I. La Suède. — IL Le Danemark. — IlL La Hongrie
Tandis que dans les États du centre et du midi de TEurope, s'établissait le pouvoir absolu et que tout gouvernement se condensait en la personne du roi, les pays du nord conservaient des assemblées représentatives qui contre-balançaient l'autorité de la couronne : ces pays sont l'Angleterre, les Pays-Bas, la Pologne, la Hongrie, la Suède et le Danemark; le régime de l'Angleterre a déjà été examiné; les Pays-Bas ont vu leur constitution profondément bouleversée, le système républicain des Provinces-Unies transformé à l'époque de la Révolution française et remplacé en 1814 par la monarchie : le régime parlementaire de Hollande ne procède donc pas directement de l'ancienne constitution. L'anarchie de la Pologne a entraîné la fin de cet État; l'examen de ses institutions ne présente plus qu'un intérêt historique. Mais le régime de la Suède, du Danemark et de la Hongrie repose au contraire sur des traditions séculaires; leurs assemblées sont les vieilles diètes, souvent modifiées, parfois supprimées, au Danemark abrogées pendant deux siècles, adaptées aux besoins modernes, mais conservant la marque du passé. Ainsi les régimes de ces trois pays devaient former, avec celui de TAnglelerre, une classe spéciale dans les constitutions actuellement en vigueur.
Les origines de la Diète suédoise sont presque aussi lointaines que celles du Parlement anglais * ; il faut les chercher dans les assemblées de guerriers ou de nobles qui, au xiii* siècle, élisaient encore le roi; dans le courant des xiv® et xv« siècles, les diètes se régularisent, de nouveaux éléments s'y introduisent dans la personne des délégués des bourgs el des campagnes. En montant sur le trône et conformément aux antiques coutumes, Gustave-Adolphe souscrit un acte de garantie, une capitulation précisant les prérogatives de la Diète '. A cette époque se constituent définitivement les trois pouvoirs qui seront en présence pendant plus de deux siècles : le Roi, le Sénat, la Diète; celle-ci se compose des représentants des quatre ordres de l'État : noblesse, clergé, bourgeois, paysans; son -concours est nécessaire pour rétablissement des lois nouvelles, la fixation des impôts, les déclarations de guerre ou les traités de paix. Elle ne se réunit point à dates fixes, mais quand il plaît au roi de la convoquer; comme il la réunit, il la dissout. Le Sénat, tout ensemble conseil de gouvernement et Chambre haute, se compose de quelques hauts fonctionnaires et des chefs des plus grandes familles : il approuve les impôts, contribue à la rédaction des lois, doit être consulté sur la paix ou la guerre; il n'est pas permanent, le roi le réunit et le dissout à sa volonté.
Lorsque ces assemblées seront en présence d'un roi énergique tel que Gustave- Adolphe ou Charles XII, leur influence diminuera, leurs réunions seront rares ; Gustave -Adolphe se dispense presque de les <5onvoquer. Mais sitôt que le pouvoir royal s'affaiblira, elles relèveront la tête et reprendront de l'importance, jusqu'au jour où un souverain sera de nouveau de taille à les rejeter dans l'ombre *. Ainsi, lors de la minorité de la reine Christine, par un acte de 1634, le Sénat
1. Une étude des plus intéressantes, qui n'a pas encore été faite en France, pourrait porter sur le développement comparé du Parlement de Suède et d'Angleterre; nous ne pouvons ici Pesquisser qu'au point de vue de la durée des assemblées et de leur dissolution.