LE DANEMARK
proposition. Gomme ropinion publique paraissait hostile à ces droits, le roi voulut faire trancher la question par le pays, et prononça la dissolution de la seconde Chambre. Le résultat fut conforme aux prévisions et, malgré une vive campagne protectionniste, les électeurs envoyèrent à la nouvelle Chambre une forte majorité de libre-échange. Peu de temps après, d'ailleurs, le pays modifia son opinion, les protectionnistes obtinrent la majorité aux Chambres, et firent modifier le système douanier ^ Cette dissolution de 1887 avait évidemment une cause légitime, le désir de soumettre au pays une question de haute importance sur laquelle les Chambres n'étaient pas d'accord.
Le gouvernement danois avait eu des débuts identiques à celui de la Suède; au xviP siècle, le roi était encore élu par la Diète et gouvernait avec l'aide de celle-ci et du Sénat. Mais, dans les Assemblées, la noblesse avait pris une prépondérance qui devait amener la perte du régime représentatif; Frédéric III s'appuie habilement pour l'abattre sur la bourgeoisie et le clergé; h la fin de 1660, la couronne devient héréditaire, et, grâce aux dissenssions des trois ordres à la Diète, un acte du 10 janvier 1661 organise le pouvoir absolu du monarque '. La Diète est dissoute pour deux siècles.
Sous rinûuence de la révolution de Juillet 1830, une commission est réunie par le roi Frédéric VI pour donner son avis sur une constitution et une ordonnance du 15 mai 1834 organisa quatre assemblées d'états pour les provinces du royaume. Ce n'était là qu'une représentation incomplète, mais la nation reprit l'habitude de se voir représentée ^. On fit appel aux vieux souvenirs, on chercha à reprendre dans le passé les traditions du régime représentatif; c'est en quoi le Danemark mérite d'être classé parmi les monarchies parlementaires historiques. La révolution de 1848 fit éclater la révolte des duchés
1* Ces renseignements nous ont été obligeamment fournis par M. Montan, publicisle à Stockholm.