‹ La divaChapitre 8 sur 76 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

PALESTINE, à pnrt.

Dieu ! saurait-il?

RAFAEL

N’est-ce pas ma tante?

PALESTINE , à part.

Ma tante... il ne sait rien.

RAFAEL

Ouvrez vos bras et tenez-vous ferme, je vais m’élancer

PALESTINE

Viens donc, alors.

RAFAEL, s'élançant •

Là, vous voyez bien!...

PALESTINE

Et comme te voilà fait... regarde-toi... (l’emlrasaont «Tec transport.) Tu serais si beau si tu voulais. .

RAFAEL

A quoi bon?

PALESTINE

Ah ! Palestine me le disait bien...

RAFAEL

Monsieur Palestine, mon oncle...

PALESTINE

Oui, ton oncle. Madame Palestine, me disait-il, lu as un neveu qui serait tout ce qu’il voudrait être, mais il no veut pas; s’il voulait être soigné, il serait soigné, mais il ne veut pas ; s’il voulait travailler il travaillerait, mais il ne veut pas.

RAFAEL

Monsieur Palestine ne m’a jamais aimé...

PALESTINE

Lui! le pauvre cher homme, il l’aurailaimé comme un fils... si j’avais insisté...

RAFAEL

Je vous dis, moi, qu’d ne m’a jamais aimé.

PALESTINE

Pourquoi !... parce qu’il te reprochait de ne jamais travailler... avec ça qu’il avait tort!...

R AFARL.

Si je travaillais, ça gâterait ma nature...

PALESTINE

Qu'est que ça veut dire?

RAFAEL

Ça veut dire que j’ai une nature et que je tiens .'i la conserver.

Pourquoi faire?

RAFAF.L.

Pour illustrer la scène!

PALESTINE

Pour jouer la comédie?...

RAFAEL

Dame!...

PALESTINE

Tu y penses encore?...

RAFAEL

Toujours j’y penserai... quand on a une vocation...

PALESTINE

Une vocation... mais, malheureux... tu en as tâté du théâtre et tu sais comme ça t’a réussi ! Une fois... à Montparnasse... j’y étais ! Dieu! que j’ai été humiliée! mon Dieu ! comme j’ai été humiliée...

RAFAEL

On m’a sifflé, n’est-ce pas?

PALESTINE

Si on n’avait fait que le siffler...

RAFAEL

On m’a injurié, on m’a jeté des petits bancs à la tête... on a crié, on a hurlé, on a imité les cris de divers animaux...

Ne parlons plus de cela! •

RAFAEL

Parlons-en, au contraire!... Hier, Montparnasse m’a sifflé... demain, Paris m’applaudira ; après-demain, le Caire m’offrira cent mille francs par semaine, tous frais payés.

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