur le Parlement, la crainte toujours très vive que l'on avait à Hanovre du Tsar, de SCS projets, de sa puissance donnait au roi d'Angleterre l'énergie nécessaire pour briser l'opposilion des Anglais. Stanhope chargé de recueillir ses volontés et d'en transmettre l'expression officielle pouvait répondre, à la fin d'octobre, de la signature prochaine de la convention préparée, rédigée même à Hanovre.
A peine, grâce à lui, le négociateur français était-il revenu de cette première déconvenue, sorti de cette première difficulté, qu'il eut, peu de jours après, une surprise plus désagréabh; encore. Si, à Londres et en Hollande, les whigs irréconciliables traversaient l'œuxre de Sianliojx', celui-ci a\ait une silualion au moins égale à la leui- et sur «uix l'avantage d'être à Hanovre, tout près du Roi, à la source de l'autorité suprêin(>. Dubois, au contraii'c, depuis son départ pour rAllemagne el son entrée dans la diplonialic officielle, avait à subir les ordi'cs d'un chef aussi mal disposé (jue Townshend j)Our son (cuvre, le mai-(''clial
]. Sl.iriliopc ;"i W.ilixilc, (II' CiM'Iiir ;M oclohrc 17lt) (Wiosonor, o;/i'. ct'/f', Lp.3G'.)i; SiMiilH.pc M Dubois. '.M ocIoIhc I71(i A. KTU.. llnlljindo, 1.310, l» l.")(j). '2. INiviil/ .'i II. \\';il|M)l('. Il,'iiii{ilniir(>iii'l ('.o\c, Me/iinirs i>/"\Viiljiole, II, p. H?\ 3. \ oir iiolc 1.
SIGNATURE DU TRAITE FRANCO-ANGLAIS \^i
d'Huxelles; et lui, éloigné du Régent, ne pouvait ni défendre par lui-même, ni achever cette œuvre.
Chaque progrès qu'elle faisait était, pour le maréchal d'Huxelles, quoique battu deux fois par le crédit de Dubois au Palais-Royal, une raison nouvelle de ne pas désarmer. Au moment oi^i l'abbé victorieux s'en allait chercher à La Haye la consécration définitive de la convention, le ministre, fort de son autorité, lui envoya des instructions habilement calculées pour la ruiner, s'il était temps encore.
D'Huxelles avait fait les mêmes calculs que les whigs anglais, opposés, comme lui, au traité d'Hanovre, Rien n'était plus long que la forme des négociations en Hollande : chacun le savait, à Paris comme à Londres. La décision n'y dépendait pas d'un souverain, mais des régences des provinces et des villes, et presque des bourgeois de chaque ville. U fallait consulter les Etat généraux et les personnages influents de ces Etats, puis recourir aux différentes provinces, et attendre l'avis de chacun des membres qu'elles députaient à leurs Etats particuliers.
Escomptant la longueur proverbiale de cette consultation compliquée, d'Huxelles ordonna à Dubois et à Chàteauneuf, comme avait fait Townshcnd d'abord, de ne signer avec les envoyés anglais la convention de Hanovre qu'après l'adhésion formelle des Hollandais. Ils ne devaient conclure en un mot qu'une Triple Alliance, soit en un seul traité, soit en deux traités signés le même jour'. Le ministre ne manquait pas d'alléguer à l'appui de ses ordres, des raisons spécieuses, le mécontentement possible des Hollandais qui se vengeraient de n'avoir pas été ménagés, la duplicité des Anglais qui, une fois leur traité en poche, n'auraient plus d'intérêt à y appeler les Provinces- Unies. La vraie raison, d'Huxelles la donnait malicieusement à Dubois : « Le temps concilie tout-. » Il comptait comme Walpole et les whigs sur les délais de la diplomatie hollandaise pour se dispenser de ratifier la convention de Hanovre. Il en discutait déjà certains articles, et le principal, l'expulsion immé-
1. D'Huxelles à Châteaunouf et à Dubois, 17 octobre 171G (A. ÉTR., Hollande, t. 310, f* 63).
2. DHuxelles à Dubois, 16 oclobre 1716 (A. ÉTR., Hollande, t. 310, f» 60).
diate du PréLendant, menacé alors d'une fistule : « N'était-il pas inhumain de lui refuser le temps d'une opération nécessaire*. »
Dubois devina ce nouveau manège. Il « passa les plus cruelles nuits qu'il eût passées de sa vie ». Il comprit avec tristesse que les ministres d'Angleterre seraient surpris de voir ainsi tout à coup « succéder une inaction parfaite et un morne silence à la plus vive poursuite sur l'article des signatures ». Il vit « son œuvre ruinée par une contradiction peu honorable ^. » Alors, il n'hésita pas à se plaindre à Paris du peu de bienveillance du maréchal, dont il souhaitait et croyait avoir l'amitié : « Je suis dans cette inquiétude comme un amant désespéré^. » Mais l'abbé n'était pas homme à se perdre dans des réflexions tristes, à se résigner au rôle d'amoureux transi. Il voulait réussir, et, cette fois encore, forcer le maréchal à se rendre.
Comme à Hanovre, et contre les mêmes oppositions de la diplomatie officielle, il recourut à la diplomatie secrète, à ses amis de Paris qui pouvaient, à toute heure, approcher du Régent. Il écrivit le 26 octobre à Noce qui lui avait rendu plus d'un service de ce genre, une lettre pour leur ami commun^ le priant de la lui faire tenir secrètement'*. Cette lettre était une prière instante au Régent de révoquer les ordres qu'il avait laissé son ministre lui expédier le 17 octobre : « Je me flatte, disait-il, que votre A. R. n'aura pas assez mauvaise opinion de moi pour croire qu'une sotte vanité ou quelque chose de personnel ait part au chagrin que j'ai. J'ose me vanter d'être de cent piques au-dessus de telles faiblesses; mais je ne puis pas dissimuler que les dangers que je connais m'intimident et m'abattent au point de me rendre presque inutile. » Et cela le menait à sa conclusion : ce jour-là, il mil le marché à la main à son maître. « Si ce que je prends la liberté de vous représenter vous |)araît entêtement plutôt que raison, sans vous fatiguer