LE I* A H A 1) 1 S
«maillé, ainsi je vis, penchées tout autour de ce fleuve de lumière et s’y mirer sur plus de mille degrés, toutes les âmes que notre humanité a envoyées dans le ciel. Et si la partie inférieure brille de tant d'éclat, quelle n’est pas l’ampleur de cette rose à l’extrémité de ses feuilles 1 Ma vue ne perdait rien ni de sa largeur ni de sa hauteur, mais elle embrassait la forme et l’étendue de ce triomphe. Là, d’être près ou loin n’ajoute ni n’ôte rien à la vue ; car où Dieu gouverne sans intermédiaire, les lois naturelles n’ont pas d’effet.
Béatrix m’entraîna, comme un homme qui se tait et qui voudrait parler, vers le centre duré de la rose éternelle, dont les feuilles s’épanouissent, se superposent et exhalent un parîura de louanges au Soleil cause d’un printemps éternel, et elle me dit :
— Regarde combien est nombreux le chœur des blanches étoiles ; vois l’étendue de notre cité, vois nos rangs tellement remplis, qu’on n’y attend plus que peu d’âmes. Dans ce grand siège, sur lequel lu as les yeux à cause de la couronne qui le surmonte, avant que tu soupes à ces noces, s’assiéra l’àme un jour auguste sur la terre du grand Henri qui viendra porter l'ordre en Italie avant qu’elle soit prête à le recevoir (1).
L’aveugle cupidité par laquelle vous êtes fascinés vous a rendus semblables à l’enfant qui meurt de faim et chasse sa nourrice. Alors sera préfet dans le forum divin un homme qui, ni en secret ni à découvert, ne marchera pas dans la même voie. Mais Dieu le souffrira peu de temps dans le saint office, car il
sera précipité dans le gouffre où est Simon le magicien pour ses mérites, et il fera tomber plus bas celui d’Anagni.
CHANT XXXI
Sous la forme d’une rose éblouissante se montrait donc à moi la sainte milice que le Christ épousa avec son sang ; mais l’autre, qui en volant voit et chante la gloire de celui qu’elle aime et dont la bonté la fit si grande, comme un essaim d’abeilles tantôt se plongeant dans les fleurs, et tantôt s’en retournant à la ruche où déjà se trouve la saveur de son miel, descendait dans l’immense rose ornée de tant de feuilles, et elle en ressortait pour revenir là où son amour demeure sans cesse. Ces esprits avaient tous le visage de flamme et les ailes d’or, et tout le reste d’une telle blancheur, qu’aucune neige n’en approche. Lorsqu’ils descendaient dans la fleur de degré en degré, ils répandaient, en secouant leurs ailes, la paix et l’ardeur qu’ils venaient de puiser dans le sein de Dieu . Et ces multitudes volantes, quoique interposées entre la fleur et le haut, n’arrêtaient ni la vue ni la splendeur ; car la lumière divine pénètre tellement l’univers, selon qu'il en est digne, que rien ne peut lui faire obstacle. Le royaume paisible et joyeux était rempli d’âmes anciennes et nouvelles qui avaient le regard et l’amour dirigés vers le même but.
O lumière de la Trinité, qui en brillant dans une
LE PARADIS. 420
seule étoile, charmes ainsi la vue, prends en pitié nos tempêtes d’ici-bas ! Si les barbares venus de ces plages que couvre chaque jour Hélicé en tournant avec son fils qu’elle aime, en voyant Rome et ses monuments superbes restaient stupéfaits, lorsque Latran surpassa toutes les œuvres mortelles, moi, qui étais passé de l’humanité à Dieu, du temps à l’éternité, et de Flo- v rence au milieu d’un peuple juste et sage, de quelle stupeur ne devais-je pas être frappé? Certes entre mon étonnement et ma joie, j’aimais à ne rien entendre et à rester muet. Et comme un pèlerin qui se réjouit en regardant autour de lui dans le temple où il a rempli son vœu, et espère déjà raconter ce qu’il a vu, ainsi, en parcourant cette vive lumière, je portai mes yeux par les degrés, tantôt en haut, tantôt en bas, tantôt tout autour. Je voyais des visages qui , conseillaient la charité, illuminés par les rayons de Dieu et parleur propre sourire, et des attitudes pleines de toute douceur. J'avais déjà embrassé la forme générale du Paradis, sans avoir encore fixé mes yeux sur aucune de ses parties. Et je me tournai avec des désirs nouveaux pour interroger Béatrix sur des objets qui tenaient mon àme en doute. Je songeais à une chose, et il in’en arriva une autre ; je croyais voirBéatrix, et je vis un vieillard vêtu comme ces esprits glorieux. Ses yeux et son visage étaient pleins d’une joie bienveillante, et il se tenait dans la douce attitude qui sied à un tendre père.
— Et, où est-elle? m’écriai-je toutà coup.
Et lui.: — Béatrix m’a envoyé de ma place pour
satisfaire ton désir, et si tu regardes au troisième cercle du haut degré, tu la verras sur le trône auquel l’ont appelée ses mérites.
Je levai les yeux sans répondre, et je la vis qui se faisait une couronne avec les rayons éternels qu’elle réfléchissait. Le regard humain qui plonge le plus dans la mer est moins éloigné de la plus haute région où retentit le tonnerre, que Beatrix ne l’était de mes yeux ; mais ce n’était pas un obstacle, car son image parvenait directement jusqu’à moi.
— 0 femme en qui fleurit mon espérance, et qui as daigné pour mon salut laisser dans l’Enfer la trace de tes pieds ! je rapporte à ton pouvoir et à ta bonté la grâce et la force qui m’ont fait voir tant de choses; tu m’as mis d’esclavage en liberté, par toutes les voies, par tous les moyens que tuavaiscnta puissance; conserve en moi ta faveur, afin que mon àme, que tu as purifiée, te plaise aussi quand elle se séparera du corps.
Ainsi je la priai, et elle, qui paraissait si loin, sourit et me regarda; puis elle se tourna vers la source éternelle. Et le saint vieillard :
— Afin que tu achèves complètement ton voyage, pour lequel des prières et un saint amour m’ont envoyé vers toi; promène les yeux sur ce jardin, car en le voyant ton regard s’enflammera davantage pour monter vers le rayon divin, et la reine du ciel, pour laquelle je brûle d’amour, nous accordera toutes ces grâces parce que je suis son fidèle Bernard (1).
Et comme celui qui vient peut-être depuis la Croatie
LU PAKAD1S.
pour voir noire Véronique (2), et ne se rassasie pas «1e la contempler à cause de son ancienne réputation, mais il dit dans sa pensée, aussi longtemps qu’il la voit : 0 mon Seigneur Jésus-Christ ! Dieu véritable, votre saint visage était donc ainsi! tel j'étais en admirant la charité ardente de celui qui dans ses extases terrestres eut un avant-goût de cette paix.
— O fils de la grâce, tu ne connaîtras pas cette existence joyeuse, me dit-il, si tu tiens toujours ainsi tes yeux baissés ; mais porte ta vue vers le plus éloigné des cercles, jusqu’à ce que tu aperçoives le trône de la reine à laquelle tout ce royaume est soumis et dévoué.
Je levai les yeux, et comme le matin la partie orientale de l’horizon est plus éclatante que celle où le soleil se couche, ainsi, lorsque mes yeux montèrent comme d’une vallée sur une colline, je vis à l’extrémité une place qui surpassait en éclat tous les autres et comme la partie du ciel où l’on attend ce char, que Phaétou ne sut pas guider, s’embrase davantage, tandis que des deux côtés la lumière s’amoindrit, ainsi cette oriflamme de paix flamboyait au milieu, et faisait pâlir également les splendeurs autour d’elle. Et dans ce milieu je vis plus de mille anges avec les ailes ouvertes, et tous différents d’éclat et d’attitude. Là je vis une beauté qui souriait à leurs regards et à leurs chants, et qui faisait la joie des yeux de tous les autres saints ; et quand j’aurais dans la parole autant de trésors que dans l’imagination, je n’oserais raconter la moindre de ses délices. Bernard,
lorsqu’il vit mes yeux fixés attentivement sur l’objet de son amour, y porta les siens avec une affection si vive, que ma vue en devint encore plus ardente.
CHANT XXXII
Ainsi absorbé dans l’objet de son amour, le bienheureux contemplateur s’offrit lui-mème à m’instruire, et commença par ces saintes paroles :
— La plaie que Marie referma et embauma fut ouverte et ensanglantée par cette femme si belle qui est à ses pieds. Dans le rang formé par les troisièmes degrés sont assis au-dessous d’elle Racliel avec Béatrix, comme tu vois. Sara,Rébecca, Judith et la bisaïeule(l ) du chantre qui, dans la douleur de sa faute, s’écria miserere mei, sont là, de degrés en degrés, en descendant; et tu peux les voir dans la rose, à proportion que je te les nomme, de feuille en feuille. Et depuis le septième degré jusqu’en bas, comme depuis le haut jusqu’à lui, se succèdent des Juives en traversant toute la rose; car elles sont le mur qui sépare de haut en bas les saints degrés, selon le regard que la foi a jeté sur le Christ. De ce côté où la fleur a mûri toutes ses feuilles, sont assis ceux qui ont cru auChrist à. venir; de l’autre côté, où les hémicycles sont entrecoupés de places vides, sont rangés ceux qui ont cru au Christ arrivé. Et comme de ce côté le trône glorieux de la reine du ciel et les autres degrés au-dessous de lui forment une telle séparation, de même, en face de
LE PARADIS
lui, en lait une pareille celui de saint Jean, qui, toujours saint, souffrit le désert, le martyre et les limbes pendant deux ans; et au-dessous du trône de saint Jean ont été choisis également pour séparation François, Benoît et Augustin, et les autres jusqu’à nous, de cercle en cercle. Or, admire la haute prévoyance de Dieu ; les deux aspects de la foi rempliront également ce jardin, et sache que depuis le degré qui coupe par le milieu les deux séparations, jusqu’en bas, on n’est point placé à cause de ses propres mérites, mais à cause des mérites d’autrui, sous de certaines conditions, car tous ces esprits ont été déliés de leurs corps avant qu’ils eussent la raison. Tu peux t’en apercevoir aux ligures et aux voix enfantines, si tu les regardes et si tu les écoutes. Or, tu doutes, et tu doutes en silence; mais je briserai les liens dans lesquels se serrent étroitement tes subtiles pensées.
Dans l’étendue de ce royaume il n’y a jamais d’événement fortuit, et l’on n’y connaît ni la tristesse, ni la soif, ni la faim. Tout ce que tu vois est établi par des lois éternelles, et tout y est proportionné comme la bague au doigt. C’est pour cela que ces esprits arrivés prématurément à la vie véritable ne sont pas plus ou moins élevés sans motifs. Le roi par lequel ce royaume se repose dans un si grand amour et dans une si grande allégresse, que nul n’en souhaite davantage, en créant tous les esprits dans la joie de son regard, les doua diversement de la grâce à son plaisir, et que ce fait te suffise. Cela vous est expressément et clairement d 'montré dans l’Kcriturc sainte, par l’Iiis-
toire de ces jumeaux qui furent émus de colère dans le sein maternel (2). Aussi la lumière du Très-Haut doit-elle accorder la guirlande de la grâce suivant la couleur des cheveux. Ils ont donc été placés sur des degrés divers sans aucun mérite de leur vie; et ils diffèrent seulement dans la vue de Dieu.
11 suffisait bien dans les premiers siècles, pour être sauvé, d’avoir l’innocence avec la foi de ses parents. Quand les premiers âges furent accomplis, il fallut la circoncision pour fortifier les ailes innocentes des enfants mâles; mais lorsque le temps de la grâce fut venu, sans le baptême parfait du Christ, ces innocents étaient retenus dans les limbes. Regarde maintenant, dans la face qui ressemble le plus à Jésus, elle seule pourra par son éclat te disposer à voir le Christ.
