‹ La diplomatie VénitienneChapitre 22 sur 246 · ÉDITIONS POUR LES NOCES VÉNITIENNES · texte numérisé non relu

ÉDITIONS POUR LES NOCES VÉNITIENNES

les noces Muscoiii-Albertoni. Ainsi parut, en 1844, ce rapport si remarquable de Giovanni Sagredo, ambassadeur dont une lettre cbarmante, qui établit, dans un style familier mais d'une délicatesse et d'un esprit d'élite, le parallèle de Paris sous Mazarin et de Londres sous Cromwell, a été reproduite et élogieusement appréciée, en ces récentes années, dans le livre célèbre de la République d'Angleterre et de Cromivell, par M. Guizot '. Sagredo avait prononcé cette relation devant le sénat presque à la même époque de la lecture de son autre relation sur la France en 1655 : et cette double lecture sur ces deux grandes puissances eut pour le sénat ce privilège de lui donner à voir, comme en un même instant, l'élégant tableau des qualités sociales et politiques de Mazarin et la peinture saisissante de la personne et du gouvernement de GromwelP.

Pour des noces encore (noces Cittadella-Dolfin), fut publiée, en 1845, une partie de la relazione du chevalier Dolfin, ambassadeur à la cour de France en 1785. Pendant cette même année parurent aussi les relations sur Gonstantinople, en 1521, de Marco ÎNIinio, éditées avec une biographie et des commentaires par le chevalier Emmanuele Gicogna; la relation de Leonardo da Ca Messer, sur le commerce des Portugais dans l'Inde, en 1497, après la découverte du cap de Bonne-Espérance, et la relation de Federigo Badoer sur sa mission auprès de Philippe II, à Bruxelles, en 1557.

L'année suivante, en 1846, M. P. Manzi inséra dans le Saggiatore , journal des beaux-arts et belles-lettres qui paraissait à Rome, une autre relazione sur Philippe II,

* Relazione di messer Giovanni Sagredo, cavalière e proruratore di San Marco, rilornato daW anibascinta straordinaria d'Injjhillerra nell a)ino MDCLVI. Venczia, MDCGGXLIV,

2 Je reproduirai ces portraits dans mon livre « De la diplomatie vénitienne pendant le dix-septième siècle : » second volume de cet ouvrage.

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écrite en 1550 par Micliel Suriau. Dans ce même journal, en 1844, M. Melchiori avait imprimé la relation de Battista Nani sur !a France, (pie nous avons citée précédemment, comme aj)partenant au recueil de Bulifon, en 1093. En 1850, M. W. Bradford, dans son œuvre : Correspondance ofthe Emperor Charles V, traduisit le rapport qu'avait fait Bernardo Navagero sur la cour de cet emj)ereur; en 1852, l'édition des œuvres complètes du célèbre historien et politique Paruta, qui se formait à Florence, sous la direction de Monzani, ne pouvait manquer de contenir son discours d'ambassadeur vénitien, sur le gouvernement du pape Clément YIII. En 1854, le comte Alessandro Marcello, élu depuis podestat de Venise, ce qui revient à dire qu'il fut le soutien des dernières libertés municipales, homme que son intelli(}ence d'élite et la noblesse de ses sentiments distinguent au plus haut point parmi ses compatriotes, ajouta l'apparition d'une rclazione à cette liste si bien remplie; et ce fut à l'occasion aussi de nozze faustissime qu'il imprima la relation siu^ Gonstantinople qu'un ambassadeur de la grande maison des Morosini, qui s'était particulièrement bien fait connaître à notre cour sous Catherine et Henri III, avait présentée au sénat, au retour d'une ambassade de deux années (1583-1585) auprès du Grand Seigneur. Un autre nom, cher à mes souvenirs personnels, arrête, en 1856, l'étendue de mes recherches sur les variétés de la publicité des relaziom. Bien que dans une plus vaste et moins sèche analyse (grâce aux citations dont je pourrai émailler les pages) que je me prépare à faire du grand recueil d'Alberi , je rencontrerai le nom de son collaborateur y incenzo Lazari, au moins est-ce un bonheur pour moi que d'avoir à lui donner la place à laquelle il a droit en si bonne compagnie. Depuis longues années, il est conservateur du charmant et précieux musée Correr,

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