‹ La Divine comédie de DanteChapitre 26 sur 77 · CHANT SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHANT SEPTIEME

Hosanna sanctus Deus Sabaoth Superillustrans claritate tua Felices ignés korum malahoth *.

Ainsi, se retournant et reprenant sa gamme,

Se remit à chanter cette glorieuse âme

Sur qui doubles rayons semblaient tomber d'en haut *.

Et de tous les esprits recommença la danse, Et soudain à mes yeux les cacha la distance. Comme des feux follets prompts à s'évanouir.

Un doute m'agitait : « Parle, parle sans crainte. Me disais-je à part moi, parle à ta Dame sainte; Qu'une douce rosée étanche ton dé§ir ! »

Mais ce trouble qui prend mon âme tout entière Rien qu'à balbutier le nom de qui m'est chère ', Comme un homme assoupi faisait mon front pencher.

De cet état bientôt Béatrice me tire

Et dit, m'illuminant tout à coup d'un sourire

A rendre un homme heureux môme sur son bûcher :

« Je vois, car rien ne peut tromper ma clairvoyance. Que tu songes comment une juste vengeance 'Fut vengée à son tour et le fut justement.

Ma io ti solvcW) tosto la mente :

E tu ascolta, cho le mie parole 1 ^'•\

> Di gran senloiizia ti faràn présente. ^ 1 -f

Per non soffrire alla virtù che vuole

Freno a suo prode, quelF nom che non nacque 1 '^^

Dannandô se, dann6 tutta sua proie : | ^

Onde r umana specie inferma giacque Giù per secoli molti in grande errore, Fin cil' al Verbo Dio di scender piacque.

I" la nalura, che dal suo Fattore

S' era allungata, unio a se in persona,

Ton l'alto sol del suo eterno Amore.

Or drizza '1 viso a quel che si ragiona. Quesla nalura al suo Fattore unita, Quai fu creata, fu sincera e buona :

Ma per se stessa pur fu ella sbandita Di Paradiso, perrochô si torse Da \ia di verilà e da sua vita.

I.a pena dunque, che la Croce porse, S' alla nalura assunta si mîsura, Nulla giammai si giustamente morse :

E cosi nulla fu di tanta ingiura, Guardando alla Persona, che sofTerse, lu che era contratta tal natura.

Perô d' un atto uscir cose diverse :

Ch' a Dio, ed a' Giudei piacque una morte :

Per lei trem6 la terra, e '1 Ciel s'aperse.

ÇHANÏ VII. 89

Je vais te délivrer du doute qui t'affole : Mais écoute-moi bien, car ici ma parole De grandes vérités va te faire présent.

Pour avoir rejeté la bride salutaire

Mise à sa volonté, l'homme créé sans mère

Avec toute sa race à jamais se perdit.

Plusieurs siècles, souffrant du péché qu'elle traîne, Dans un gouffre d'erreur languit l'espèce humaine, Jusqu'au jour où de Dieu le Verbe descendit.

11 s'unit en personne alors à la nature

Que de son Créateur éloignait sa souillure,

Par un acte émané de son suprême Amour.

Or fais attention comme ici je raisonne. Cette nature humaine unie à sa personne. Il l'avait faite pure et bonne au premier jour.

Mais elle se bannit soi-même, infortunée, Du divin Paradis, pour s'être détournée Du chemin de la vie et de la vérité.

Donc la croix de Jésus, en mesurant la peirie Au tort qu'il empruntait de la nature humaine Do tous les châtiments fut le plus mérité.

Mais jamais il ne fut aussi grande injustice. Si l'on veut regarder qui souffrit ce supplice Et quel être enfermait cette nature-là.

Ainsi divers effets par une même voie.

La môme mort des Juifs et de Dieu fît la joie,

E le Ciel fut ouvert, quand la terre trembla.

Non ti dee oramai parer più forte, Uuando si dice, chc giusta vendetta Poscia vengiata fu da giusta corte.