Je vis tant d’allégresse pleuvoir sur elle, portée par ces saints esprits, créés pour voler vers cette majesté, que tout ce que j’avais vu jusque alors ne m’avait pas jeté en une admiration plus grande, ni donné une image si vraie de Dieu. Et cet Amour qui était descendu le premier en chantant — Ave , Maria , yratia plena (3), déploya ses ailes vers son trône. De toutes parts la cour bienheureuse répondit à ce chant divin, et une plus grande sérénité se répandit sur tous les visages.
— U saint Père, qui as daigné descendre pour moi des doux lieux où un décret éternel avait marqué ta place, quel est cet ange qui avec tant de joie regarde les yeux de notre reine, et qui est rempli de tant d’amour, qu’il en paraît tout en flammes?
Je recourus ainsi de nouveau aux enseignements de
LE PARADIS
celui qui s’éclairait aux rayons de Marie, comme l'étoile du matin aux rayons du soleil.
Et lui à moi* — Toute la hardiesse et toute la beauté qui peuvent être dans un ange et dans une âme sont en lui, et chacun de nous le veut ainsi. Car c’est lui qui porta sur la terre la palme à Marie, lorsque le Fils de Dieu voulut se charger de notre fardeau ; mais suis maintenant des yeux, et remarque à mesure que je parlerai les grands patriciens de cet empire de justice et de piété. Ces deux qui sont assis là-haut, plus heureux parce qu’ils sont les plus rapprochés de l’Augusta, sont comme les deux racines de cette rose. Celui qui suit, à sa gauche, est le père qui, par l'audacieuse gourmandise, légua tant d’amertume à l’espèce humaine. A sa droite, tu vois l’antique père de la sainte Église, auquel le Christ confia les clefs de cette belle fleur, et celui qui vit avant de mourir tous les temps d’orages que devait traverser la belle Epouse conquise par la lance et par les clous est assis près de lui, et près de l’autre ce chef sous lequel se nourrit de manne le peuple ingrat, capricieux et endurci (4). En face de Pierre tu vois Anne, si heureuse de contempler sa fille, qu’elle reste la paupière immobile pendant qu’elle chante hosanna. Vis-à-vis du grand père de la famille humaine est Lucie, qui envoya Béatrix à ton secours, lorsque tu fermais les yeux en roulant dans l’abime ; mais comme le temps de ton extase s’écoule, nous nous arrêterons ici, de même qu’un bon tailleur qui fait le vêtement comme il a le drap, et nous porterons nos yeux vers le premier
amour, afin qu’en le regardant tu pénètres autant que possible dans sa splendeur; mais pour que tu ne recules pas au lieu d’avancer en agitant les ailes, il faut que tu en demandes la grâce par tes prières, que tu la demandes à celle qui peut te venir en aide, et tu me suivras avec l’intention, si bien que ton cœur ne se sépare pas de mes paroles.
Et il commença ainsi sa sainte oraison.
CHANT XXXJI1
— 0 vierge mère, fille de ton fils, humble et plus élevée qu’aucune créature, but arrêté de la volonté éternelle, tu es celle qui a tellement ennobli la nature humaine, que le Créateur n’a pas dédaigné de devenir son ouvrage. Dans ton sein s’est allumé l’amour dont les rayons ont fait germer cette fleur au milieu de la paix éternelle. Tu es pour nous ici un soleil de charité dans son midi, et là-bas, parmi les hommes, une source vive d’espérance, femme, tu es si grande et si puissante, que celui qui souhaite une grâce et ne s’adresse pas à toi, veut que son désir vole sans ailes. Ta bonté ne vient pas seulement en aide à ceux qui demandent, mais souvent elle devance les vœux avec libéralité. En toi est la miséricorde, en toi la pitié, en toi la magnificence, en toi se réunit tout ce qu’il y a de bonté dans la créature. Or, cet homme, qui, du dernier abime de l’univers jusqu’ici, a vu les existences spirituelles une à une, le supplie en grâce
LE PARADIS
de lui accorder assez de force pour qu’il puisse porter les yeux plus haut, jusqu’à la suprême béatitude; et moi, qui n’ai jamais désiré aussi ardemment pour moi cette contemplation que je la désire pour lui, je t’offre toutes mes prières, et je te conjure qu’elles ne soient pas vaines, afin que tu dissipes par les tiennes tous les nuages de son humanité, et que la souveraine joie lui apparaisse; et je te prie encore, ô reine qui peux ce que tu veux, de conserver pures ses affections après cette vision ineffable. Que ta sauvegarde triomphe de ses élans terrestres ; vois Béatrix et tous ces bienheureux qui joignent leurs mains en s’associant à mes prières.
Les yeux que Dieu a aimés et respectés, se fixant sur l’orateur, nous montrèrent combien ses prières ardentes avaient été agréées ; ensuite ils se portèrent vers l’éternelle clarté, dans laquelle il n’est pas permis de croire que le regard d’une créature pénètre aussi profondément. Et moi, qui m’approchais du but de tous les vœux, je sentais, comme il est naturel, s’éteindre l’ardeur de mon désir. Bernard m’invitait en souriant à regarder en haut, mais j'avais déjà levé les yeux comme il le voulait, et ma vue en s’épurant pénétrait de plus en plus dans le rayon de la haute iumièreoù tout est vérité. Dès ce moment, ma contemplation fut au-dessus de mes paroles, qui ne peuvent rendre ce que je vis, et la mémoire reste écrasée par tant de grandeur.
Comme celui qui voit quelque chose en rêve, et qui après son rêve n’en garde que l’impression, et ne se
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souvient plus de rien, tel je suis, car toute ma vision a presque disparu, et je sens encore distiller dans mon cœur la suavité qui naquit d’elle; ainsi la neige fond au soleil, ainsi se dispersaient au vent les sentiments de la sibylle, gravés sur des feuilles légères.
O lumière suprême ! qui t’élèves tant au-dessus des pensées des mortels, prête encore à mon esprit un peu de ton éclat, et donne tant de pouvoir à ma langue, qu’elle puisse laisser aux races futures au moins une étincelle de ta gloire; car en revenant en partie dans ma mémoire, et en retentissant un peu dans ces vers, tu feras mieux comprendre ton triomphe.
Je crois que j’aurais été ébloui par la lumière pénétrante de ces rayons, si j’en avais détourné mes yeux, et je me rappelle que cela m’enhardit à persévérer jusqu’à ce que mon regard eût atteint la puissance infinie.
O grâce abondante! par laquelle j’osai plonger mon regard si avant dans l’éternelle lumière, que j’y consumai ma vue.
Je vis dans sa profondeur l’amour réunir comme en un volume ce qui s’éparpille en feuillets sur l’univers, la substance, l’accident et leurs modes rassemblés entre eux, de telle manière que ce que j’en dis n’en est qu’une faible lueur. Je crois que j’aperçus la forme universelle de ce nu;ud, car je me sens plus joyeux et plus épanoni en disant ceci. Un seul instant suffit pour effacer encore plus ma vision que vingtcinq siècles n’ont effacé l’entreprise qui fit admirer à Neptune l’ombre d'Argo (1 ). Ainsi mon esprit ab-
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sorbé admirait, immobile et attentif, et puisait dans cette admiration une ardeur nouvelle. Tel est l’effet de cette lumière, que nul ne peut consentir à en détourner les yeux pour les porter sur d’autres objets; car le bien, qui est le but de notre volonté, est tout entier en elle, et ce qu'elle renferme parfait en elle, est plein de défauts en dehors 1 Ma parole sera désormais plus impuissante pour retracer les choses dont je me souviens, que la langue de l’enfant qu’humecte encore la mamelle. Non point qu’il y eût plus d’un seul aspect dans la vive lumière que je contemplais, et qui est toujours ce qu'elle était auparavant; mais à cause de ma vue qui se fortifiait en moi en regardant, cet aspect unique, à mesure que je me changeais, se développait pour moi. Dans la profonde et transparente substance de la sainte lumière, m’apparurent trois cercles de trois couleurs et d’une seule circonférence, et l’un était reflété par l’autre comme Iris par Iris, et le troisième semblait un feu sorti également de l’un et de l’autre. O que ma parole est faible et reste au-dessous de ma pensée I elle est si peu auprès de ce que j’ai vu, que ce n’est même pas assez de dire peu !
0 lumière éternelle qui seule reposes en toi, qui seule te comprends, et qui, comprise de toi et te comprenant, t’aimes et te souris! Ce cercle qui paraissait engendré en toi, ainsi qu’une lumière reflétée, comme je le parcourais du regard, me sembla porter en lui notre effigie, peinte de sa propre couleur, et ma vue s’y plongea tout entière. Comme le géomètre
qui applique tout son esprit à mesurer le cercle, et ne trouve pas dans ses réflexions le principe dont il a besoin, ainsi étais-je à cette apparition nouvelle; je voulais voir comment l’image était unie au cercle, et comment elle y était placée; mais mes propres ailes étaient trop faibles pour s’élever jusque-là, si mon esprit n’avait été frappé d’une clarté dans laquelle mon désir fut satisfait.
Ici manquèrent les forces à ma haute imagination ; mais déjà mon désir et ma volonté étaient mus, comme une roue tournant d’une manière uniforme, par l’amour qui meut aussi le soleil et les autres étoiles.
NOTES
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L’ENFER
CHANT PREMIER
(1) Nous ne sommes pas de ceux qui se croient le droit de corriger leur auteur. Nous savons que lorsqu’on traduit on fait de l’histoire avant tout, et nous tâchons de reproduire le poète tout entier, paroles et images, forme et idée, corps et âme. La paraphrase, en fait de style, 'c’est la trivialité ; en fait de science, l’anachronisme; en fait de religion, l’hérésie.
(2) Quand on marche sur une surface plane, le pied sur lequel s’appuie le corps est toujours le plus bas, relativement à l’autre qu’on lève à chaque pas que l'on fait. Si l’on monte ou si l’on descend, c’est précisément le contraire : j’en demande pardon à messieurs les commentateurs. D’ailleurs il est évident que Dante continuait de marcher à travers la plaine, puisqu’il dit dans le vers suivant :
Ed ecco quasi al cominciar dcll’ erta,
(3) Les interprètes se partagent entre Can Grande délia S cela et Uguccione délia Faggiuola. La partie de l’Italie dont on prédit ici la délivrance est la même qu’on appelle aujourd’hui Bassa ltalia.
humilemque videmus
ltaliam.
Virg., ÆneiJ. 1. II.
CHANT II
\1) Toutes les choses contenues par le ciel de la lune, qui a la circonférence la plus étroite; c’est-à-dire : tout ce qui existe sur la terre.
NOTES
CHANT III
(1) Célestin V abdiqua le pontifical, neuf mois après son élection.
CHANT IV
(1) Dioscoride, né en Sicile, a écrit un traité sur les propriétés des végétaux. Averroès, de Cordoue, était appelé le commentateur par excellence du grand Aristote, maître des savants.
CHANT V
.1) Dans le cercle de Caïn sont punis ceux qui ont tué leurs parents. Dante y marque une place d’avance à Lanciotlo, seigneur de Ritnini. Ce prince, boiteux et difforme, épousa la fille de Guido de Polenlj, seigneur de Ravenne. Malheureusement Francesca aimait déjà Paul, le plus jeune frère de LancioUo, un des plus beaux et vaillants cavaliers de l'Italie. Mariée par force à Lanciotlo, la pauvre fille ne sut résister à sa première passion, et les deux amants, surpris par le mari, furent tués du même coup.
Ils s’étaient perdus en lisant le roman de Lancelot du Lac. chevalier de la Table ronde. Voici le passage auquel on fait allusion à la fin du chant. Gallébaut ajouta que toutes les prouesses qu'avaient faites depuis Lancelot n’avaient eu pour but que de plaire à la reine, et qu'il en était passionnément amoureux, et sur-le-champ exigea qu’en récompense de si nobles services, la reine donnât un baiser à son chevalier.
