‹ La diplomatie VénitienneChapitre 71 sur 246 · LES CARNETS DE LEONARDO DO^'AÏO · texte numérisé non relu

LES CARNETS DE LEONARDO DO^'AÏO

finies, néanmoins significatives ; ces formules tantôt latines, tantôt italiennes, grandioses parfois comme telle de ces inscriptions de l'ancienne grande Rome; ces epitliètes, profondes jusque dans leur familiarité, ne sont-elles point toutes comme les couleurs habilement ménagées et préparées sur la jjalette j)ar un grand maître? Assurément, i)our la curiosité et la rareté de la chose, je préfère encore avoir retrouvé ces notes éparses plutôt cpie la rclazione elle-même.

L'ambassade dont Leonardo Doua faisait partie n'était pas seulement envoyée à Rome pour acte d'obédience et d'hommage; elle y allait aussi pour mener à fin une affaire délicate qui, en plus d'une circonstance, avait failli sinon rompre , au moins aigrir les rapports entre le Pape et Venise : c'était la question dite des fuorusciti, des exilés, grands personnages souvent compromis dans la politique; en un mot, c'était une sorte de question d'extradition qu'il fallait résoudre. Les ambassadeurs, au nombre de quatre, Zaccliaria Gontarini, Marino Grimani, Federico Sanuto, Leonardo Donato, eurent donc autre chose (pie des compliments à faire à Sa Sainteté, récemment promue à la plus haute dignité parmi les hommes de la catholicité; ils eurent à négocier, à traiter, à discuter; ils virent le Pape au temporel, ils virent, ils connurent, ils jugèrent Rome comme de hauts esprits et de puissantes intelligences pouvaient et devaient la juger. Leonardo Donato ainsi que Marino Grimani étaient les deux plus élevés en charge ; ils étaient procurateurs de Saint-Marc. Le plus expérimenté et le plus capable dans le manège politique, c'était Leonardo Donato. Je ne doute pas qu'à l'avance il eût été choisi et désigné par ses magnifiques collègues comme devant, en lein* nom, écrire et prononcer, à leur retour, la rclazione de l'ambassade,

cette dette au sénat. Observateur, politique, négociateur, voici le résultat de plusieurs de ses souvenirs, c'est l'impression spontanc'e de ses sentiments sur le souverain , sur les ministres, sur les hommes, sur les choses, auprès de cette cour de Rome qui toujours pesa tant dans la balance des destins du monde :

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