‹ La Diurèse provoquéeChapitre 5 sur 26 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis longtemps, on savait que certains malades éliminaient difficilement l’eau ingérée, et d’anciens chniciens avaient indiqué le parti qu'on pouvait tirer, dans certains cas d’asystolie ou d'insuffisance rénale, des cures de réduction de liquides.

Huchard, Ch. Fiessenger ont attiré l’attention sur l'importance de cette réduction des boissons chez les asystoliques. M. Widal a insisté sur la nécessité, pour le médecin, de se préoccuper sans cesse des quantités de boissons à prescrire aux néphrétiques et d’en régler la mesure suivant les indications et les cas particuliers.

‘Or, cette donnée de la nécessité de réduction des liquides chez certains malades, paraissait provenir de constatations empiriques ; le clinicien savait que, loin de favoriser la diurèse, l’absorption de grandes quantités d’eau pouvait déterminer une asthénie cardio-vasculaire et si le malade était œdématié, accroître le volume des æœdèmes. On voyait la réduction des liquides, à la base de la cure de Karell, avoir les meilleurs effets sur les accidents d'insuffisance cardiaque et sur les œdèmes.

Il est curieux qu'on n'ait pas songé plus tôt à étudier le parti qu’on pouvait tirer pour l'étude des affec-

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tions du rein, ou des affections du cœur, de la «Diurèse provoquée par l'eau ».

C’est cependant là, de l’observation clinique pure. telle que la comprenaient les médecins d'autrefois et l'apparition de cette méthode simple peut surprendre à un moment où l'orientation médicale se tourne vèrs le laboratoire. Alors qu’en matière d’éliminations rénales provoquées, on utilise actuellement presque exclusivement des agents chimiques (Bleu de méthylène, phénolsulfone-phtaleïne) des analyses compliquées, suivies d’extractions de racines carrées (constante d’Ambard), la méthode de la diurèse provoquée par l’eau, vient, depuis peu de temps, solliciter du clinicien, par sa simplicité, son emploi au lit du malade.

L'étude de la diurèse provoquée est, en effet, de date récente et peu nombreux sont les travaux qui viennent la sanctionner.

M. le professeur Petitjean, voulant se rendre compte, par lui-même, de ce que pouvait donner cette méthode, nous suggéra l’idée de l’employer et de l’étudier chez les malades de son service et chez quelques sujets sains.

Nous pensions alors consacrer un temps assez long à ces recherches et recueillir de nombreux documents, mais des circonstances indépendantes de notre volonté, nous obligeant à terminer nos études quelques mois plus tôt que nous ne l’avions pensé, M. le docteur Petitjean nous a conseillé, lui-même, d'utiliser nos recherches pour en faire le sujet de notre thèse.

Nous ne pouvons ici que faiblement remercier notre maître de cette nouvelle marque d'intérêt qu’il nous

donne au terme de notre scolarité; nous lui sommes particulièrement sensible de la peine qu'il prit au cours de cette année, pour nous faire largement profiter de son enseignement et nous nous ferons un devoir de continuer à travailler sous sa direction, pour compléter plus tard, par de nouvelles observations, ce que ce travail peut paraître avoir d’un peu hâtif ou d’un peu prématuré.

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