« De quoy me ferois-je prier, fait-elle, plus le veuil-je que vous.
a Lors tous trois se retirent plus à part et font semblant de conseiller. La reyne voit que le chevalier n’en ose plus faire, si le prend par le menton, et le baisa devant Galléhaut assez longuement. »
CHANT VI
(1) On ignore le véritable nom du parasite désigné ici sous le sobriquet du Ciacco, cochon.
(2) Charles de Valois, après avoir flatté les Florentins par des promesses ambiguës, aida la faction des Noirs à se venger de celle des Blancs, appelée aussi faction sauvage, à cause de son chef Vieri des Cerchi, qui était sorti des bois de Val de Nievole. Les deux justes, dont la ville aveuglée refuse d’entendre les conseils, sont Dante et son ami Guido Cavalcanli.
DigitizèS by Gôôgle
NOTES
4fô
CHANT VIT
(1) Ceux qui ont la manie de tout expliquer s’efforcent de trouver un sens au cri rauque et infernal de Plulus. Les uns font dire au démon de la richesse, moitié en latin, moitié eu hébreu : « Ici règne Satan, b D’autres, plus ingénieux encore, y voient une allusion aux papes!
CHANT VIH.
(1) Philippe Argenti, riche et puissant Florentin, se livrait aux plus violents transports de la colère.
(2) Les tours de la cité infernale apparaissent au poète comme des mosquées s’élevant sur une ville d’infidèles.
CHANT X
(1) Farinata des l'berti gagna la bataille de Monte Aperto, à la tête des gibelins. Il est enseveli dans la tombe des épicuriens avec Cavalcante Cavalcanti, père de Guido, poète illustre et ami de Dante ; avec Frédéric II, empereur, petit-fils de Frédéric Barbcrousse ; et avec le cardinal Ottavio des Ubaldini, qui avait de son vivant prononcé ce blasphème : « Si j’ai une âme, je l'ai perdue pour les gibelins, b
(2) Guido Cavalcanti, guelfe, ne pouvait guère aimer Virgile, le poète impérial.
CHANT XI
(1) Le pape Anastase II est accusé par la chronique de frère Martin de Pologne, d’avoir approuvé l’hérésie de Photin, diacre de Thessalonique. Le chroniqueur a confondu le pape avec l’empereur du môme nom.
(2) Cahors, ville du Quercy, remplie, à ce temps, d’usuriers.
(3) Le soleil est dans le signe du Bélier. Les Poissons le précèdent sur l’horizon, et le char d'Orion brille au nord-ouest, d’où s’échappe le vent Corus.
CHANT XII. -
(1) Thésée, conduit par le fil d’Ariane, tua le Minolaure.
(2) Dans le système d’Empédocies, le monde existe par la discorde des éléments ; leur rapprochement et leur harmonie entraînerait le chaos.
(3) Chiron, fils de Saturne et de Philyre, éleva Achille. Folus prit part à l’enlèvement d’Hippodamie, femme de Pirithoüs. Nessus, tué par la flèche empoisonnée d’Hercule, laissa à Déjanire une robe trem-
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pée de son sang ; Hercule s’en étant revêtu, mourut dans les plus atroces douleurs.
Il ne faut pas oublier que Caron, Minos, Cerbère, Plulus, Phlégias, Géryon, le Minotaure, les Centaures et tous les mythes du paganisme qu'on rencontre dans l’Enfer, ne sont que des démons, qui, pour se rendre visibles, empruntent ces formes allégoriques. Dante les introduit dans son poème, pour prouver, suivant l'opinion des Pères, que la fable n’est autre chose que la véritable tradition défigurée et tronquée par l’esprit diabolique.
(4) Les damnés enfoncés dans le sang sont : Alexandre, Denys de Syracuse, Azzolino, tyran de Padoue; Obizzo d’Este, marquis de Ferrare, étouffé par son fils entre deux oreillers ; Gui de Monfort, qui poignarda Henri, neveu de Henri III, roi d'Angleterre, dans une église de Viterbe, au moment de l’élévation; Attila, roi des Huns; Pyrrhus, roi des Épiroles ; Sextus, fils de Tarquin le Superbe, et enfin deux brigands de grande route, René de Cornelo, et René de Pazzi, Florentins.
CHANT XIII
(1) Pierre dalle Vigne, jurisconsulte capouan,- écrivain, poète et chancelier de Frédéric II, ayant perdu la grâce de l’empereur, qui lui fit crever les yeux, se brisa la tête contre les murs de sa prison.
(2) Lanno de Sienne, attaqué par les ennemis près de la Piève al Toppo, dans les environs d’Arczzo, préféra la mort à la fuite. Jacques de Saint-Andrea, gentilhomme padouan, après avoir dissipé ses biens, sc donna la mort. Dans le noble citoyen qui explique au poète In cause des éternelles dissensions de Florence, les uns croient reconnaître Rocco des Mozzi ; les autres, Lollo des Agli, Florentins tous les deux; ils se pendirent à la même époque; celui-ci par remords, celui-là par désespoir.
(3) Les débris de la statue de Murs, ancien patron de Florence, restèrent sur le ponte Vecchio jusqu’en 1337.
CHANT XIV
(1) Après la mort de Pompée, Caton traversa la Libye pour rejoindre l’armée de Juba.
(2) Les biographes d’Alexandre ne font pas mention de ce phénomène.
(3) Les sept rois qui assiégèrent Thèbes sont : Adraste, Polynice, Tydée, Hippomédon, Amphiaraüs, I'arlhénopée et Capanée.
(4) Sources d'eaux minérales près de Viterbe, d’où s'écoule un ruisseau qui traverse le quartier des prostituées.
(5) Phlégéton, de eïiyeiv, brûler.
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NOTES
CHANT XV
(1) Cadsant, lie de la Flandre hollandaise ; Bruges, ville de la Flandre autrichienne. La Brenta, rivière qui prend sa source dans les Alpes et passe à Padoue ; Chiarentana est l’endroit des Alpes où naît cette lumière.
(2) Brunelto Latini, guelfe, poète, philosophe, historien, maitre de Dante. Il a écrit en italien un livre intitulé Tesorelto, et en français un autre livre très-curieux qu’il appela le Trésor Voici comment il explique pourquoi ce second livre est écrit en français.
« Et si d’aucuns demande porquoy cliis’ livres e?t écrit en romans, selon le patois de France, puisque nous somes Italiens, je diroé que c’est pour deux raisons : l’une est porceque nous somes en France, l’autre si est porceque françois est plus dclitaubles langages et plus communs que moult d’autres, s
Il parait qu’à cette époque il y avait déjà des Arislarques qui faisaient un reproche aux auteurs italiens de savoir écrire plus d'une langue.
(3) Priscien, grammairien de Césarée, au sixième siècle. François Accurse, jurisconsulte florentin. — André des Mozzi fut renvoyé, à cause de ses débauches, de l’évêché de Florence, à celui de Vicence.
CHANT XVI
(1) Guidoguerra, petil-lils du comte Guido et de Gualdrada, contribua puissamment à la victoire remportée par Charles d'Anjou sur Manfred. Tegghiajo Aldobrandi, de la famille des Adiniari, lit tous ses efforts pour détourner les siens du combat de Monte Aperto. Jacopo Rusticucci, noble et vaillant chevalier, sc sépara de sa femme, poussé à bout par son caractère méchant et dédaigneux.
(2) Guglielmo Borsière a donné à Boccace le sujet d’une charmante nouvelle. Un Génois très-avare lui montrait un jour sa maison royalement magnifique. En traversant une salle dont la décoration n’était pas achevée, le Génois, s’adressant à son hôte : « Messire Guglielmo, lui dit-il, ne sauriez-vous pas m’indiquer quelque chosequ’on n’ait jamais vu, et que je puisse faire peindre dans cette salle? »
A quoi Borsière répond aussitôt : « Voulez-vous que je vous apprenne quelque chose que vous n’ayez jamais vu? F’aites-y peindre la libéralité. »
(3) L’abbaye de San Benedetto devrait abriter dans ses murs plus de mille moines, si ses richesses étaient bien administrées.
CHANT XVII
(') Pour punir l'orgueil de ces misérables, Dante, au lieu de les
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nommer, flétrit leur blason, qu'ils avaient terni de l’ignoble tache de l’usure. Les Gianfigliazzi, de Florence, portaient d’or au lion d’azur; les Ubbriachi portaient de gueules à l’oie d’argent; les Scrovigni, de Padoue, portaient d’argent à la truie pleine, d’azur. Giovanni Bujamonte avait sur son écu trois becs d'oiseau. Yitaliano del Dente, Padouan, était le roi des usuriers.
CHANT XVIII
(1) Venedico Caccianimico, de Bologne, vendit sa sœur Ghizola à Obizzo d’Este, marquis de Ferrare.
(2) Jason se rendit coupable du double abandon d’Hypsipyle et de MéJée.
(3) Alexis Interminelli, de Lucques, était le plus lâche flatteur de son temps.
CHANT XIX
(1) Simon, magicien de Samarie, offrit de l’argent à saint Pierre pour lui acheter le secret de ses miracles.
(2) On avait pratiqué quatre trous de l'orme circulaire, aux quatre coins du font de baptême, dans l'église de San Giovanni à Florence, pour que le prêtre, au moment de la cérémonie, pût atteindre l’eau plus facilement. Dante, pour sauver un enfant, brisa la grille qui couvrait l’un de ces trous, et ses ennemis ne manquèrent pas de saisir cette occasion pour l’accuser de sacrilège.
(3) Le pape enfoncé la tète en bas est Nicolas III, de la famille des Orsini; il aura attendu vingt-trois ans BonifaceVIII, qui, à son tour, précédera de neuf ans Clément V, protégé par Philippe le Bel.
(4) Vidi mulierem sedentem super bestiam coccineam, pleuaw nominibus blasphemiæ, habentem capila seplem et connut decem. — Apoc. chap. xvn.
CHANT XX
(1) Voici des sorciers anciens et modernes: Amphiaraüs, Euripyle, Tirésias, Manto, Arons, devin delà Toscane ; Michel Écossais, astrologue de Frédéric II ; Guido Bonatti, de Forli, et Asdenle, savetier de Parme.
(2) Au centre de la petite île de Saint-Georges s’élevait une chapelle, limite commune des trois diocèses.
(3) Pinamonle, après avoir conseillé au comte Albert de Casalodi d’exiler la noblesse, le chassa à son tour de Mantoue, et, après une affreuse boucherie, s’empara du pouvoir.
(4) Le peuple croyait voir dans les taches de la lune, Caïn, portant sur le dos un fagot d’épines.
.miM.
NOTES
CHANT XXI
(1 ) Les démons commis à la garde de la cinquième enceinte son t nommés collectivement par Dante Male branche , griffes maudites, comme il a déjà appelé Male boge, fosses maudites, le huitième cercle de l’immense spirale. Un de ces diables vient jeter dans la pois bouillante un Lucqiiois, Martino Bottai peut-être; un des anciens de Santa Zita, patronne de cette ville corrompue et vénale, dont le plus honnête citoyen est Bonturo Bonturi, qui livra sa patrie aux Pisans pour une somme d'argent. Le démon, par une raillerie infernale, avertit le pécheur qu’il ne s’agit pas ici de nager dans le Serchio, ou de se prosterner hypocritement devant la sainte image de Jésus-Christ qu’on vénérait à Lucques.
CHANT XXII
(1) Giampolo de Navarre, placé par sa mère au service d’un baron, gagna la faveur du roi Thibault, et en traliqua honteusement.
(‘2) Frère Gomita s’était rendu coupable des plus violentes injustices, enhardi par la protection de Nino Yisconti, seigneur de Gallure; mais, convaincu de trahison envers son maître, pour avoir vendu la liberté à des prisonniers confiés à sa garde, il expia tous ses forfaits sur la potence. — La Sardaigne avait été divisée, vers l’an il 17, par les Pisan et par les Génois, qui l’avaient conquise, en quatre départements ou giudicalure, Gallura, Cagliari, Alborea et Logodoro. Celte dernièr partie de l’ile était sous la domination d’Enzo, lils naturel de Frédéric II. Après la mort d’Enzo, son sénéchal, Michel Zanche, détermina la mère de son maître à l’épouser, et devint ainsi seigneur de Logodoro.
