I.e péché l'asservit en le rendant coupable
Le péché seul le rend au Vrai Bien dissemblable,
En éteignant en lui ses plus lumineux traits.
Dès lors il ne peut plus jusqu'à son rang sublime Remonter, qu'en comblant le gouffre ouvert du crime, Opposant une peine à ses plaisirs mauvais.
Or, quand l'humanité se fut toute souillée En son germe, elle fut à la fois dépouillée Kt de son Paradis et de ces nobles biens,
Sans pouvoir désormais recouvrer cette joie,
Si tu veux y songer, et par aucune voie,
A moins que d'employer l'un de ces deux moyens :
11 fallait ou que Dieu, par sa grâce suprême, Remît la faute, ou bien que l'homme par lui-môme Satisfit la justice et payât son péché.
Pour plonger à présent tes yeux jusqu'en l'abîme Où se cache de Dieu la sagesse sublime, Heste attentivement à ma voix attaché.
Être limité, l'homme à sa dette terrible Se pouvait satisfaire : il n'était pas possible Qu'il s'abaissât autant par sa soumission,
Qu'il voulait se grandir par désobéissance; Kt ce fut la raison de l'humaine impuissance A donner au péché son expiation.
Dunquc a Dio convenia con le vie sue Riparar 1' uomo a sua iutera vita, Dico con r una, o ver con ambedue.
Ma, perché V opra tanto ô più gradita Dell' opérante, quanto più appresenta Délia bontà del cuore, ond' è uscita ;
La divina Bontà, che'l mondo imprenta, Di procéder per tutte le sue vie A rilevarvi suso fu contenta :
Ne tra 1' ultima notte, e '1 primo die
Si alto e si magnifico processo,
0 per r una, o per V allro fue, o fie.
Che più largho fu Dio a dar se stesso. In far V nom sufficiente a rilevarsi : Che s' egli avesse sol da se dimesso.
E tutti gli altri modi erano scarsi Alla giustizia, se '1 Figliuol di Dio Non fosse umiliato ad incarnarsi.
Or, per empierti bene ogni disio, Ritorno a dichiarare in alcun loco.
Perché tu veggi li cosî, com' io.
Tu dici : ïo veggio 1' aère, io veggio 1 foco, L' acqua, e la terra, e tutte lor misture Venire a orruzione, e durar poco :
E queste cose pur fur créature :
Per che se ciô ch' ho detto, ô stato vero
Esser dovrianda corruzion sicure.
Donc pour restituer l'homme en ses pures joies, 11 ne fallait rien moins que les divines voies : Ou justice ou clémence, ou bien toutes les deux *.
Mais l'œuvre étant d'autant plus chère à qui l'a faite Qu'elle reproduit mieux une image parfaite Du cœur dont elle émane et le reflète mieux,
La divine Bonté, qui s'empreint sur le monde, Daignant vous relever de la chute profonde^ Se plut à procéder par les deux à la fois.
Depuis le premier jour jusqu'à la nuit dernière. Rien ne fut, et jamais rien ne sera, mon frère, Fait d'aussi grand par l'une ou l'autre de ces lois.
Dieu fut plus généreux en se donnant lui-môme Pour que l'homme suffît à purger l'anathème. Que s'il eût seulement daigné lui pardonner.
Et de tout autre mode eût souffert la justice. Le Fils de Dieu devait, s'ofifrant en sacrifice. S'humilier pour vous jusques à s'incarner.
Mais afin qu'il ne reste en ton âme aucun doute, Pour t'éclaircir un point, je reviens sur ma route. Je veux qu'à ton esprit tout soit clair comme à moi.
Tu te dis : Je vois l'air, le feu, l'onde et la terre, Et tous leurs composés; et chacun d'eux s'altère, De la corruption tous subissent la loi.
Ces choses sont pourtant de Dieu les créatures. Et de corruption devraient demeurer pures. Si ce que je t'ai dit était la vérité •.
Gli Angeli, frate, e '1 paese sincero, Nel quai tu se', dir si posson creati, SI corne sono in loro essere intero :
Ma gli démenti, che tu bai nomati, E quelle cose, che dir lor si fanno, Da creata virtù sono informati.
i^reata fu la materia, ch* egli hanno :
Creata fu la Airtù informante
In queste stelle, ch' intorno a lor vanno.
1/ anima d' ogni bruto, e délie plante Di complession potenzïata tira Lo raggio e '1 moto délie luci santé.
Ma nostra vita senza mezzo spira La somma benignanza e V innamora Di sô, si che poi sempre la disira.
E quinci puoi argomentare ancora Vostra resurrezion, si tu ripensi Come r umana carne fessi allora,
Che li primi parenti inlrambo fensi.
CUANT VII. 97
:e qu'on peut appeler créés, ce sont les Anges, Mon frère, et ces pays du Ciel, purs, sans mélanges. Demeurés comme ils sont, dans leur intégrité.
Mais les quatre éléments, ainsi que chaque chose Qui de ces éléments combinés se compose, D'une cause médiate ils ont été formés ^.
Dieu créa seulement leur matière native, Oéant en mtime temps la force informative Dans ces astres divers autour d'eux allumés.
L'âme des végétaux, comme l'âme des bétes, Naît potentiellement au feu de ces planètes, Leur empruntant la vie avec le mouvement.
Mais à nous le Dieu bon nous insuffle notre être Sans intermédiaire, et pour lui nous pénètre D'un amour qui vers lui monte éternellement.
Partant de là, tu peux déduire encor sans peine La résurrection, pour peu qu'il te souvienne Comment l'humaine chair fut faite dans le temps
Où naquirent aajour nos deux premiers parents ®. »
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