SOURCES DIPLOMATIQUES ITALIENNES
qui écriront sur nos entreprises d'Italie en 1 494. Je viens de lire l'une après l'autre les pages du premier volume des Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, et, l'esprit tout frais encore des impressions que j'ai reçues de l'étude de ce livre, j'en recommande l'utilité au même degré que j'en admire Je contenu. Telles des dépêches des Florentins Francesco délia Casa, Pietro Becchi, évêque d'Arezzo, Piero Soderini, Guid' Antonio Vespucci et Piero Capponi, qui furent envoyés en France entre juin 1493 et juin 1496, ne sont pas des lettres, mais des tableaux excellents, et nous avons ainsi toute notre cour et notre France bien au complet, dans ce volume dont j'ai tenu à parler avec tous éloges '.
Mettons aussi à leur place glorieuse les pages françaises,
M. Canestrini a publié clans ces «lernlers temps des éditions importantes qu'il a annotées avec une grande intellijjence. Entre autres :
Sciitti inediti di Niccolo iMacliiavelli, risguardanti la Storia et la Milizia (1499-1512), tratti del Carteggif) olïiciale da esso tenuto corne segretarlo dei Dieci. Et : Opère médite di F. Guiccardini pubblicate per cura dei conti Guicciardini.
Lisez sur cette belle publication , annotée comme la précédente par M. Canestrini, une remarquable étude par M. E. Geffrov, sous le titre de Un diplomate italien de la Renaissance. (^Revue des Deux Mondes, livraison du 15 août 1861.)
* Toute la partie du volume, depuis la page 221 jusqu'à la page 704, est nourrie de traits et d'aperçus où le bon sens rivalise avec la vérité. La dépèclu; du 18 juin 1493, si bien résumée d'abord par M. Abel Desjardins, et reproduite ensuite dans son intégrité, est lui des meilleurs modèles qui se puissent montrer. Faisons des vœux pour que l'imprimerie impériale, qui doit nous livrer la suite de ces né{;ociations, soit plus liàtive à mettre au jour des volumes dont l'apparition est toujours un bonheur pour les sciences historiques. Il fut question de cette jiublicatiôn dès l'année 1847. Voir les Extraits des procès-verltaux des séances du Comité historique des monuments, écrits depuis son origine jusqu'à sa réorganisation du 5 septembre 1848. Séance du 3 mai 1847. Partie de la correspondance, page 350. M. Canestrini proposait la publication des Icoazioni des ambassadeurs de la llépujjlique de Florence et des grands-ducs de Médicis en France, 1480 a 1718. La proposition fut renvoyée à une counnission conq)osée de MM. MiîTuet et Paul Lacroix.
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d'ailleurs bien illustres, auxquelles il faut demander le cours de nos affaires non-seulement avec le duc de Milan , mais surtout avec les Vénitiens , depuis le commencement de la campagne jusqu'à la mort du Roi à Amboise en 1498. Les immortels Mémoires de Pbilijope de Commvnes, en leurs deux beaux livres VU et VIII, où tous les chapitres traitent des négociations italiennes et de la part de chacun des peuples de la Péninsule au succès ou à la défaite de nos affaires, nous instruisent à peu près de ce qu'il est bon de savoir. Commvnes connaissait beaucoup ceux de Venise, et il y avait résidé; « y fus huict mois pour un voyage seul, dit-il, et y ai esté une autre fois depuis la
saison dont je parle » Et, tout mal content qu'il soit
revenu de chez eux pour n'avoir pu les amener à ses fins et à celles du Roi , et pour les avoir vus par deux fois se joindre à la ligue qui nous était ennemie , il ne leur donne pas moins le plus beau témoignage de renommée qui leur ait jamais peut-être été donné. « Car pour aujourd'liuy je crois leurs affaires plus sagement conseillées que prince
ne communauté qui soit au monde » Voilà ce que dit
Gommynes dans ce même livre qu'il leur a presque entièrement consacré, à eux et à leur ville; et ceux qui connaissent Gommynes pour l'avoir lu, savent ce que vaut un éloge de la part de cette plume si sobre à répandre cet article de cour.
Depuis le départ des ambassadeurs extraordinaires venus à Paris en 1 492 jusqu'à l'époque où le Roi de France arriva dans Asti à la tête de ses bataillons, Charles VIII n'avait pas vu d'autres envoyés vénitiens à sa cour. La République était informée des choses de France en même temps que de celles de Ludovic, par l'ambassadeur qu'elle tenait auprès de ce dernier. Mais elle avait reçu des ambassadeurs français, on connaissait sa puissance; après