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(2)vni,17.
des magiciens de Pharaon, dont il est à plusieurs reprises question dans les poésies homériques (1), la virgula divina de Cicéron (2), sur laquelle a disserté Proclus dans son Traité de la magie ; elle n'en est qu'une variété, ou plutôt le rôle divinatoire est un des emplois de la baguette du magicien. Or, cette dernière baguette jouait un grand rôle dans la magie chaldéenne. Ici je dois combler une lacune grave de mon précédent ouvrage sur Fart magique des Accads, où il n'en était pas question (3); et, pour rendre à chacun ce qui lui appartient, je dirai que c'est M. Sayce qui m'a éclairé sur le sens de l'expression, fréquemment employée dans le grand recueil magique, qui désigne la baguette à la puissance mystérieuse. Cette expression, que le traducteur assyrien transporte toujours purement et simplement dans son nouveau texte, comme si elle
(1) Odyss. K, V. 238, 293, 318, 389; n, v. 172.
(2) Epist, adAttic. I, 44.
(3) Puisque je suis en train, dans ce chapitre, d'additions et de corrections à mon livre sur La magie chez les Chaldéens^ j'ajouterai à ce que j'y ai dit des nœuds magiques (p. 38), ce passage que j'avais négligé, et qui en prouve l'emploi par la sorcellerie malfaisante comme par la magie propice :
« Silik-moulou-khi, fils d'Eridhou, coupe le nœud de ses mains sublimes. » W. A. I. iv, 8, col. 3. 1. 40 et 41.
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gardait son nom accadîen sans être rendue par un équivalent sémitique, est gis-zida (1), « le bâton propice, à l'action favorable. » Le titre de Nin-giszidUy ce la Dame de la baguette magique », est une des désignations de la déesse qu'on appelait en accadien Nin-ki-galy « la Dame de la grande terre » , c'est-à-dire de la terre des morts (2), et en assyrien Allât, la reine du sombre empire et, par suite, la déesse, par excellence, de la magie et de la nécromancie (3). Le mois d'ab appartenait à Allât, dame de la baguette magique (4).
(1) Il faut lire ainsi, et non iz-zida^ car le signe de «bois », dont la lecture paraît bien être iz quand il a le sens d' « arbre », doit certainement être transcrit gis quand il s'emploie pour dire « bâton, morceau de bois. »
(2) L'accadien ki-gal est traduit en assyrien binitUj « la fosse » du tombeau.
(3) C'est ce qui résulte de W. A. I. ii, 39, verso, 1. 36, et du n"* 99 de mon Choix de textes^ verso, 1. 7.
En conséquence, la version que j'ai précédemment donnée [La. magie chez les Chaldéens^ p. 138) de l'invocation adressée au taureau de gauche de la porte des enfers (AV. A. I. IV, 23, 1) doit être ainsi rectifiée :
« Tu es le taureau engendré par le dieu Zî; — c'est toi qui portes les zones du Tombeau où résident les morts ; — pour l'éternité la Dame de la baguette magique t'a placé. »
Je ne savais alors que faire de ce nom de Nin-gis-zida^ que je lisais à tort Nin-iz-zida.
(4) Smith, History of Assurbanipal^ p. 323.
La bélomancie décrite par Ezéchiel n'était pas le seul moyen que les Chaldéens employassent pour chercher à connaître Tavenir par une consultation du sort. Ils usaient encore d'un autre procédé, dont les flèches étaient aussi Tinstrument , et auquel un chapitre spécial était consacré, comme nous le verrons tout à Theure, dans un des traités de science divinatoire conservés dans ' la bibliothèque de Ninive (1). Celui-ci consistait à lancer avec l'arc des flèches dans une certaine direction et à tirer une indication de la plus ou moins grande distance où elles avaient porté, ainsi que de la manière dont elles étaient tombées. Au témoignage deMohammedben-Ischàq En-Nedîm (2), les Sabiens de Harrân, héritiers d'une grande partie des pratiques de Tanclen paganisme chaldéo-assyrien , célébraient une tète dans le mois de khaziran, où un prêtre lançait au hasard douze flèches garnies d'étoupes enflammées et prédisait l'avenir d'après leur chute. Le Kitâb-al'fihrist (3) signale plusieurs traités sur cette divination par le jet des flèches, dont un attri-
(2) Texte publié et traduit par Ghwolsohn, Die Ssabier unddeî' Ssabismus^ t. II, p. 26.
(3)P.268et314, éd. Fluegel.
bué à Ptolémée (1). Les Juifs la connaissaient et la pratiquaient; môme dans les Midraschim (2), on veut expliquer par là le passage d'Ezéchiel sur Nabuchodorossor, ce qui est tout à fait inadmissible. En revanche, un certain nombre de commentateurs, et avec raison ce me semble, ont établi un rapport entre la signification augurale attachée à la plus ou moins grande distance où tombaient des flèches lancées à Taventure dans une certaine direction et le récit bibhque où les trois flèches lancées par Jonathan avertiront David, suivant leur éloignement du tireur, du sort qui l'attend dans le palais de Saûl (3). On connaît le récit de la visite de Joas, roi d'Israël, à Elisée mourant (4) :
Elisée était malade de la maladie dont il mourut ; Joas, roi d'Israël, descendit vers lui, et pleurant devant lui, il lui dit : « Mon père, mon père, char d'Israël et son conducteur ! »
Et Elisée lui dit : « Prends un are et des flèches. » Et après lui avoir apporté un are et des flèches,
Il dit au roi d'Israël : « Pose ta main sur l'arc.» Et quand il y eut posé sa main, Elisée plaça ses mains sur celles du roi.
(1) Voy. Wenrich, De auctor graecor. version,^ p. 233.
(2) Ekah'Rabbtah, § 54 ; Qoheleth, -§116.
(3) I Sam. XX, 19-40.
(4) II Reg. xm, 14-19.