Ma io veggi' or la tua mente ristretta

Di pensiero in pensier dentro ad un nodo,

Del quai con gran disio solver s' aspetta.

Tu dici : Ben discemo ci6, ch' io odo : Ma perché Dio volesse, m* è occulto, A nostra rcdenzion pur questo modo.

Questo decreto, frate, sta sepulto Agli occhi di ciascuno, il cui ingegno Nella fiamma d' amor non è adulto.

Veramente, perô ch* a questo segno Molto si mira, e poco si discerne, Dirô perché tal modo fu più degno.

La divina Bontà, che da se sperne Ogni livore, ardendo in se sfavilla, Si, che dispiega le bellezze eterne.

(Uô che da lei senza mezzo distilla , Non ha poi fine, perché non si muove La sua impronta, quand' ella sigilla.

Ci6 che da essa senza mezzo piove, Libero é tu tto, perché non soggiace Allavirtute délie cose nuove.

Più r è conforme, e perô più le piace : (]hé r ardor santo, ch' ogni cosa raggia, Nella più simigliante è più vivace.

C'est dès lors chose aisée à ton intelligence De comprendre comment une juste vengeance Dut subir à son tour une expiation.

Mais je vois ta raison, de pensée en pensée, En un doute nouveau tomber embarrassée, Tu brûlesd'en avoir une solution.

Je comprends bien, dis-tu, ce que je viens d'entendre; Mais je ne vois pas bien pourquoi Dieu voulut prendre Ce moyen de rachat afin de nous sauver.

C'est un décret profond qui se cache, ô mon frère ! Aux yeux de qui n'a pas encor, loin de la terre, Dans la flamme d'amour pu croître et s'élever ;

Un mystère où beaucoup Von s'évertue à lire Sans beaucoup y voir clair. Au vrai, je vais te dire l^ourquoi ce mode fut le plus digne de Dieu.

La divine Bonté, qui repousse loin d'elle Ce qui n'est pas amour, en brûlant étincelle Et sème ses trésors inmiortels en tout lieu.

Ce qui directement émane d'elle-même Dure éternellement. Car son cachet suprême, Où qu'il se grave, reste, et pour l'éternité.

Ce qui d'elle jaillit sans intermédiaires. Soustrait à l'action des causes secondaires. Se meut dans une entière et pleine liberté,

Et lui ressemble mieux, pour ce, doit mieux lui plaire; Car l'amour créateur, qui toute chose éclaire. Est plus vif dans ce qui lui ressemble le plus. ^

9i CANTO VII.

l)i tutte qucste cose s' a^Tantaggia L' umana creatura, e s' una manca, Di sua nobilità convien che caggia.

Solo il peccato ô quel che la disfranca, E falla dissîmile al Sommo Bene, Perché del lume suo poco s' imbianca,

Ëd in sua dignità mai non riviene, Se non rïempie dove colpa vola, Contra mal dilettar cou giusle pêne.

Vosf ra natura quando peccô tota Ncl semé suo, da queste dignitadi, Cjomc di Paradiso fu remota :

Ne ricovrar poteasi, se tu badi Ben sotlilmente, per alcuna Aia, Senza passar per un di questi guadi :

0 che Dio solo, per sua cortesia, Dimesso avesse, o che ï uom per sô isso A V esse soddisfatto a sua follia.

Ficcamo 1' occhio perentro 1' abisso Dell' eterno consiglio, quanto puoi Al mio parlar distreltamente fîsso.

Non potea V uomo ne' termini suoi Mai soddisfar, per non potere ir giuso Con umiltate, obbedïendo poi,

Quanto disubbidendo intese ir suso :

E questa ô la ragion, perchô 1' uom fue Da poter soddisfar, per se dischiuso.

I^'étre humain réunit tous ces dons en partage *; Et que d'un seul d'entre eux il perde l'avantage, Il déchoit ; de son rang lui-mOme s'est exclus.

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