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(3) Dans mon Choix de textes, n' 87.
(4) M. de Longpérior et M. de Wilte onl établi par le témoignage des représentations d'un cylindre ipie le poisson était quelquefois, chez les Babyloniens, la victime offerte aux dieux dans le sacrifice : Ballet, archéol. Ht rAtkénœttm français, 18HS, p. 101 ; 1856, p. 36 et suiv. Cf. encore les représentations des cylindres dans Lajard, Culte >te Mit/ira, pi. XVII, n" \ et 10.
ces animaux, prenait une signification différente; malheureusement une fracture a enlevé l'indication de la nature précise du signe et ses interprétations. Le second (1) se rapporte aux indices à tirer de l'aspect et de la couleur des intestins des animaux sacrifiés, et spécialement, semble-t-il, de 1 ane ou du mulet, a Si les intestins de Tâne à droite sont noirs, — à gauche sont noirs, — à droite sont bleuâtres et bleuâtres leurs replis, — à gauche sont bleuâtres et bleuâtres leurs replis, — â droite sont de couleur sombre, — à gauche sont de couleur sombre, — à droite sont cuivrés, — à gauche sont cuivrés, » ce sont là autant d'apparences qui fournissent des augures pour les saisons, pour les vicissitudes du pays ou pour le roi. Dans ce fragment, les interprétations sont conservées en partie, mais en général assez difficiles à comprendre, comme tous les textes du même genre, par suite de la nature même de l'orthographe, principalement idéographique. En voici pourtant quelques échantillons :
Si dans les intestins d'un âne (ou d'une bête de somme en général), à droite, il y a comme des empreintes, inondation.
(1) Lajard, Culte de Mithra, pi. XVII, n* 88.
Si dans un âne les intestins, à droite , sont tordus et noirs, le dieu produira de Taccroissement dans le pays du seigneur;
Si dans un âne les intestins, à gauche, sont tordus et noirs, le dieu ne produira pas d'accroissement dans le pays du seigneur;
Si dans un âne les intestins, à droite, sont tordus et...., Bin (le dieu de l'atmosphère et des pluies) arrosera le pays du seigneur;
Si dans un âne les intestins, à gauche, sont tordus et...., Bin n'arrosera pas le pays ;
Si dans un âne les intestins, à droite, sont tordus et bleuâtres, les pleurs entreront dans le pays du seigneur;
Si dans un âne les intestins, à gauche, sont tordus et bleuâtres, les pleurs n'entreront pas dans le pays.
On voit que l'apparence du côté droit et celle du côté gauche ont toujours les deux significations opposées sans qu'il y ait un côté décidément et constamment funeste; pourtant les signes du côté gauche sont plus rarement des présages favorables que ceux du côté droit. D'autres prédictions sont ensuite tirées de l'intérieur de l'intestin, que l'on ouvrait, paraît-il, après l'avoir d'abord examiné extérieurement :
Si l'intérieur de l'intestin, à gauche, offre des fissures, discordes .
Si l'intérieur de l'intestin, à droite et à gauche, offre des fissures, discordes.
Sirintérieur de Tintestin^à droite et à gauche, est noir, éclipse.
Des deux fragments encore inédits dont j'ai la copie sous les yeux en écrivant et que je compte publier plus tard, l'un a trait à l'inspection du foie (1), V hépatoscopie j comme on disait chez les Grecs, qui constituait la partie la plus importante de Taruspicine dans le monde classique (2) et aussi plus anciennement chez les Chaldéens, comme le prouve ce qu'Ezéchiel dit de Nabuchodorossor. Le morceau est peu étendu, très-mutilé 5 toutes les explications augurales ont disparu. Il ne reste plus que Ténoncé des cas, qui comprennent le plus ou moins grand développement de Tun ou de Fautre des lobes du foie, ou de tops les deux en même temps, Tatrophie complète du lobe droit ou du lobe gauche (3), la couleur noire, bleuâtre, grisâtre, cuivrée ou rouge de Pun des côtés de ce viscère ou de tous deux;
(1) Désigné par le signe BIS, qui est expliqué kabadtuv dans W. A. I. 11, 36, 1. S3.
