‹ La divination et la science des présages chez les ChaldéensChapitre 17 sur 38 · ET DES RENCONTRES FORTUITES · texte numérisé non relu

ET DES RENCONTRES FORTUITES

D'après les indications fournies par M. Smith, les présages tirés des arbres tiennent une large place dans le livre qui servait de code principal à la mantique chaldéenne. On devait s'y attendre, car Michel Psellus (1) parle d'une phyllomande assyrienne. De plus, cette espèce de divination, cette valeur prophétique attachée à Tagitation et au bruissement des feuilles d'arbres ou de buissons se retrouve chez tous les peuples, et a été l'une des formes les plus anciennes de la superstition augurale. En Grèce, nous avons les « chênes parlants »^ Trpoovîyopoi Jpusç,

[i)De opérât, daemon. p. 42, éd. Boissonnade.

de Dodone (1), le plus antique oracle des Pélasges, le laurier fatidique de Délos, dont T^igitation fournissait des présages (2), et celui de Delphes (3). Chez les Etrusques, on divisait les arbres en favorables et défavorables suivant la nature de leurs présages (4). En Palestine, c'est-à-dire dans le rayon de l'influence la plus active de la discipline chaldéenne, nous rencontrons le fameux « chône des devins » près de Sichem (5), les arbres de baume dont le murmure fournissait des oracles à David (6), le palmier sous lequel prophétisait Déborah (7) et qui rappelle les palmiers divins de l'Arabie (8) . Les Arabes antéislamîques voyaient aussi un arbre prophétique dans le samourah [Spina aegyptiaca), dont on portait les

(1) ^schyl. Prometh. v. 830; Cf. Homer. Iliad, U, y. 233 ; Odyss. S, v. 327.

(2) Virg. jEneid. III, v. 73 et suiv.

(3) Homer. Hymn, in Apoll. v. 393.

(4) Macrob. Satum. II, 16.

(5) Jud. IX, 37.

(6) II Sam. V, 24.

(7) Jud. IV, 5.

(8) OsidJidiQT^ Zeitschr, der deutsch. MorgenL Gesellsch. t. VII, p. 481 ; et mes Lettres assyriologiques^ i. 11^ p, 103 et suiv. Le palmier était aussi dans une partie de la Chaldée l'arbre sacré par excellence : voy . mon Commentaire des fragments de Bérose^ p. 330 et suiv.

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épines en guise de talisman (1), dont un individu était adoré chez les Beni-Ghatafân comme Timage de la déesse El-Ouzzà (2), et que les Nabatéens tenaient également pour sacré (3). Us croyaient entendre des voix annonçant l'avenir sortir des buissons épineux nommés gharqad (4). La manifestation de Jéhovah à Moïse dans un buisson ardent au désert du Sinaï (5) se rattache au même ordre d'idées (6)-

Les mœurs et les allures de différents animaux

(1) Nowaïri, cité par Rasmussen, Additam. p. 71.

(2) Voy. Osiander, Zeitschr, der deutsch. Morgenl: Gesellsch. t. VII, p. 486.

(3) Voy. A, Levy, Zeitschr. der deutsch. Morgenl. Gesellsch. t. XIV, p. 432.

(4) Aghânî^ éd. Kosegarten, 1. 1, p. 21.

(5) Exod. ni.

(6) Un semblable rapprochement paraîtra peut-être téméraire à quelques personnes, que je regretterais profondément de scandaliser. Mais dans ma pensée il n'implique aucune contestation de la réalité ou du caractère miraculeux du fait. Les communications de Dieu avec les hommes revêtent la forme qui est de nature à frapper le plus les esprits au milieu des idées régnantes. C'est ainsi que les visions bibliques ont toujours la couleur du milieu dans lequel elles se produisent ; c'est ainsi, par exemple, que celles de Joseph sont purement égyptiennes par leur côté plastique et celles du temps des Prophètes purement assyriennes, principalement celles d'Ezéchiel, qui écrivait dans la captivité.

étaient aussi Tune des sources les plus riches de présagés. J'ai parlé déjà dés augures fournis par les oiseaux, dont l'étude, chez tous les peuples anciens, formait, à cause de son étendue, une branche à part de la science de la divination. Il me reste à dire quelques mots des animaux d'autres classes, et plus spécialement terrestres, que les devins chaldéens observaient comme des interprètes du sort.

