LA DIVINATION CHEZ LES CHALDÉENS
Et il dit : « Ouvre la fenêtre de TOrient. » Et il l'ouvrit. Elisée dit : « Tire. » Et il tira. Et il dit : « Flèche de salut de Jéhovah et flèche de salut contre Aram, tu frapperas Aram à Apheq jusqu'à consommation. »
Et il dit : « Prends les flèches. » Et il les prit. Il dit au roi d'Israël : « Frappe la terre. » Et il frappa trois fois et s'arrêta.
L'homme de Dieu se mit en colère contre lui et dit : « Si tu avais frappé cinq ou six fois, alors tu aurais frappé Aram jusqu'à consommation ; mais maintenant, tu ne le frapperas que trois fois. »
Dans une tablette lexicographique (1), il est question de (( Fume des sorts », en accadien duk nant" tar{2), et de « l'urne de bénédiction », en accadien duk amas (les traductions assyriennes manquent). Ceci se rapporte manifestement à une divination par les sorts. Mais, sur ces seules indications, nous ne pouvons pas discerner s'il s'agit de la méthode bélomantique ou d'un procédé qui ' se serait rapproché davantage de celui des sorts de Préneste.
(1) Dans mon Choix de textes, n* 82, recto, col. 2, 1. 23-27.
(2) Dans un autre endroit (W. A. I. n, 22, 1, verso, 1. 17), l'accadien duk namtar est traduit en assyrien ttrhu (de la rac. rnts)» ce qui semble impliquer une idée de projection des sorts.
^La science proprement dite des présages et des ""augures naturels marchait prcs({ue de pair avec Tastrologie. Les règles minutieuses, et prétendant à la certitude, qui" y présidaient, étaient exposées dans un grand nombre d'ouvrages qui formaient toute une littérature et tenaient une large place dans les bibliothèques sacerdotales de la Babylonie et de la Chaldèe, ainsi que dans celles qui se formèrent plus tard en Assyrie sur leur modèle.
Nous possédons (1 ) la table des matières d'un de [ livres, qui était conservé dans la bibliothèque ilatine de Ninive et comprenait vingt-cinq tablettes
ni) W. A. I. iTi, 32,3.
formant autant de chapitres, quatorze sur les présages terrestres, favorables ou défavorables^ et onze sur les augures célestes ou l'astrologie. Chaque chapitre est désigné par sa première ligne, suivant l'usage que les Juifs ont conservé quand ils appellent la Genèse Bèreêchith d'après ses deux premiers mots. L'emploi de cette méthode de désignation fait que l'objet de quel(Jues-uns des chapitres reste pour nous une énigme^ en Tabsence du texte du livre lui-même.
1. Ainsi : les présages de mal et leurs contraires, — signes de joie ou de malheur pour le cœur des hommes.
2. Ainsi : le (ihef de l'argent, l'interprète des pluies, l'interprète des pluies
Il semble qu'il s'agisse ici d*augures tirés de la pluie ; c'est le genre de divination que l'on appelait |3p6xopaû/Teta et dont on trouve encore quelques traces dans les superstitions populaires turques.