(2) Artemidor. Oneirocrit. II, 74 ; Gicer. De divinat, II, 13 ; Sueton. August. 9S ; Senec. Œdip. v. 360.
(3) Ce sont des signes de ce genre qui annoncèrent la mort d'Alexandre et celle d'Héphestion : Arrian, Anabas, VII, 18.
venaient après des indications tirées de l'aspect et du développement de la vésicule biliaire. Plus mutilé encore est le dernier fragment, mais il en reste assez pour voir que la section du grand ouvrage, dont il provient, avait pour objet l'examen des poumons chez différents animaux ; on distingue la mention de ceux d'un cheval, d'un âne, d'un bœuf, d'un, mouton, d'un chien et d'un lion.
C'est évidemment de Babylone que cette prêtent due science de Taruspicine se répandit dans tous les pays voisins, au nord dans l'Arménie et la Commagène (1), à l'ouest dans la Phénicie, d'où elle passa à Garthage (2), dans la Palestine (3), où le Deutéronome (4) défendait aux Hébreux de la pratiquer. Mais c'est surtout en Asie Minewe qu'elle prit un grand développement, dans toute la contrée (5) et particulièrement dans la ville de Telmissus, dont les habitants, à cause de leur habileté dans ce genre de divination, en furent regardés par quelques-uns
(1) Juven. VI, V. 349.
(2) Cicer. De divinat. II, 12.
(3) Tacit. Histor. II, 78.
(4) xyiii, H.
(5) Athen. IV, p. 174 ; Pausan. VI, 2, 2 ; Tacit.' Histor, II, 3.
comme les inventeurs (1); les mêmes gens de Telmissus étaient aussi célèbres pour leur habileté dans l'interprétation des prodiges (2). Il est probable que c'est de l'Asie Mineure que la pratique de la consultation des entrailles des victimes passa chez les Grecs, par qui elle fut admise de bonne heure ; elle y était en grand usage (3), et les familles des lamides et des Clytiades avaient une célébrité spéciale pour leur science en pareille matière (4). On prétendait que cet art avait été inventé par Delphus, fils d'Apollon (5), €0 qui semblerait indiquer que c'était d abord à Delphes qu'il avait pris de l'importance. A Rome, l'aruspicine, qui n'eut jamais le même caractère officiel que l'observation des augures et des auspices, était une importation étrusque, et même quand le sénat consultait les aruspices (6), ceux-ci étaient recrutés en Etrurie pour former le collège auquel on avait donné une existence légale (7). Les libriha-
(1) Cicer. De divinat. I, 41 et 42.
(2) Herodot. I, 178.
(3)^EschyL Prometh. v. 493; Euripid. Electr. v. 432 et suiv.; Xenoph. Hellenic, III, 4, 15; Plutarch. Cim, 18; Alex. 73; Dio Gass. LXXVIII, 7.
(4) Cicer. De divinat, I, 41 ; II, 12.
(5) Plin. Hist. nat, VII, 36; Nonn. Synagog, hist, 61.
(6) Cicer. De divinat. I, 43; II, 33; Tit.-Liv. XXVII, 37.
(7) Cicer. De divinat. I, 41.
CHEZ LES CHÂLDIÊENS 61
ruspidni étaient des livres étrusques comme les libri fugurales et tonitruales (1), et les préceptes qu'ils contenaient étaient comptés parmi ceux dont on attribuait la révélation à Tagès (2) .
(1) Cicer, De divinat. I, 33; Serv. arfVirg. jEneid, VIII, V. 398; Cf. Macrob. Satiim. III, 7.
(2) Cicer. De divinat. II, 23; Fest. v. Tages; Censorin. De die nat, 4 ; Isidor. Orig, VIII, 9. — Sur tout ce qui touche à Taruspicine étrusque, voy. Ottfr. MûUer, Die Etrusker^ t. II, p. 178 et suiv.