Une des premières idées qui, dans ce genre, se soient présentées à l'esprit de l'homme, car nous la retrouvons chez tous les peuples, même les plus sauvages (1), a été celle qui considérait le serpent comme Tanimal prophétique par excellence (2) ; une philosophie postérieure a cherché à justifier ensuite cette vertu de prophétie parce que le serpent est de tous les animaux celui qui se maintient le plus en contact avec la terre, source de toute inspiration (3). Je n'essayerai pas de suivre cette croyance superstitieuse chez d'autres races ; mais, chez les Sémites, il est impossible de ne pas être frappé, comme l'a été Bochart (4), de ce fait que le nom du serpent et le

(1) Maury, Histoire des religions de la Grèce, t. II, p. 463.

(2) ^lian. HisL anim, II, 2.

(3) Schol. ad. Pindar. Pyth, VIII, v. 64.

(4) Hierozoïcon, t. I, p. 20, édit, de Londres.

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verbe désignant Taction de pratiques de divination appartiennent à la même racine {nahhasch). Les Arabes de l'antiquité croyaient qu'en mangeant le cœur ou le foie d'un serpent on acquérait Tintelligence du langage des animaux (1), et nous avons vu plus haut lun de nos documents cunéiformes parler d'une consultation de Pavenir dans le cœur * d'un serpent. Le serpent était un symbole de science et d'intelligence surnaturelles, et c'est pour cela que la Genèse (2) dit qu'il a était plus rusé que tous les animaux de la terre que Jéhovah avait faits ». Chez les Chaldéo-Baby Ionien s et les Assyriens leurs disciples, le serpent était un des emblèmes principaux de Ea (3) , l'intelhgence suprême, le dieu de toute

(1) Philostrat. Vit. Apollon, Tyan, I, 14.

(2) ni, 1.

(3) J'ai de grands doutes aujourd'hui sur la forme Nouah, que dans mes Premières Civilisations et ma Magie chez les Chaldéens j'avais proposée comme la lecture assyrienne du nom de ce dieu, l'un des principaux du panthéon des bords de l'Euphrate et du Tigre, l'un de ceux dont la physionomie a le moins changé en passant des antiques Accads à la civilisation postérieure. J'inclinerais désormais à croire que les assyriologues de l'école anglaise et M. Schrader ont eu raison de penser qu'il conservait purement et simplement en assyrien son nom accadien de Êa, comme son épouse celui de Damkina ou Davkina,

90 LA DIVINATION ET LA SCIENCE DES PRl^SAGES

science (1). Dans la Lettre de Jérémîe placée à la suite des prophéties de Baruch, document que saint Jérôme lui-même qualifie de pseudépigraphe et dont le texte grec paraît avoir été le premier original^ mais dont l'auteur révèle une connaissance si exacte et si précise du culte babylonien (2) qu'il m*est impossible de croire qu^il ait pu être écrit ailleurs qu'à Babylone, vers le premier siècle avant l'ère chrétienne ; — dans la Lettre de Jérémie, il est dit des images des dieux : « On raconte que des serpents nés de la terre leur lèchent le cœur. » Il suffit de se rappeler les fables de Gassandre et de Mélampus pour se rendre compte de l'idée prophétique que les anciens attachaient au lèchement parla langue des serpents. La phrase en question semble donc se rapporter à cette circonstance que dans quelques-uns. des temples de Babylone on aurait

(1) G. Rawlinson, The five great monarchies, 2* édit. 1. 1, p. 122.

(2) La comparaison de la Lettre de Jérémie avec les monuments babyloniens, particulièrement les monuments figurés, fournirait le sujet d'une étude extrêmement curieuse, que je tenterai peut-être quelque jour. Je ne crois pas que Ton puisse rencontrer dans toute la Bible un livre dont Fauteur ait mieux connu le paganisme chaldéo-babylonien .

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élevé des serpents considérés comme des interprètes des dieux et servant à rendre des oracles (1). Quoi qu'il en soit, on n'a encore, à ma connaissance du moins, retrouvé aucun fragment original des livres auguraux de la Chaldéc sur les présages fournis par les serpents.

(1) Quoique l'histoire du dragon de Bel, que la Vulgâte place à la suite des prophéties de Daniel, soit un morceau de basse époque et sans aucune valeur, on peut admettre qu'il a eu pour fondement un fait roel, ces serpents élevés dans certains temples babyloniens.

