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TIRÉS DU FEU, DE L'EAU ET DES PIERRES

Je passe maintenant aux présages que la maniique chaldéenne croyait trouver partout et empruntait aux objets les plus divers. On peut les répartir en différentes classes, suivant qu'on les cherchait dans les phénomènes atmosphériques, dans lés choses naturelles inanimées, dans les animaux autres que les oiseaux, dans les diverses parties du corps de l'homme, dans les accidents survenant aux objets façonnés par l'industrie humaine, enfin dans les rencontres fortuites que Pon faisait sans intention d'observation.

La signification prophétique que l'on attachait aux phénomènes localisés dans l'atmosphère appartenait au domaine de la science des présages terres-

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très. C'est ainsi que nous avons vu que la seconde division du traité en quatorze chapitres sur cette science paraît, d'après son titre^ avoir eu pour objet une sorte de hréclwmancie ou de divination d'après la pluie. L'astrologie tenait compte des nuages en ce qui était de leur position par rapport aux astres nocturnes et de l'action qu'ils exerçaient sur l'apparence de ceux-ci j elle les faisait alors rentrer dans ses attributions. Mais les nuages qui se montrent dans le ciel pendant le jour, sans relation avec les étoiles^ étaient une des matières de Tétude des devins, qui interprétaient dans un sens mantique leurs principaux accidents de forme et de couleur. C'est ce qui résulte d'un fragment très-mutilé et encore inédit, où il est question de nuages de diverses couleurs. Une petite tablette isolée, contenant la consultation donnée en réponse à une interrogation, porte :

Si un nuage d'un noir bleuâtre dans le ciel — s'élève, dans le jour le vent soufflera.

Par Nabou-akhe-irib (1).

Si l'on en juge par cet exemple, les présages tirés des nuées auraient été relatifs au temps qu'il devait

(1) W. A. Lui, S9, 8.

faire, et d'une simplicité tout à fait enfantine. La divination chaldéenne, même au temps de ses plus haiutes prétentions, quand elle croyait être maîtresse des secrets des choses futures, gardait des vestiges de ses débuts, de l'âge primitif où elle avait consisté dans un certain nombre d'observations faciles et vraies de présages naturels du temps et des saisons, qui ne pouvaient constituer une science qu'au milieu de rignorance d'un peuple naissant à peine à la civilisation. Il est question, bien des siècles plus tard, d'une divination par les nuages qu'une femme nommée Anthusa inventa sous l'empereur de Byzance Léon F' (1), mais elle n'avait rien de commun avec celle des Chaldéens, et il ne faudrait pas y chercher une tradition se perpétuant à travers les âges.

Aben Ezra (2) et quelques autres commentateurs juifs considèrent comme des observateurs de nuages les meonenim, qui constituent une des classes de devins le plus fréquemment citées dans la Bible (3). .

{{) Phoi. Biblioth. cod.242,p.342, éd. Bekker; Justin, Quœst. 31 adorthodox,\ Du Gange, Glossar, infim. grœcit, aux mots 7r£p(0'T£p(a)TaL et ys^o^icSxrai.

(2) Dans son Commentaire sur le Lévitique.

(3) Deuteron. xvm, 10 et 14 ; II Reg. xxi, 6; Is* ir, 6; Lvu, 3; Mich. v, 11.

Philologiquement, c'est Texplication la plus vraisemblable de ce terme (1), bien que saint Jérôme le traduise observantes somnia et les Septante xXïj- ^ovcÇojxgvot, c'est-à-dire ceux qui interprètent les tintements d'oreilles et autres bruits fortuits. Au reste^ le Lévitique (2) paraît bien défendre aux Hébreux Fobservatiori augurale des nuages, et Jérémie (3) les met en garde contre l'étude des signes célestes et des phénomènes atmosphériques (les iioTnidat des Grecs) , qu'ils tendaient à poursuivre en imitant leurs voisins idolâtres.

Autant qu'on en peut conjecturer d'après un petit lambeau jusqu'à présent inédit, où. il ne reste plus que des commencements de lignes, tels que : « Si le

vent — Si le vent d'ouest souffle — —

Si le vent de sud dans le jour souffle — Si le

vent de sud dans la nuit. ...» — autant qu'on en peut conjecturer, dis-je, par ce lambeau, les vents étaient encore pour les docteurs chaldéens une source de présages, faisant Tobjet d'une étude particuhère. Mais il ne nous est pas possible d'aller au delà

(1) ]:i3nD est à rapprocher de ]^v « nuage », de la racine •py « couvrir ».

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