CHANT XXIII
(1) Les deux mots synonymes sont mo et issa : maintenant, et à présent. Ainsi, dans le Purgatoire (chant XI) les mots employés par i’enfant sont pappo, le manger, et dindi, l’argent.
(2) Frédéric II faisait brûler les coupables de lèse-majesté dans des chapes de plomb.
(3) Napoleone Catalano et Loderingo des Andalos, le premier guelfe, le second gibelin, tous les deux de Bologne, appartenaient à l’ordre des nobles frères de Sainte-Marie, connus vulgairement sous le nom de frères joyeux, à cause de la joyeuse vie qu’ils menaient. Les Florentins, voulant rétablir l’ordre, leur confièrent, en 1266, le gouvernement de leur ville, qu’on donnait d’habitude à un seul magistrat. Mais peu de temps après cette élection, l'hypocrisie des deux frères chevaliers se démasqua. Gagnés par le parti guelfe, ils exilèrent les gibe-
NOTES
lins, et firent brûler les maisons des Dberli, qui s’élevaient dans un endroit de Florence appelé le Gardingo.
(41 Caïphe, Anne, et les autres juges du Christ, sont crucifiés dans l'enfer.
Unus autan ex ipsis, Caiphas nomine, quum esset pontifex a uni illius, dixit eis : « Vos nescitis quidquam, nec cogitatis quia expedit volns ut unus moriatur homo pro populo, et non tota gens pereat. » (Saint Ikan, cbap. ix, v. 49 et 50.)
CHANT XXIV
(1) L'héliotrope est une pierre précieuse à laquelle on attribuait la singulière propriété de rendre invisibles ceux qui la portaient.
(2) Vanni Fucci, bâtard de Fuccio des Lazzari, ayant volé les vases et les ornements de l'église, dans la sacristie du duomo de Pistoie, les déposa chez le notaire Vanni délia Nona. Effrayé des poursuites de la justice, Fucci dénonça son ami, qui, pour le sauver, avait gardé un dépôt si dangereux, et le fit pendre. Il prédit à Dante la sanglante victoire remportée sur les Blancs, en 1501, par le marquis Marcello Malespina, dans les campagnes de Picène. Après cette défaite, Dante fut exilé.
CHANT XXV
(1) Capanêe.
(2) Les cinq brigands de Florence sont Agnello Brunelleschi, Buoso des Abati, Puccio Sciancato, Cianfa et Francesco Guercio Cavalcante. Les parents et les amis de ce dernier, voulant venger sa mort, massacrèrent presque tous les habitants de Gaville, bourg de Val d’Arno.
CHANT XXVI
(1, Quumque pergerent, et incedentes sermocinarentur, eccecurrus igneus et equi ignei diviserunt utrumque : et ascendit Elias per lurbinem in cœlum.
Ascendit autem inde in Bethel : quumque ascenderet per viam, pucri parti egressi sunt de civitute, et illudebanl ei, dicentes : « Ascende, calve ; ascende, calve. t
Qui, quum respexisset , vidil eos, et maledixit eis in nomine Do mini, egressique sunt duo ursi de saltu, et laceraverunt ex eis quadraginta duos pueros. [Reg. lib IV, cap. n, v. 11,25, 21.)
(2) Ulysse et Diomède expient leurs ruses dans une flamme à deux cimes, semblable à celle qui s’éleva du bûcher d’Étéocle et Polynice.
Tremuere rogi, et novus advena busto
Pcllilur : exundant diviso verticc fl.immrc.
Stat., Theb. Xil, v. 4o0 et scq.
NOTES. 451
Le magnifique récit d’Ulysse contient une prophétie évidente de la grande découverte de l’Amérique.
CHANT XXVII
(1) Le pécheur qui fait entendre sa voix du sein de la flamme, comme Pérille des entrailles de son taureau, est le comte Guido de Montefeltro. Interrogé sur le sort de la Romagne, Dante lui répond : que lorsqu'il a quitté la terre, Cervie et Ravenne étaient gouvernées par Guido Novello da Polenta, qui portait parti d’or et d’azur à l’aigle parti de gueules et d’argent. — Forti, qui résista longtemps à Martin IV, obéissait aux Ordelaffi, qui portaient coupé d’or, fascé d’or et de sinople de six pièces, au lion rampant de sinople. — Rimini gémissait sous la tyrannie de Malatesta et de Malatestino son fils, seigneur du château de Verrucchio, qui fit périr Montagna de Parcitati, chef des gibelins. — Faënza et Imola, la première située près du fleuve Lamonc, l’autre sur les bords du Santerno, étaient sous la domination de Mainardo Pagani, tantôt guelfe, tantôt gibelin, selon les circonstances. Les Pagani portaient d’argent au lion d’azur. — Enfin Césène, baignée par le Savio, flottait entre la liberté et l’esclavage.
Montefeltro, revêtu dans sa vieillesse du froc de Saint-François, s’était mis bravement à faire pénitence de ses péchés,. lorsque Boniface VIII vint le tirer du fond de sa cellule pour proliter de sa vieille expérience, de même que Constantin, d’après je ne sais quelle légende, alla trouver, dit-on, le pape Sylvestre dans une grotte du mont Soracte, pour être guéri de la lèpre. Boniface, se conformant aux conseils du vieux guerrier, exigea des Colonna que Prénesle lui fût livrée, et sans tenir aucune de ses promesses, fit raser cette ville, sévissant contre les chrétiens innocents, comme il aurait pu le faire contre les traîtres qui abandonnèrent aux Turcs Sainl-Jean-d’Acre, ou contre les Juifs qui prêtaient leur argent au Soudan.
(2) Voici comment Voltaire comprend Dante et les sublimes conceptions du moyen âge. ^olt. , Dict. PMI., v. 4, t. L, éd. de 1785.)
Voici le fait. Quand j’étais sur la terre Vers Rimini je fis longtemps la guerre, *
Moins, je l’avoue, en héros qu’en fripon.
L’art de fourber me fit un grand renom ;
Mais quand mon chef eut porté poil i/rison,
Temps de retraite, où convient la sagesse,
Le repentir vint ronger ma vieillesse Et j 'eus recours à la confession.
0 repentir tardif et peu durable !
Le bon saint-père en ce temps guerroyait Non le Soudan, ni le Turc intraitable,
Mais les chrétiens, qu’en vrai Turc il pillait
NOTES
Lors devers moi saint Prançois descendit,
Comptant au ciel amener ma bonne âme ;
Mais BeUélrath Uni en poste et lui dit :
• Monsieur d'Assise, arrête! : je réclame Le conseiller du saint-père, il est mien.
Bon saint François, que chacun ait le sien. >
Lors, tout penaud, le bonhomme d'Assise M'abandonnait au grand diable d’enfer;
Je lui criai : • Monsieur de Lucifer, etc., etc. >
Après quoi le philosophe s’écrie : « Tout cela est-il dans le style comique? Non. Tout est-il dans le genre héroïque? Non. Dans quel goût est donc ce poërae? Dans un goût bizarre, a 0 monsieur de Voltaire, vous avez bien raison.
CHANT XXVIII
(1) Frère Dolcino était un réformateur de Novarc, qui, en 1Ü05 — n'en déplaise aux saint-simoniens et aux communistes — prêchait la communauté des biens et des femmes. Traqué dans les montagnes avec trois mille sectateurs, il fut pris et brûlé vif, après avoir vu expirer dans les tourments une jeune et belle religieuse, nommée sœur Harguerite, qui l’aimait jusqu’à l’adoration.
(2) Pierre 'de Medicina sema la division et la discorde dans toute la Romagne. 11 prie le poêle d’avertir Guido del Cassero et Angioleilo di Cagnano, gentilshommes de Fano, de se tenir en garde contre la trahison de Malatesta de Rimini, qui les lit en effet jeter à la mer. — Focara est une montagne près de Cattolica, de laquelle s’élèvent des vents très-impétueux.
(3) Curion, exilé de Rome, conseilla à César de passer le Rubicon.
Toile moras, nocuit semper differre paratis.
Lee., Pkarsate, liv. VIH.
(4) Buondelmonte des Buondelmonti, après avoir promis d'épouser une tille de la maison des Amidei, manqua brusquement à sa parole et épousa unq Donati. Les Uberti et les Lamberti s’étant réunis aux Amidei pour tirer vengeance de l’insulte, Rossa proposa de tuer surle-champ Buondelmonte, et lui porta le premier coup de poignard.
*5) Bertrand de Boni, seigneur de Hautfort, célèbre ménestrel et gouverneur de Jean sans Terre, fils de Henri II, excita le jeune prince à se révolter contre son père. Il nous reste une complainte de Bertrand sur la mort du jeune roi.
Achitophel arma Absalom contre David.
Nuntiatum estautem David quod et Achitophel essel in conjura tione cum Absalom, dixilque David : « hifatua, quæso, Domine, coniilium Achitophel. * [Iteg. lib. If, cap. xv, v.3I.)
NOTES
CHANT XXIX
'1) Geri del Bello, parent de Dante du côté maternel, tué par un Sacchetti, fut vengé trente ans après sa mort.
(2) Après la peste d’Égine, Jupiter, à la prière d'Éaque, transforma les fourmis en hommes. Le nouveau peuple fut appelé Myrmidon, de /*0p/i>iÇ, fourmi.
(3) Griffolino d’Arezzo fut brûlé comme sorcier par l’évêque de Sienne.
(4) Capocchio de Sienne étudia avec Dante la physique et l’histoire naturelle, et fit de grands progrès dans les sciences. Capocchio raille ici le luxe effréné de plusieurs jeunes fous de Sienne, le Stricca, Caccia d’Asciano et Nicolo des Salimbeni, qui, le premier, fit un usage immodéré des épices.
CHANT XXX
(1) Giovanni Schicchi, de la famille des Cavalcanti, s’étant couché à la place de Buoso Donati déjà mort, dicta sous son nom un testament au préjudice des héritiers légitimes. Cette fraude lui valut une cavale de grand prix.
2) Entre la femme de Puliphar et le Grec Sinon est maître Adam de Bre»cia, qui falsifia les florins d’or de Florence, à l’instigation des comtes de Romena, Gui Alexandre et Aguinolfe.
Fonte Branda est une fontaine de Sienne, près de la porte de ce nom.
CHANT XXXI
(1) On raconte, qu’après la défaite de Roncevaux, on entendit le cor de Roland à huit lieues à la ronde.
(2) Montereggione est un château fort flanqué de tours entre Stragi » et Sienne.
(3) Excepté les commentateurs !
^4) Dante, suivant son système, réunit ici les géants des deux traditions, Nemrol, Éphialte, Briarée, Antée, etc.
GigatUes autem erant super terrain in diebtts illis. ( Genes . cap. vi, v. 4.)
CHANT XXXII
(1) Alexandre et Napoléon, fils d’Alberto des All erti, seigneur de Fallerona, s’entr’égorgèrent après la mort de leur père. — Focaccia des Canecllieri, de Pistoie. coupa la main de son cousin et assassina son oncle. — Mordrec, fils d’Artus, s’étant embusqué pour tuer son père, fut prévenu par lui, et eut la poitrine tellement percée d’un coup de lance que, disent les chroniqueurs, un rayon de soleil passa au tra-
NOTES
vers de son corps. — Sassol Mascheroni, de Florence, tua son neveu pour s’emparer de ses biens. — Camicione des Paizi assassina lâchement Ubertino, son parent. — Enfin Carlino des Pazzi livra aux Noirs le château du Piano de Trevigne.
(2) Le dernier gouffre de l’Enfer est divisé en quatre parties. La Cainu prend son nom de Caïn, qui trahit son frère ; I ’Anlenora, d'Anténor, qui trahit sa patrie; la Tolomea, de Ptolémée, qui trahit son hèle, et la Giudecca, de Judas, qui trahit son Dieu.
