ÉDITIONS POUR LES INOCES VÉNITIENNES
et tout Venise sait quels soins il lui consacre; il est aussi un infatigable travailleur dans ce champ des éUules vénitiennes; la numismatique et l'histoire lui doivent de beaux travaux et d'heureuses découvertes; il est aussi l'éditeur des voyages de ce Vénitien hardi qui, parmi les grands navigateurs, a porté sur les mers lointaines l'étendard de Saint-Marc : je veux dire Marco Polo , un des dignes aïeux de Christophe Colomb, par le génie fécondé par la science. Ainsi que le comte Alessandro Marcello, c'est à l'occasion de nozze faustissime que nous le nommons ici, car il leur paya pour tribut une relazione pleine de détails sur une de ces cours italiennes qui, si elles étaient petites par leurs domaines et leurs apanages, étaient du moins brillantes par la protection intelligente et magnanime qu'elles se faisaient honneur d'accorder aux artistes et aux lettrés. La petite cour d'Urbin était de celles-là principalement; sous le gouvernement des ducs qui composaient cette famille fougueuse délia Ilovere, d'où sortit Jules II, ce grand pape qui voulut être aussi un capitaine de guerre et sut tromper tout le monde par la force de sa politique astucieuse. La relazione publiée en 1856 par M. Vincenzo Lazari fut prononcée en 1547 par Federigo Badoer, Je n\ême qui, en 1555, joua un si intime rôle diplomatique auprès de Charles-Quint : en 1546, Venise l'avait envoyé en ambassade extraordinaire auprès de Guidubaido II, duc d'Urbin.
Ici s'arrête la nomenclature des relazioni imprimées .'w*
partiellement et n'ayant eu qu'une pidilicité restreinte. Si, dans quelques années, nous avons à faire un nouveau recensement bibliographique, nous souhaitons de le trouver considérablement augmenté. Un grand nombre de lelazioni sur les pays les plus variés , pendant le dixseptième et le dix-huitième siècle, sont encore inédites; et comme nous ne doutons pas qu'il y aura encore à Venise
plus (l'une nozze faustissiine à combler d'encens et d'honneur, nous sommes donc certains (puisque la mode y est) de voir les unes consacrer les autres.
Pour avoir suivi le cours de cette longue division de notre travail , il nous reste à apprécier le grand mouvement qui , entre 1830 et 1840, se fit en faveur de ces textes historiques vénitiens. Au commencement de ce chapitre, nous avons annoncé les beaux et précieux recueils qui , soit à Paris, soit à Florence et ailleurs, se formèrent, grâce à l'impulsion d'hommes éminents. Nous devons donc maintenant les décrire et les analyser avec le soin dont il faut entourer des œuvres que la postérité laborieuse, dans le champ de l'histoire, considérera comme étant d'une utilité non moins grande que ces grands et puissants ouvrages, monuments que le siècle dernier vit sortir de ces maisons vénérables où les Bénédictins et les Pères de l'Oratoire ont honoré, dans une si digne manière, Dieu, les sciences et les lettres.