Ayant eu l'audace de dire dans un article du Correspondant (10 juillet 1874) que dans une discussion scientifique de la date et de la valeur du livre de Daniel, il fallait d'abord écarter ce chapitre et celui de l'histoire de Suzanne « comme des compositions d'une date trés-postfirieure et qui n'ont aucunement le cachet du reste du livra >i, je me suis vu en butte aux plus vives attaques de la part des rûdaclours de certains recueils religieux. presque excommunié et rangé parmi les plus dangereux libres penseurs. Ces censeurs d'orthodoxie trop zélés connaissaient peu les Pères do l'Église ; sans cela ils auraient su que je n'avais fait que me conformer à l'avis de saint Jérôme sur les compositions en question. Je crois bon de placer sous leurs yeux les propres paroles du grand docteur dans la préface de son commentaire sur Daniel : Sed et hoc nosse debcmus iiiter codera, Porphyriuni de Danielis libro nobis objîcere, idcirco illum apparere con/îctum, nec haberi apiifl Hebraeos, sed graeci sermonis esse commentutn, quia in Si/sa?tnac fabula con~ finealitr, dicente Daniclc ad prcsbyteros àîtà tdù aylvov

Dans les débris que j'ai eu roccasion d'examiner, ce sont les chiens qui jouent un rôle considérable. J'en ai publié un (1) qui énumère toutes les conséquences de l'entrée de chiens de telle ou telle couleur dans le palais ou dans le temple :

Si un chien jaune entre dans le palais, le palais sera anéanti.

ayjcai xaî ocko toO Trptvou Tipt^ae, qtiara etymologiam magis graeco sermoni convenir e, quant hebroeo, Cui et Eiisebius et Apollinarius pari sententia responderiint : Susannae Belisqiie ac draconis fabulas non contineri in hebraïco ; sed partent esse prophetiae Abacuc filii Jesu de tribu Levi : sicut juxta LXX interprètes in titulo ejxisdem Belis fabulœ ponitur : Homo quidam erat sacerdos, nomine Daniel, filius Abda, conviva régis Babylonis, quum Danielem et très pueros de tribu Juda fuisse sancta Scriptura testetur. Unde et nos ante annos plurimos quum verteremus Danielem, has visiones obelo praenotavimus, significantes eas in hebraico non haberi. Et miror quosdam iJ.eii^t[Loipovç indignari mihi^ quasi ego decurtaverim librum : quum et Origertes et Eusebius et Apollirtarius aliique ecclesiastici viri et doctores Graeciae, has, ut dixi, visiones non haberi apud Hebraeos fateantur; nec se debere respondere Porphyrio pro his quœ nullam Scripturae

SANGTAE AUCTORITATEM PRAEBEANT.

Antérieurement, Jules TAfricain, doué d'un esprit sagace et d'un vrai sens critique, s'était prononcé nettement contre l'authenticité de ces chapitres et avait engagé son ami Origène à les rejeter.

(1) Choix de textes, n*" 89.

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Si un chien rouge entre dans le palais, le palais sera livré à la dévastation par l'ennemi.

Si un chien entre dans le palais et blesse quelqu'un, le palais sera livré à la dévastation ....

Si un chien entre dans le palais et se couche sur le lit, le palais, personne ne

Si un chien entre dans le palais et se couche sur le trône, le palais sera brûlé.

Si un chien entre dans le palais et se couche sur le palanquin royal, le palais sera dévasté par Tennemi.

Si un chien entre dans le temple, les dieux ne seront pas miséricordieux pour le pays.

Si un chien blanc entre dans le temple, la durée du temple sera stable.

Si un chien noir entre dans le temple, la durée du temple ne sera pas stable.

Si un chien gris entre dans le temple, le temple souffrira dans ses possessions.

Si un chien jaune entre dans le temple, le temple soufiTrira dans ses possessions.

Si un chien rouge entre dans le temple, les dieux du temple le déserteront.

Si les chiens se rassemblent en troupe et entrent dans le temple, personne ne. . . .

On devait faire bonne garde aux portes des palais et des temples pour empêcher les chiens d'y entrer, puisque leur seule présence devait pronostiquer de tels malheurs, kn reste, c'est de l'entrée de chiens étrangers qu'il s'agit ici, puisque nous savons par des textes positifs que les monarques assyriens éle-

vaient dans leurs palais des chiens de garde et de chasse en grand nombre; Assourbanipal a même voulu transmettre à la postérité le nom et le portrait de quelques-uns des siens. Ce que j'indique est très-clairement précisé par ces vers du Phormion de Térence (1), où nous voyons la môme superstition transmise aux Grecs :

Monstra evenerunt mihi.