(3) Bocca des Abali, par trahison, fit perdre aux guelfes la bataille de Monte Aperto.
(4) Buoso de Duera, de Crémone, Becchiera de Padoue, abbé de Vallombrosa, Giovanni del Soldaniero, Tebaldello de Manfredi, de Faënza, et Ganelon de Mayence, sont tons également punis dans ce cercle pour leurs trahisons.
(5) Tydée ayant tué son ennemi Ménalippe, qui l’avait blessé à Thèbes, dévora son crâne par rage. (Stat. Theb. lib. VII.)
CHANT XXXIII
(1) ügolino, de la famille des comtes de la Gherardesca, après avoir chassé Nino Yisconti, devint à sa place seigneur de Pise Mais l’archevêque Roger des Ubaldini, jaloux de sa puissance, ameuta le peuple contre lui, et portant la croix à la tête des Gualnndi, des Sismondi et des Lanfranchi, le fit arrêter, enfermer dans la tour de la place dcgli Anziani avec ses deux fils et deux petit-fils. Quelque temps après, les clefs de la prison furent jetées dans l’Arno, et les cinq malheureux périrent de faim. (Villaki, liv. VII, chap. exx, cxxvii.)
(2) Albéric de Manfredi, de l’ordre des frères Godenti, dans un banquet donné à ses parents pour se réconcilier avec eux, les fit tous assassiner au moment où les fruits furent apportés sur la table.
(3) Ptolémée avait trahi Pompée.
(3) Brancn d’Oria, de Gênes, tua Michel Zanche, son beau-père.
CHANT XXXIV
(1) Les étendards du roi de l’enfer se montrent. — Nous avons laissé les citations latines telles qu'elles sont dans le texte, nous gardant bien de les traduire. Dante avait ses raisons pour rapporter textuellement dans ses vers les passages de l'Ancien et du Nouveau Testament, et les hymnes de l’Église, malgré les difficultés du mètre et de la rime. Il est défendu aux catholiques de traduire la Bible dans les langues modernes sans l’autorisation du souverain pontife; l'Église seule ayant le droit d’interpréter les Écritures.
(2) Brutus et Cassius sont punis au fond de l’enfer, comme traîtres et régicides.
NOTES
LE PURGATOIRE
CHANT PREMIER
(1) Marcus Porcius Caton avait cédé sa femme à son ami Quintus llortensius, qui désirait en avoir des enfants. Après la mort d'Hortensius, Marcia supplia Caton de la reprendre avec de si vives prières qu’il ne put y résister.
CHANT II
(1) lorsque Israël sortit de l'Égypte, etc. (Psalm. cxiu.)
(2) Un ange, conduisant sa barque par la seule force de ses ailes, venait recueillir à Oslic les âmes des élus. Le pardon de Dieu était descendu sur un plus grand nombre de lidèlcs, depuis le premier jubilé, institué par Bonifacc VIII, au mois de décembre de l'année 1300. Casella, célèbre musicien de Florence, ami de Dante, avait profité de ce temps d'indulgences.
(3) L’amour qui parle à mon esprit, etc — Nous avons respecté religieusement les trois premiers vers des trois chansons que Dante se plaît à citer lui-méme textuellement dans son poème. Elles étaient alors dans la bouche de tout le monde, et sont encore aujourd’hui trois des plus beaux joyaux de notre poésie lyrique.
CHANT III
(1) A l’entrée de la grotte du Pausilippe, on lit sur quatre pierres, à la place où furent jadis les cendres de Virgile, et où ne s’élève plus qu’un laurier solitaire pour abriter de son ombre un tombeau vide, le distique suivant :
Manlua me genuit : Calabri rapuere : tenct nunc Parthenope : cecini pascua, rura, duces.
(2) Lerici et Turbia sont deux bourgs de l'État de Gênes; le terrain qui les sépare est hérissé de montagnes.
(3) Manfredi, roi de Naples, de la maison de Souabe, un des plus beaux types du moyen âge, mourut dans la bataille de Cepperano, en défendant, la lance au poing, son royaume contre Charles d'Anjou. Il fut trouvé nu au milieu du camp, le front balafré d’une horrible blessure Un paysan l’ayant reconnu, le mit au travers do son âne, et s’en allait en criant : Chi accatta Manfredi? a Qui veut acheter le roi Manfred ? » Alors le vainqueur ordonna à ses soldats de jeter chacun une pierre et une malédiction sur le corps de l’hérétique, et bientôt une
NOTES
espèce de montagne, triste et lugubre monument, s’éleva sur le cadavre qu’on voulait priver de sépulture. Mais Clément IV envoya l'évêque de Cosenza pour enlever au proscrit son monceau de pierres, et on le fit jeter aux corbeaux hors du royaume. L’âme de Manfred se recommande aux prières de sa fille Constance, mère de Frédéric, roi de Sicile, et de Jacques, roi d’Aragon.
CHANT IV
(1) Sanleo, ville du duché d'Urbin; Noli, ville et port entre Finale et Savone; Bismantua, montagne escarpée du territoire de Reggio, en Lombardie.
(2) Belacqua, excellent joueur de cithare, et facteur très-estimé d’instruments de musique, au reste goguenard et paresseux comme un artiste.
CHANT V
(1) Jacopo del Cassero de Fano fut assassiné par ordre d’Azzo 111 d’Este, marquis de Ferrare, près d’Oriaco, village du Padouan. — Le pays situé entre la Romagne et le royaume de Charles était la Marche d’Ancône.
(2) Buonconlc, fils de Guide de Monlefeltro, mourut à Campaldino en combattant contre les guelfes.
(3) La Pia des Tolomei, femme de messire Nello délia Pietra, soupçonnée par son mari, fut enfermée dans un château des Maremmes, où elle se consuma d'une mort lente et terrible, au milieu de cet air pestiféré.
CHANT VI
(1) La zara éUit un jeu de hasard qui se jouait, dit-on, avec trois
dés.
(2) Benincasa d’Arezzo fut tué sur son siège, en plein tribunal, par Ghino di Tacco, qui vengea ainsi la mort de son frère et de son neveu, exécutés par un arrêt rendu par le juge arétin. — Guccio des Tarlati, en poursuivant la famille des Bostoli, fut entraîné par son cheval dans l’Arno. — Federigo Novcllo, fils du comte Guido de Baltifolle, fut tué par un Bostoli, surnommé le Fornajuolo. — Farinata des Scoringiani. de Pise, ayant été tué par ses ennemis, son père Marzucco supporta ce malheur avec une admirable force d’âme, et pardonna aux meurtriers. — Le comte Orso fut tué par son oncle Alberto de Mangona. — Pierre de La Brosse, baron et secrétaire de Philippe le Bel, tombé en disgrâce de la reine, qui était de la maison de Brabant, et accusé par elle d’avoir voulu attenter à son honneur, fut pendu par ordre du roi.
NOTES. 4b 7
(3) Sordello, célèbre troubadour de Mantoue, écrivait en langue provençale.
(4) Familles gibelines de Vérone et d’Orvieto. — Santa Fiore, comté près de Sienne.
CHANT VU
(1) Le poète voit, assis à l'ombre dans une vallée, Rodolphe, empereur d’Autriche, père d’Albert, dont il est question dans le chant précédent ; Ottocare, roi de Bohême, père de Venceslas ; Henri III, roi de Navarre ; Philippe III, le Camus, roi de France, mort de bonté et de douleur à Perpignan, après avoir fui devant Roger d’Oria; celui-ci était le père, celui-là le beau-père de Philippe le Bel; Charles I,r, roi de Sicile, comte de Provence ; Pierre III, roi d’Aragon, et le jeuue Pierre, son quatrième Bis, frère de Jacques et de Frédéric; Henri d’Angleterre, fils de Richard ; et enfin Guillaume, marquis de Montferrat, tué par les habitants d’Alexandrie. — Constance, femme de Pierre d’Aragon, doit être, suivant le poète, plus fière de son mari que Beatrix et Marguerite, qui épousèrent, la première saint Louis, et l’autre Charles d’Anjou.
CHANT VIII
(1) Te lucis ante terminum, rermn Creator optime, etc. Avant la fin du jour, etc., hymne de saint Ambroise.
(2) Nino Viseonti, de Pise, juge de Gallure, en Sardaigne. — Sa femme, Béatrix d’Este, avait épousé en secondes noces Galéas Viseonti de Milan.
(3) Corrado Malaspina, seigneur de la Lunigiane, père de Marcello Malaspina, qui accorda à Dante une généreuse hospitalité pendant son exil.
CHANT IX
(1) César pilla le trésor public, malgré l’opposition de Métellus.
Tune ru pas Tarpei sonat, magnoque reelusas Testatur stridore fores.
Lee., Vharsale, liv. III, v. 155 et suiv.
(2) Noue voue louons, ô Dieu! etc., cantique de saint Ambroise et de saint Augustin.
CHANT X
(1) Ecce ancilla Dei, fiat mihi secundum verbum tuum; voici la servante de Dieu, etc.
NOTES
(2) L’admirable légende gravée par la main de Dieu sur le rocher du Purgatoire, prétend que l’empereur Trajan fut arrêté au milieu de son triomphe par une veuve à qui l’on venait de tuer son unique enfant. Trajan ayant fait chercher le meurtrier, il se trouva que c’était • son propre fils. Alors l’empereur demanda à la veuve si elle exigeait la mort du coupable, ou si elle voulait l'accepter pour fils à la place de celui qu’elle avait perdu. La veuve se décida pour ce dernier parti.
Jean le Diacre ajoute que saint Grégoire, touché de ce trait de justice, pria Dieu de faire revenir au monde l'âme de Trajan, et obtint qu'elle fût sauvée. Saint Thomas d’Aquin, qui ne révoque pas un instant en doute la légende, a tâché d’en donner une explication théologique.
CHANT XI
(1) Humbert, comte de Santa Fiore, tué par les Siennois à Campagnatico, à cause de son arrogance.
(2) Oderisi de Gubbio, dans le duché d’Drbin, peintre enlumineur. — Franco de Bologne, maître en miniature. — De même que Giotto, avait surpassé Cimabué dans la peinture, Guido Cavalcanti s’était montré plus grand écrivain que Guido Guinicelli, et Dante sentait trop bien qu’il les ferait oublier tous les deux.
(3) Provenzano Salvani, illustre citoyen de Sienne, ayant appris qu’un de ses amis était prisonnier de Charles d’Anjou, et qu’on exigeait pour lui rendre la liberté dix mille florins d’or, se mit i genoux au milieu de la place de Sienne, et attendit dans cette humble posture que le peuple, mû par ses prières, jetât sur un lapis, pièce par pièce, la rançon entière de son ami. Un frisson mortel avait dû courir dans les veines de l’orgueilleux gentilhomme, réduit à mendier pour une si noble cause. Cette amère réflexion se présentait naturellement à l’âme Gère et blessée du proscrit gibelin.
CHANT XII
(1) Les sujets sculptés sur le pavé pour servir d’enseignement aux orgueilleux sont tirés également des deux traditions sacrée et profane. On y voit les géants Niobé, Saül, Arachné, Roboam, fils de Salomon ; Alcméon, qui tua sa mère Ériphyle pour venger son père Amphiaraüs, que la malheureuse avait trahi pour un collier; Sennachérib, roi des Assyriens, assassiné par ses fils dans un temple ; Thomyris, reine des Scythes, qui, non contente d’avoir tué Cyrus, lui coupa la tête et la jeta dans un tonneau de sang, etc.
(2) L’église de San Niniato domine Florence, appelée par ironie la ville bien gouvernée, près du pont de Rubaconte. Dante fait allusion à deux faits qui montrent à quel point les officiers publics avaient dé-
NOTES
généré. Messire Durante des Chermonlesi avait Falsifié 1a mesure du sel, en retirant une douve [doga) du boisseau; messire Monfiorito de Coderta, podestat de Florence, ayant été arrêté pour nombre d’escroqueries, Nicolas Acciajuoli, d’accord avec Baldo d’Aguglione, envoya chercher le registre de la chambre communale, le quaderno, et en déchira un feuillet pour détruire la preuve de leur complicité.
(5) Heureux les pauvres d'esprit! (Saint Matthieu, chap. v.)
CHANT XIII
(1) Ils n'ont pas de vin. (Év. de Saint Jean, chap. n.)
(2) Sapia, noble Sicnnoise, exilée à Colle, se réjouit du malheur de ses concitoyens. Le vers italien contient un jeu de mots sur le nom de Sapia. Les prières de Pierre Pettignano, ermite florentin, avaient sauvé celte femme.
(3) Les Siennois se croyaient déjà une grande puissance maritime pour avoir acquis le port de Talamone dans la Méditerranée; mais ces amiraux imaginaires en turent pour leurs frais, comme dans les fouilles qu’ils avaient faites, peu d'années auparavant, pour découvrir je ne sais quelle rivière souterraine appelée la Diana.
CHANT XIV
(1) Depuis l’Apennin, où la rivière de l’Arno prend sa source, jusqu'à la mer, où elle se dégorge, elle rencontre les habitants du Casentiuo, ignobles et avides comme des pourceaux ; les Arétins, impuissants et hargneux comme des chiens; les Florentins, avares et insatiables comme des loups; les Pisans, astucieux et rusés comme des renards.
(2) Les esprits qui arrêtent le poète sont Guido del Duca, de Bertinoro, et Rinieri des Calboli, de Forli. Le neveu de ce dernier, messire Fulcieri des Calboli, fit emprisonner les chefs des Blancs en 4302, et porta la désolation dans la ville. Guido regrette, dans un mouvement plein de tristesse, plusieurs citoyens illustres qui ne laissaient pas un héritier de leur valeur. — Mainardo Pagani, à cause de ses forfaits, était surnommé le Diable.
CHANT XV
(1) Heureux les miséricordieux! etc.
Beati miséricordes, quoniam ipsi misericordiam consequentur. — Gaudete et exsultate, quoniam merces vestra copiosa est in cœlis. (Saint Matthieu, chap. v.)
(2) Dante voit dans son extase des exemples de résignation et de douceur. D’abord la Vierge retrouvant son Fils dans le temple au milieu des docteurs.
460 NOTES
Quid fecisli nobis. ego et pater tuut dolentes quærebamus te. (Saist Ldc, cliap. h.)
Ensuite, Pisistrate répondant avec calme à sa femme, qui criait vengeance contre un jeune homme, parce qu’il s’était permis d'embrasser sa tille sur une place d’Athènes. (Valère Maxime, liv. V, chap. i.)
Enfin, saint Étienne, priant Dieu de pardonner aux hommes qui le lapidaient. ( Acte des Apôtres, vu.)
CHANT XVI
(1) Marco de Lombard, noble Vénitien ami de Dante.
(2) Il est dit dans le Lévitique, chap. xi, que les animaux qui n’ont pas l’ongle fendu sont impurs, et il est défendu au peuple de se nourrir de leur chair. Le pasteur allégorique dont il' est question ici n’a pas l’ongle fendu ; il s’attribue à tort les deux pouvoirs temporel et spirituel.
(3) Ces trois vieillards sont Corrado da Palazzo, de Brescia ; Gherardo da Cammino, de Trévise, et Guido da Castello, de Reggio en Lombardie.
(4) La tribu de Lévi, destinée au sacerdoce, fut exclue de l’héritage de la terre deChanaan.
CHANT XVII
(1) Le poète aperçoit dans son rêve, Progné, changée en rossignol, suivant Strnbon, après avoir assouvi sa cruelle vengeance, en faisant manger à Térée son propre fils ; — Aman, cloué sur la croix ; — et enfin Lavinie, désespérée du suicide de sa mère.
(2) Heureux les pacifiques! etc.
Beati pacifici, quoniam fllii Dei vocabuntur. (Saimt Matthieu, chap. v.)
CHANT XVIII
(1) L’Ismène et i’Asope sont deux fleuves de la Béotie, aux bords desquels couraient les Thébains en invoquant Bacchus.
(2) Don Alberto, ou don Gherardo — les érudits ne sont pas d'accord sur le nom — ancien abbé de Saint-Zénon, à Verone, plaint sa malheureuse abbaye tombée aux mains d'un bâtard d’Albert de la Scala.
CHANT XIX
(1) Heureux ceux qui pleurent! etc.
Beati qui logent, quoniam ipsi consolabuntur. (Saixt Matthieu, chap. v.'
NOTES
(2) Mon âme s’est attachée à la terre, rte. (Psaume cxvin.)
(3) Sache que je fus un successeur de Pierre. Ce pape est Otlobuono des Fiescbi, Adrien V. Si» nièce, Alagia, était la femme de Marcello Malaspina.
(4) Nous serons tous égaux dans la vie éternelle. Il n’y aura ni époux ni épouse, etc.
Erratis, nescientes Scripluras, neque virtutem Dei. In resurreclioue enim neque nubent, neque nubentur, sed erunt sicut angeli Dei in cœlo. (Saint Matthieu, chap. xxii.)
CHANT XX
(1) Hujus insigne est christ ianse benignitatis exemplum, quod quum ejus civis egens très filias jam nubiles in matrimonio collocare non posset, eorumque pudicitiam prostituere cogitaret, re cognita, Nicolaus noctu per fenestram tantum pecunix in ejus domtim injecit, quantum unius virginis doti salis esset, quod quum iterum et tertio fecisset très illæ virgines honestis viris in matrimonium datæ sunt. (Joannes Diacoms, Vie de saint Nicolas, évêque de Myre.)
(2) Il n’y a rien de plus réjouissant que de voir les^efforts des commentateurs qui ont voulu se rendre agréables aux rois de France, quand il y avait des rois de France, en combattant la tradition suivie par Dante sur l’origine de Hugues Capot.
(3) Pygmalion tua Sichée par avarice; Midas fut puni par l’accomplissement de son vœu ; tout ce qu’il touchait se changeait en or. Achan fut lapidé pour s’ëtre emparé d’une partie du butin de Jéricho. Sapbira et Ananins, malgré leur vœu de pauvreté, gardèrent une partie de leur bien. Héliodore, envoyé par Séleucus, roi de Syrie, pour enlever les trésors de Jérusalem, fut foulé aux pieds d’un cheval qui parut tout à coup devant lui. Polymnestor tua Polydore pour s’emparer de ses richesses. Enfin Marcus Crassus fut tué en guerre par les Parthes, qui lui coupèrent la tête et la plongèrent dans un vase d’or fondu.
A'urum sitisli, aurum bibe. (Plutarque. — Appien.)
(4) Gloire à Dieu dans le ciel, etc. , hymne angélique pour la naissance de Jésus-Christ.
CHANT XXI
Il) Stacc, poète napolitain, auteur de la Thébaïde et l’Achilléide. — Qu’il nous soit permis de revendiquer ici un de nos compatriotes.
Excrc semirutos subito de pulvere vu 1 tu s Parthenope, crinemque afflato monte sepulti Pone super tumulos, et macni l'unus alumni.
Stat., Silvar. lib. V, silv. m, v. 104, S, 6.
NOTES
CHANT XXII
(1) Heureux ceux qui ont soif! eic.
Beali qui siliunt et esuriunt juslitiam. (Saint Matthieu, chap. v.)
CHANT XXIII
(1) Seigneur, tu ouvriras mes lèvres, etc.
Domine, labia mea aperies, et os meum annuntiabit laudem tuam. [Psaume », v. 17.)
(2) Erésichton, fils de Triopius, de Thessalie, était affligé d’une faim si horrible, que, pour la satisfaire, il vendit plusieurs fois sa fille Métra, et finit par dévorer ses propres membres. — Marie, fille d’Kléazar, mangea son (ils pendant le siège de Jérusalem. (Joseph, De bello Judaico, lib. VII, cap. xv.)
(3) Forèse, frère de Corso Donati et de Piccarda, doit aux prières de Nella, sa femme, de se trouver au Purgatoire. — La Barbagia est une montagne de la Sardaigne, qu’on pouvait regarder, au temps de Dante, comme un repaire de prostituées.
CHANT XXIV
(1) Buonagiunla dusOrbisani, illustre rimeur de Lucques. Il prédit à Dante qu'un jour il sera amoureux d’une belle Lucquoise appelée Gentucca.
(2) Le pape Martin IV, de Tours, noyait dans du vin blanc de Toscane, vernaccia, les anguilles du lac de Bolsena ; ce qui lui avait acquis la réputation du premier gastronome de son temps.
(3) Ubaldino des Ubaldini, de la Pila, Bonifazio des Ficschi, de Lavagna, et enfin le marquis des Rigogliosi de Forli, étaient célèbres • „ pour leur ivrognerie. Ce dernier avait inventé la fameuse réponse qui
a depuis servi à tous les ivrognes : « Pourquoi buvez-vous donc toujours? a lui demandait-on en le blâmant, a C’est parce que je suis toujours altéré. » Il n’y a rien en effet qui altère tant que de boire.
(4) Femmes, qui avez l’intelligence- de l'amour, etc. (Dante, Yita nuova.)
(5) Jacopo de Lentino, poète connu plus vulgairement sous le nom du Notaire. — Guiltone d’Arezzo, rimeur trop loué, peut-être, par ses contemporains. Il est traité avec une certaine sévérité dans la Divine Comédie ; c’est que, lorsqu'on est Dante, on n’est pas toujours disposé à tolérer la réputation que les gens médiocres font aux hommes tels que Guittone.
(C) Corso Donati, chef des Noirs, poursuivi par la populace ameutée, tomba de cheval, son pied se trouva engagé dans l’étrier, et il fut ainsi
NOTES. 463
traîné par les rues de Florence jusqu’à ce que scs ennemis, l’ayant atteint, le mirent en pièces.
(7] Les châtiments infligés par intempérance, tirés, comme toujours, de la fable et de l’histoire, se rapportent aux Centaures qui s’enivrèrent aux noces de Pirithoüs, et aux Israélites, qui se montrèrent trop avides de boire près de la source d’Arad ; les uns furent battus par Thésée, les autres furent chassés par Gédéon. (Livre des Juges , ch. vu.)
Le chant se termine par une exhortation à la sobriété, qui rappelle ces paroles de l'Évangile de saint Matthieu :
Deati qui eturiunt et sitiunt justitiam, quoniam ipsi saturabuntur.
CHANT XXV
(4) La vie de Méléagre, par une loi fatale, se consumait à mesure que brûlait un tison. Ce fut Allhée, la mère de Méléagre, qui, par vengeance, jeta au feu le tison duquel dépendait l’existence de son fils. (Ovide, Métamorphoses, liv. VIII.)
(2) 0 Dieu d'une haute clémence ! etc., hymne que l’on chante aux matines du samedi.
(3) Je ne connais pas d’homme, etc.
Quomodo fiel islud, quoniam virum non cognosco ! (Sadii Luc, chap. i.)
CHANT XXVI
(1) Guido Guinicelli, timeur de Bologne. — Dante, en le voyant, se • sent entraîné vers lui comme Thoas et Euménius vers Hypsipyle, leur mère, au moment où Lycurgue, roi de Némée, allait la faire mourir.
(2) Arnault Daniel, célèbre troubadour provençal, auteur du roman de lJincelot du Lac. Dante combat l’opinion du vulgaire, qui lui préférait de son temps Giraud de Borneuil, jongleur de Limoges. La réponse d'Arnault est en vers provençaux.
CHANT XXVII
(1) Heureux ceux qui ont un cœur pur, etc.
Beati mundo corde, quoniam ipsi Deum videbunt. (Saist Matthied.)
(2) Venez, 0 bienheureux de mon Père, etc.
Venite, benedicli Patris mes, accipite regnum quod paratum est vobis. (Saint Matthied, chap. xxv.)
CHANT XXVIII
(1) Seigneur, vous m'avez réjoui, etc.
Delectasti me, Domine, in factura tua, et in operibus manuum tuarum exsultabo. (Psaume ici, v. 5.)