Introiit in aedis ater alienus canis :

Anguis per impluvium decidit de tegulis, Gallina cecinit : interdixit hariolus :

Haruspex vetuit ante brumam autem novi Negoti incipere.

Un autre fragment de tablette, celui-ci inédit^ interprète gravement les annonces d'avenir qui résultent des incongruités auxquelles les chiens peuvent se laisser aller dans la maison, le palais ou le temple; elles sont toutes sinistres. Les Babyloniens et les Assyriens eussent pris fort au sérieux la scène des Plaideurs. J'en cite seulement quelques échantillons :

Si un chien vomit dans la maison, le maître de la maison mourra.

(1) Act. IV, se. 4, V. 24-29.

CHEZ LES CHALDlÈENâ 95

Si un chien, dans le palais, pisse contre le trône, le roi mourra et les ennemis partageront son pays.

Si un chien pisse dans le temple, il y aura des pluies torrentielles dans le ciel, des inondations dans les canaux, famine et mortalité.

Si un chien fait ses excréments dans le temple, il y aura un tremblement de terre; Nergal, qui dévore les cadavres, massacrera les hommes avec son arme.

Ailleurs, dans un débris très-mutilé, ce sont les

mouches [zumhi) qui fournissent les présages. Ceci

ofifre un certain intérêt pour réclaircissement d'un

point de la mythologie sémitique. Le grand dieu

d'Accaron chez les Philistins est appelé Baal-zeboub,

« le Baal mouche » ou «le Seigneur de la mouche » ,

ce que les Septante traduisent par BaàX pyîa et Jo-

sèphe par Oeàç pia. Ce Baal-zeboub, dont on a fait

ensuite chez les Juifs im prince des démons, avait

un crade célèbre qu^Ochozias, roi d'Israël, envoya

consulter sur l'issue de sa maladie ( 1 ) , ce qui attira sur

ui la juste colère d'Elie. L'oracle du dieu-mouche

levait avoir les mouches pour interprètes, et quand

lous constatons que la mouche avait sa place dans

a mantique chaldéenne, nous sommes amenés à

(1) II Reg. I, 2, 3, 6 et 16.

établir un rapport entre le nom singulier de la divinité d'Accaron et le procédé par lequel l'avenir se révélait dans son mantéion. Chez différents peuples anciens, des insectes fournissaient des présages. Tout le monde connaît celui des abeilles dans l'enfance de Platon ; la légende phrygienne de Midas donnait un rôle prophétique aux fourmis (1).

Au reste, lamblique (2) indique comme trèsimportante chez les Babyloniens la divination par les mouches; il dit aussi qu'à Babylone on tirait des augures des lions, des serpents et des sauterelles, enfin de la grêle, ce qui rentre dans les variétés de mantique que nous avons étudiées au chapitre précédent.

Les augures fournis par les animaux rentraient, du reste, en grande partie dans la catégorie de ce que les Grecs appelaient èvoSia o'Kùviaiiocxoc^ évoSioi cvaëoloi ^3), o'est-à-dire les présages fournis par les rencontres fortuites faites par l'homme sur son chemin (4), croyance dépeinte d'une manière si vivante par Théophraste dans son portrait du Superstitieux. Il

(1) Val. Maxim. I, 6, ext, 2.

(2) Ap. Phot. Bihlioth. cod. 94, p. 75, éd. Bekker.

(3) ^schyl. Prometk. v. 487.

(4) Nonn. Synagog, liistor, 61.

GH£Z LES GHALDIÉENS 97

semble que les Châldéens en faisaient une classe à part dans leur science divinatoire, groupant ensemble toutes les rencontres de ce genre, quelle que fût la nature des signes qu'elles présentassent et les distinguant de ceux que faisait apercevoir une observation régulière et intentionnelle. C'est ainsi qu'un simple lambeau présentant seulement quelques commencements de lignes, qui a été recueilli dans les fouilles récentes de M. SmithàKoyoundjik(l), laisse discerner qu'il appartenait à une liste des présages qu'un guerrier peut rencontrer sur sa route. « Si le guerrier fait quelque chose dans un jour non propice » , « s'il voit un nuage » d'une certaine façon, « s'il voit trois oiseaux » , tels sont quelques-uns des cas dont on y discerne Ténumération , mais toutes les explications ont malheureusement disparu.