NOTES
CHANT XXIX
(1) Heureux sont ceux dont les péchés sont cachés .'[Psaume xxxi.)
CHANT XXX
(1) O épouse, viens du Liban! etc. (Cantique des cantiques, ch. iv.)
(2) Béni sois-tu, qui arrives, chantent les anges, à la voix d’un si grand vieillard ; et ils reprennent : Jetez des lis à pleines mains. Fidèle à son système de citations textuelles, le poète, pour rimer à venis, traduit en latin la moitié d'un vers, et emprunte un hémistiche à Virgile.
(3) Seigneur, j'ai espéré en toi, etc.
In te, Domine, speravi; non confundar in xternum.
Nec conclusisti me in manibus inimici; statuisti in loco pedes meos. (Psaume \sx.)
CHANT XXXI
(i) Tu m’arroseras, etc.
Asperges me hysopo et mundabor.
CHANT XXXIII
(1) Dieu, les nations sont venues, etc.
Deus, vénérant gentes in hxredi:atem tuam, polluerunt templum sanctum luum, posuerunt Jérusalem in pomorum custodiam. (Psaume lxxviii.)
(2) Encore un peu de temps et vous me verrez, etc.
Modicum et jam non vulebitis me, et itérant modicum, et videbitis me, quia vado ad Patrem. (Saint Jean, chap. xvi.)
(3) Par une de ces superstitions si communes au peuple, on croyait à Florence que si le meurtrier parvenait à manger une soupe sur le cadavre da sa victime, dans les neuf jours qui suivaient le crime, il ne pouvait plus être atteint par la vengeance des hommes.
(4) Dante imite ici le tour mystérieux et prophétique de l’Apocalypse. Les chilfrcs cinq cents, cinq et dix donnent trois lettres formant la parole DU X .
(5) Les eaux de l’Eisa, petit fleuve de la Toscane, couvrent d'une couche terreuse, dure et épaisse, les objets qu’on y plonge. Pyrame, à sa mort, ensanglanta le fruit du mûrier qui de blanc devint noir. — On voit que Béalrix enveloppe sa pensée sous le voile des images, pour mettre à l’épreuve l’intelligence de son bien-aimé, pétrifiée, pour ainsi dire, par l’erreur, et noircie par le péché.
NOTES-
LE PARADIS
CHANT PREMIER
(1) Toute l'atrocité du supplice de Marsvas disparaît dans le vers sublime du poète. Au lieu de l’horreur et du dégoût dont on serait saisi à l'image du satyre écorché, montrant ses muscles roidis, ses entrailles à nu, ses chairs saignantes, on se seut pris d’admiration pour le Dieu tout-puissant qui tire de son enveloppe l’âme du profane, comme une lame de son fourreau.
CHANT III
(i) Constance, fille de Roger, roi de Pouille et de Sicile, fut arrachée à un couvent de Palcrme pour être mariée à Henri VI, tils de -Frédéric Barbcrousse.
CHANT V
(1) Dante, suivant son système, couvre du même blâme les vaux impies de Jcphté et d’Agsmemnon.
CHANT VI
(1) Il y a dans ce chant un admirable résumé de l’histoire de l’em pire romain.
Constantin avait transporté l’aigle impériale de Rome à Byzance, du couchant au levant, tandis que l'oiseau de Dieu, comme le poète l’appelle, avait suivi Énée de Troie en Italie, de l’orient à l'occident.
(2) Charles II, (ils du premier Charles d’Anjou.
(3) Voici la légende de Romée, merveilleuse lleur de (imagination gothique, telle que la racontent les chroniques du moyen âge. Un jour que Raymond Bérenger, comte de Toulouse et de Provence, était fort pensif et fort soucieux, ne sachant que faire pour payer ses dettes, on amena devant lui un pauvre pèlerin, revenant de la Galice, qui s’engagea, si on lui confiait l’administration de tous les biens du comte, à le tirer promptement d’embarras. Etonné de l’assurance que montrait l’inconnu, le vieux comte se borna à lui demander son nom : à quoi l’étranger ne voulut répondre autre chose, sinon qu'il s’appelait Romée, c'est-à-dire un pèlerin qui s’en allait à Rome pour remplir un vœu ; mais il ajouta que, si monseigneur voulait lui accorder sa confiance, non-seulement il payerait ses dettes et doublerait sa
NOTES
fortune, mais il *e chargerait aussi de marier dignement ses filles. Cette dernière offre décida tout à fait Bérenger, car il avait quaire demoiselles à marier, et ses libéralités envers les troubadours, ménestrels et jongleurs, qui affluaient journellement à sa cour, ne lui avaient pas laissé de quoi en doter convenablement une seule. Un mois après l'installation de Romée, les dettes du comte étaient payées, et ses affaires, sans qu’on eût rien retranché de ses dépenses et de ses largesses habituelles, étaient dans l’état le plus florissant. Alors le bon pèlerin annonça à son maître qu’il était temps de marier sa fille aînée» Marguerite, et lui fit entendre pareillement qu’il se disposât à lui assigner pour dot tout ce qu’il lui restait de fortune. Le vieux comte se récria vivement sur la proposition de son connétable, et lui demanda qu’cst-ce qu’il d nnerait à ses trois autres filles, si tous ses biens étaient absorbés par le mariage de la première. Mais le pèlerin répondit en souriant :
t Mon cher seigneur, lorsque vous saurez quel mari je lui destine, vous comprendrez aisément qu'on sera trop heureux d’épouser les autres sans dot. »
Au bout de quelque temps, Marguerite de Provence était la femme . de saint Louis.
Les prédictions de Romée ne tardèrent pas à se réaliser. La seconde fille de Bérenger fut mariée à Édouard, roi d’Angleterre ; la troisième à Richard, roi des Romains, et la quatrième à Charles d’Anjou, roi de Pouille et de Sicile. Le pèlerin avait tenu sa parole : les quatre filles du comte étaient reines.
On devine bien quelle devait être la récompense de tels services. Bérenger, prêtant l'oreille aux suggestions de ses courtisans, et oubliant tout ce qu’il devait à son zélé serviteur, osa lui demander les comptes de sa gestion. Les envieux espéraient que le connétable, confiant dans sa droiture, avait négligé de marquer ses dépenses. Mais Romée, sans se montrer nullement étonné d'un si lâche soupçon, comme si depuis longtemps il s’élail attendu à recueillir ce fruit de ses bienfaiis et de sa loyauté, présenta joyeusement ses registres, et prouva à son maître que durant les années de son administration il avait décuplé sa fortune. Cela fait, d'un air calme et grave, et comme le vieux comte se confondait en protestations et en excuses, Romée reprit son bourdon et sa robe de pèlerin, et, quittant la Provence, malgré les larmes et les prières de son ingrat seigneur, s’en alla comme il était venu, et personne ne sut jamais de >es nouvelles.
Maintenant, malgré notre prédilection pour les légendes, nous devons ajouter, pour acquit de conscience, que la critique moderne a reconnu dans le merveilleux personnage le comte Romée de Villeneuve, baron de Vence, ministre, connétable et grand sénéchal du comte Raymond Bérenger, descendant de l’illustre famille des comtes de Barcelone, rois d’Aragon, régent de la comté de Provence, sci-
NOTES. 467
gneur de vingt-deux villes ou bourgs, et mort en Provence en l’an de grâce 1250.
CHANT VII
(1) Sois loué, 6 Dieu saint ! Dieu des armées! toi qui illumines par ta clarté les flammes bienheureuses de ces royaumes. I.es mots Hosanna, Sabahot et Malahot sont hébreux.
CHANT VIII
(1) Vous dont l’intelligence fait tourner le troisième ciel, etc. (Dante, Convito .)
(2) Charles Martel, roi de Hongrie, fils de Charles II, roi de la Sicile et de la Puuille. — Les héritiers légitimes du royaume de Naples étaient Charles-Robert et Rodolphe, l’un fils et l’autre gendre de Charles Martel. — Robert d’Anjou, troisième fils de Charles II, et par conséquent frère de Charles Martel, avait été envoyé comme otage en Catalogne. Il fut le premier roi de Naples appartenant à la branche cadette de la maison d’Anjou. — Dante fait allusion au massacre des Vêpres siciliennes.
CHANT IX
(1) Cunizza, sœur d’Ezzelino da Romano, tyran de Padoue, se montre au poète immédiatement après Clémence, fille de Charles Martel et femme de Louis X. — Cunizza prédit ici d’abord les malheurs qui devaient fondre sur les Padouans de 1311 à 1317; ensuite l’assassinat de Riccardo da Cammino, frappé par les sicaires d’Altinerio des Calzoni en jouant aux échecs. Le meurtrier était de Trévise, ville située au confluent des deux fleuves Sile et Cagnano. — Enfin l’âme bienheureuse flétrit la trahison de Gorza, évêque de Feltre, qui, après avoir accueilli plusieurs Ferrarais, les livra, pour être égorgés, à I'iso de la Tosa, gouverneur de Ferrare. — Malta était une prison ecclésiastique sur le lac de Bolsena.
(2) Foulques de Marseille, un des plus célèbres poêles provençaux, avait aimé Adalagia, belle et chaste dame, d’un amour si ardent, qu’il ne croit pas assez l'exprimer en le comparant aux transports de Didon, de Phyllts Rhodopée, d’ilercule, aux plus violentes passions de l’antiquité. Après la mort de sa dame, le pauvre ménestrel, accablé de douleur, se fit moine, lui et ses deux enfants. St femme, pour ne pas rester en arrière de dévotion et de repentir, alla s’enfermer dans un couvent. — Il s'élève un débat entre les biographes sur le lieu de naissance du poète provençal, et sur l’indication topographique qu’en a laissée Dante dans ce chant. Les uns prétendent qu’il est né à Gènes.
NOTES
et alors le rivage ensanglanté se rapporterait au massacre des Génois fait par les Sarrasins l’année 956; les autres pensent qu’il est né à Marseille, ville située à la même longitude que Bougie, en Afrique, à un degré près, et alors il s’agirait du sang répandu par les soldais de Brui us.
(3) Rahab, courtisane de Jéricho, ayant caché dans sa maison les éclaireurs de Josué, contribua à sa victoire. Touché de cette bonne œuvre, Dieu lui fit miséricorde.
CHANT X
(1) Les esprits radieux qui apparaissent à Dante dans le soleil sous la forme d’une couronne sont : saint Thomas d’Aquin, des comtes de Cnserla, appelé le docteur Angélique; Albert le Grand, de Cologne, maître de saint Thomas; Gratien de Ciiiusi, savant bénédictin, auquel on doit un recueil de droit canonique, intitulé Décret- Pierre Lombard, dit le maître des sentences, et qui mourut évêque de Paris ; Salomon; saint Denis l'Aréopagite, auteur de l’ouvrage intitulé: De cœlesti hierarchia ; Paul Orosius, auteur de sept livres contre les gentils, dédiés à saint Augustin ; Boèce, condamné à mort par Théodoric, roi des Goths, et enterré dans l'église de Saint-Pierre, à Pavie, église appelée Ciel d’Àuro ; saint Isidore, évêque de Séville; le vénérable - Bède, auteur des Six âges du monde; Richard, chanoine régulier de Saint-Victor, et enfin Séguier, professeur de théologie à Paris, dans la rue du Fouare, appelée ainsi de la grande consommation de paille que faisaient les écoliers, qui, n’ayant ni bancs ni chaises, se tenaient dans leurs classas assis et parqués sur des tas de paille fraîche.
CHANT XI
(1) Le mot Ascesi, Assises, fait calembour en italien.
(2) Coram pâtre, en présence du père.
(3) Amyclas, pauvre pêcheur d’Égypte, tandis que tout le monde se sauvait à l’approche de l'ennemi, ouvrit tranquillement à César, qui vint frapper de nuit à sa cabane; le brave homme, n’ayant rien à craindre, demanda d’une voix assurée au terrible général :
Quisnam mca naufragus, inquit,
Tecta petit, et qucin nostræ forluna coegil Auxilium sperare casæ ?
Lee., l'hars. V.
(4) Bernard de Quinlavalle, premier disciple de saint François. — Sylvestre était déjà prêtre quand il se fit franciscain. — Gilles, ou Egidius, troisième disciple de saint François, fut envoyé à Tunis pour prêcher la foi chrétienne.
NOTES
(5) Dante a dit, dans le chant qui précède, que les brebis s'engraissent si elles ne s’égarent pas loin du pâturage, que les religieux se sauvent s’ils ne s’écartent pas de la règle de leur ordre ; la proposition conditionnelle modilie donc entièrement la proposition principale ; c’est une restriction indispensable qui détermine le sens de la vérité énoncée; au figuré, c’est l’endroit où l’arbre s’ébranchc, où la proposition se subdivise, etc. D'autres éditions, au lieu du verbe correggere, ont adopte le substantif correggiero, qui signifierait frère dominicain, de la courroie dont ces religieux se font une ceinture. C’est un de ces passages de peu d’importance sur lesquels s’acharnent les philologues, heureux de pouvoir se livrer bataille, retranchés derrière leurs codes. Nous connaissons des érudits dont la vie se passe à trouver une variante. — Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. — Ils ont découvert une syllabe !
CHANT XII
;1) Armes de Castille et de Léon.
(2) Le poète joue ici sur le mot de Félix, qui en latin veut dire heureux, et sur celui de Jeanne, qui en hébreu signifie pleine de grâces. Au moyen âge, ces horoscopes tirés des noms propres étaient très-fréqueuls. Ovide avait déjà dit :
Respondent rébus noiniua .■sepo suis.
,3) Le cardinal d’Ostie, commentateur des Décrétales. — Taddeo. célèbre médecin de Florence.
(4) Frère libcrtino da Casa le et frère Matteo d’Acquasparta, tous les deux généraux de l’ordre franciscain, l’un par trop d’indulgence, et l’autre par trop de sévérité, sortirent de la règle.
(5) Saint Bonaventure de Bagnoreggio, général de son ordre, évêque et cardinal, nomme, parmi les autres bienheureux qui se montrent dans cette sphère, saint Augustin, Hugues de Saint-Victor, Pierre Comestor, Pierre d’Espagne, saint Jean Chrysoslome, saint Anselme, Donalus, Raban, l’ermite Joachim et le prophète Nathan.
CHANT XIII
(1) La Chiana, fleuve de la Toscane, dont le cours est très-lent.
(2) Philosophes anciens qui répandirent des erreurs par leurs fausses doctrines, ainsi que Sabellius et Arius, hérétiques.
CHANT XV
(1) U mon sang ! o grâce surabondante de Dieu ! à qui fut jamais )al ouverte deux fois la porte du ciel, comme à toi !
NOTES
(2) Cacciaguida, trisaïeul de Dante, eut pour frères Moronto et Elisée, et épousa une noble dame de ferrure, d’où vient au poêle le nom d’Aligkieri ; il suivit l'empereur Conrad 111 aux croisades, et mourut pour la foi. Cacciaguida fait une admirable peinture de l'ancienne Florence. — De Hontcmalo, ou Monte Mario, on aperçoit les principaux édifices de Home, comme de l'Uecellatojo ceux de Florence. Les deux montagnes sont placées ici pour les deux villes. — Cianghclla, veuve d’un noble d’imola, vivait en véritable Messaline ; Lapo Sallerello était un jurisconsulte florentin, tracassier, querelleur et médisant.
CHANT XVI
(1) Lancelot du Lac s'enhardit à embrasser Genièvre, après avoir entendu tousser sa suivante.
(2) Le trisaïeul du poëte fait à son descendant l’histoire rapide des principales familles de Florence. En 1091 — car depuis l’incarnation du Verbe jusqu’à la naissance de Cacciaguida s’étaient écoulées cinq cent cinquante-trois révolutions de la planète de Mars, et les années de .Mars sont presque le double des années solaires — en 1091, disons-nous, la capitale de la Toscane comptait à peu pré- .ua'i' /olmillc habitants, mais purs de tout mélange. La maison des an .'très de ;'acciaguida était dans le Sesto, ou quartier de la porte de i>;\ut- Pierre* c’est-à-dire au centre de l’ancienne cité, preuve d’une nobic orgiue. Les Caligai étaient déjà chevaliers. Les Hilli, qui portaient de jnc 'des à la colonne de vair, étaient déjà illustres; et les Chennontesi, honteux que l’un de leur famille eût falsifié la mesure du sel, comme il est ùi. dans le chant XII du Purgatoire, occupaient déjà un rang distingué parmi les citoyens. Les IJberti et les Lamberti étaient l’ornement de Florence. La race des Adimari, téméraire contre ceux qui la fuient, et rampante devant ceux qui lui résistent, commençait à grandir. Déjà florissaient les Pulci, les Nerli, les Gangalandi, les Giandonati, et ceux délia Délia, qui écarlelaient leurs armes avec celles du baron Hugues, vicaire d’Olbon III, et dont on célébrait l’anniversaire chaque année, lo jour de la fête de saint Thomas. Le drame sanglant de Buondelmonte n'avait pas encore porté la désolation dans Florence, et les guelfes n’avaient pas encore adopté l’écu d’argent au lis de gueules.
CHANT XVII
(1) Phaélhon alla trouver sa mère Clymène pour lui demander s’il était en effet fils du soleil. (Ovin. Metainorpli. II.)
(2) Can Grande délia Scala, seigneur de Vérone.
NOTES
CHANT XViII.
(1) Par.ui les âmes des guerriers, Dante aperçoit Josué, Judas Machabée, Charlemagne, Roland, Guillaume de Narbonne, comte d’Ornngc, Richard, Godefroi de Ronillon. duc de Lorraine, et Robert Guiscard, duc de Normandie et conquérant de la Sicile.
(11 Les âmc< des bienheureux composent en lettres mobiles et lumineuses ces parole« de Salomon : ftiligite justifiant qui judicatis terrain, aimez la justice, vous qui jugez la terre. Il n’y a qu’à mettre en bois ccs lettres, et l’imprimerie est trouvée.
(3) Les désiré du pape [étaient tournés vers saint Jean-Baptiste, c’est-à-dire vers les florins d’or frappés à l’effigie du saint précurseur.
CHANT XIX
(1 1 Le pc: 1 les turpitudes des rois chrétiens de son temps.
Albert, r ^Autriche, envahissait la Bohême. Philippe le Bel
battait ' + t.' maie après la défaite de Courlray. Edouard d’Angle-
terre t Ii‘> d’Ecosse se déchiraient par une guerre sanelanle. Alphon«e, .-or i e.spagne, et Venreslas, roi de Bohême, vivaient dans la luv"'« et dans l’oisiveté. Charles II, le Boiteux, roi de Pouille et de J tu- . pour une bonne qualité avait mille vices. Frédéric d’Ara- "o:i le Sicile, était lâche et avare, tandis que ses deux oncles, le ne Majorque et de Minorque, et le roi d’Aragon, déshonoraient leurs couronnes. Enfin, Henri II, roi de Chypre, les surpassait tous en ! h iiclé et en infamie.
CHANT XX
(1) La prunelle de l’Aigle est formée par David, et le sourcil par Trajan, Ezéclras, Constantin, Guillaume II, roi de Sicile, et Riphée, le Troyen,
justissinnis unus
Qui fuit in Toucri', et servanti-simus rcqui.
Virg., Æn. II.
CHANT XXI
(1) Saint Pierre Damien, ermite de Catria, dans le duché d'Urhin, fut élevé à la dignité de cardinal, malgré sou humble refus.
CHANT XXII
(I) Saint Benoît, abbé et fondateur du monastère du Mont-Cassiu, signale à Dante, parmi ses disciples, saint Macaire d’Alexandrie, et saint Romuald de Ravenne.
NOTES
CHANT XXIII
(1) Reine du ciel. »
CHANT XXIY.
(1) Saint Jean, plus jeune que saint Pierre, arriva le premier devant le tombeau du Christ, mais le voyant ouvert, il n'osa pas y entrer ; saint Pierre laissa son compagnon sur le seuil, et y entra sans s’arrêter.
(1) Ceci se rapporte à PUnité et à la Trinité de Dieu.
CHANT XXV
(1) Dante suit l’opinion qui attribuait l’cpître qu’il cite à saint Jacques de Galice, mort dans la ville de Compostellc, en Espagne.
Utrius Jacobi ait , an filii Zebedæi, an filii Alphæi, dubilalur a non paucis. [Prsefat. in Epist. beat. Jacob, apost.)
(2) Les Pères appliquent aux apôtres ces paroles des Psaumes :
Fundamenta ejus in monlibus .tandis, hevavi ocuïos meos in
montes.
(3) Qu’ils espèrent en toi, etc.
Sperentin te. qui noverunl nomen luum. [Ps. ix.)
(4) Iste est Joannes evangelista, qui in cœna Domini, supra peclus Jesu Christi recubuit, eut Christus in ernee pendent matreni suant virginem virgini commendavit.
CHANT XXVI
(1) La main d’Annnias rendit la vue à saint Paul.
(2) Platon dit que l’amour est le premier de tous les dieux.
CHANT XXVII
(1) Clément V était de la Gascogne, et Jean XXII de Cahors.
(2) Le mois de janvier peut tomber dans le printemps, parce que l’année civile ne correspond pas exactement à l’année solaire. L’année sc compose de 3C5 jours et 6 heures, moins 11 minutes environ. Le jour de plus qu’on compte dans l’année bissextile, tous les quatre ans, est composé de la totalité de l’excédant des ti heures; mais, comme il manque à cette addition environ 4i minutes, si minime que soit cette fraction, elle s'était amassée pendant si longtemps, qu’à la fin du seixième siècle les équinoxes étaient avancés de 10 jours, Grégoire XIII,
NOTES
par une Uulle du 24 février 1582, retrancha ces 10 jours de trop, et décida que le 5 octobre suivant serait compté pour le 15 du même mois; et, pour qu'un tel inconvénient ne se renouvelât plus à l’avenir, il fut décidé de supprimer trois bissextes dans le cours de 400 ans. C’est pourquoi les années 1700 et 180H ne furent pas bissextiles, et l’année 1000 ne le sera pas encore; mais l'année 2000 le sera, et ainsi de suite.
CHANT XXYIll.
vl) Saint Denis, disciple de saint Paul, décrit le ciel comme Dante; Grégoire le Grand, dans son homélie XXIV, le distingue autrement.
CHANT XXIX
(1) Dieu ayant créé le monde hors du temps, il n’y avait par conséquent ni avant ni après au moment de la création.
2) L’opinion de saint Jérôme, d’Origénc, de Basile et de quelques autres Pères, sur la création des anges, est réfutée par saint Thomas.
(3) Lapi et Bindi, noms très-communs à Florence. Le premier est l’abréviation de Jacques. «
CHANT XXX
(1) Henri VII, empereur, que le proscrit gibelin regardait comme le libérateur de l’Italie.
CHANT XXX!
(1) Saint Bernard, abbé de Clairvaux, la grande merveille du douzième siècle.
(2) Le sudarium conservé dans l’église de Saint-Pierre.
CHANT XXXII
(1) Ituth, épouse de Booz, bisaïeul de David.
(2) Ésaü et Jacob.
Gemini in utere ejus ( Rebecae) reperti su ut ; qui prier egressus est ru fus erat, et lotus in morem pellis hispidus ;... protinus aller, egrediens , plantain fratris tenebat manu.
(3) Je vous salue, Marie, pleine de grâce. i) Saint Jean l’évangéliste et Moïse.
CHANT XXXIII
(1) Depuis l’entreprise des Argonautes jusqu’à l’époque oi'i Dante
NOTES
écrivait son poème, il s’était écoulé vingt-cinq siècles : par une de ces mystérieuses fantaisies du moyen âge, le poêle profile d’Une comparaison pour graver au dernier chant la date de son œuvre immortelle.