Une des formes les plus anciennes et les plus généralement répandues de l'aberration d'idées qui produisait la divination consistait à voir des avertissements dans tous les bruits que le hasard produisait, dans le mouvement fortuit des objets (2), par

(1) Dans mon Choix de texte», n° 90.

(2) Voy. Maury, Histoire des religions de la Grèce, t. II, p. 442.

98 r,A DIVI?JATION ET LA 3CIESCE DES PRl!.SAGE8

exemple dans les craquements que les alternative» de sécheresse et d'humidité amènent dans les boiseries et dans les meubles, et à en chercher une interprétation augurale. C'est manifestement à cet ordre de présages que se rapporte le fragment (1) qui énumère une série de meubles et de parties de la maison, toujours en bois, dans lesquels se produit la voix prophétique [assaput, exprimé par l'allophone kti-a). L'indication du sens qu'on y attachait a presque complètement disparu; cependant on discerne qu'un certain nombre de ces signes devaient « réjouir le cœur n ,

Au même ordre d'idées se rattachait la superstition, si répandue chez tous les peuples antiques (2) et en particulier chez les Egyptiens (3), qui attachait une valeur prophétique aux paroles fortuitement proférées ou entendues. La Bible elle-même on offre de curieux exemples (4), et après la tion des Prophètes les Juifs y cherchèrent babil

(1) Dans mon Choix de textes, n° 92.

(2) Herodot. Il, 90; Virg. ^neid. VII, v. 116; e nombre de passages des écrivains classiques, qu'il trop long de citer tous.

(;t) Plularcli. De Is. et Osir. U; Clera. Alex. Stromat,

essa- I

■ dans 1 serait I

(i) Ooncs. \.iiv, 14; r Sam. xiv. 9: Il Reg. xx, 33J

CH£Z Lï-H CUALDEENS 99

leraent des oracles (1); c'est ce qu'ils appelaient Bath qol. Sur ce point, les débris jusqu'à présent retrouvés de la lillérature augurale chaldéenne demeurent muets.

Mais certains fragments, autant que je puis les comprendre^ me paraissent relatifs à un examen augurai des pointes de lances et aux particularités que l'on y tenait pour significatives. Ce serait le prototype des auspicia ex acuminibus [2], sorte de divination toute militaire à laquelle Marcellus renonça le premier chez les Romains, d'après ce que nous apprend Gicéron, et dont la véritable nature est depuis la Renaissance un sujet de discussion entre les érudits. Si ce que je crois entrevoir dans ces fragments était exact, la véritable explication des auspicia ex acuminibus serait celle de Turnébe (3), mais le texte est encore trop obscur, présente trop d'expressions inintelligibles pour tjue j'ose être affirmatif.

Nous avons vu plus haut que, dans un des principaux livres relatifs à la science des présages que

{l) Voy. la dissertation de Lightfool sur Matth. m, 13.

(2) Cicer- De iiat. deoi: II, 36; De dioinat. II, 36.

(3) Adversar. XXIII, 12.

possédait la bibliothèque du palais de Ninive, — en général, ces livres avaient été copiés d'après la fameuse bibliothèque d'Erech en Chaldée, — un des chapitres, d après les indications de la table des matières, était consacré à l'œcoscopie, c'est-à-dire à l'étude des apparences queprennenl les édifices, des accidents cpii s'v produisent, envisagés encora comme uu moyen de pénétrer les secrets de l'avenir.

Mais ce qu'il faut remarquer, en revanche, c'est que jusqu'à présent aucun débris des écrits auguraux des Chaldéens ne contient de traces de rien de pareil à la chiromancie ou prédiction de l'avenir par les lignes de la main, à Vonyckomancie ou divination par les taches des ongles, à la crranioscopie, en un mot à aucun des procédés divinatoires que nous voyons en usage chez différents peuples, et dont, l'essence était de prédire la destinée de ciiaque homme d'après l'examen d'une certaine partie de son corps. Les docteurs de la Chaldée et de Babylone, qui cultivaient toutes les autres branches de l'art divinatoire et qui paraissent même en avoir été les inventeurs, avaient-ils systématiquement négligé celle-ci, en vertu d'idées qui nous échappent? 11 serait téméraire de l'affirmer dés à présent, d'autant plus qu'on pourrait reconnaitre dans un des

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du Livre de Job (1) une allusion à la croyance que le destin de Thomme est a scellé » dans sa main. Mais du moins la lacune est singulière, si elle est due simplement au hasard.

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