‹ La Divine comédie de DanteChapitre 38 sur 77 · CHANT QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHANT QUATORZIÈME

Dans un vase arrondi, le liquide mobile

Du centre au bord et puis du bord au centre oscille,

En dedans, par dehors, tour à tour agité.

Or, il se fit soudain en mon intelligence

Un mouvement pareil, alors qu'eut fait silence

Le glorieux esprit de Thomas, d'un côté

Sa voix venant à moi de Tardente auréole, Et Béatrix prenant après lui la parole Dans le centre du cercle où j'étais arrêté :

« Cet homme-ci, malgré qu'il se taise, et qu'encore Sa pensée où je lis elle-même s'ignore. Voudrait aller au fond d'une autre vérité.

Parlez ! apprenez-lui si la splendeur divine, Et dont votre substance aujourd'hui s'illumine, Doit rester avec vous de toute éternité ;

Et s'il doit vous rester cet éclat, dites comme, Lorsque chacun de vous reprendra son corps d'homme S Vos yeux pourront souffrir une telle clarté. »

Comme on voit s'animer la ronde, quand la joie Au milieu des danseurs plus vive se déploie ; On se presse, oir s'entraîne avec des cris joyeux :

Cosl air orazion pronta e devota Li santi cerchi mostrâr nuoya gioia, Nel torneare, e nella mira nota.

Quai si lamenta, perché qui si muoia, Per viver colassù, non vide quive Lo refrigerio dell' etema ploia.

Qucll' uno e due e tre, che sempre vive, E régna sempre iu tre e due ed uno, Non circonscritto, e tulto circonscrive,

Tre volte era cantato da ciascuno

Di quclli spirti con tal melodia,

Ch' ad ogni merto saria giusto muno :

Ed io udii nella luce più dia

Del minor cercliio una voce modesta,

Forse quai fu deir Angelo a Maria,

Risponder : Quanto fia lunga la festa Di Paradiso, tanto il nostro amore Si raggerà dintorno cotai vesta.

La sua chiarezza seguita 1' ardore, L' ardore la visione, e quella è tanta, Quanta ha di grazia sovra suo valore.

Gome la carne glorïosa e santa Fia rivestita, la nostra persona Più grata fia per esser tuttaquanta :

Per che s' accrescerà ciô che ne dona Di gratuito lume il Sommo Bene ; Lume ch' a lui veder ne condiziona :

S à cette req^uôte empressée et pieuse, plus belle se mit la ronde bienheureuse >iirner, en chantant ses hymnes merveilleux.

i celui qui gémit de ce. qu'il faut qu'on meure -X revivre là-haut dans une autre demeure, La céleste pluie ignore tout le bien !

Être qui vit un, double et triple, et qui dure, - règne en trois, en deux, en un, sur la nature, circonscrivant tout n'est circonscrit par rien,

>is fois il fut chanté par la ronde bénie,

ec une si pure et si douce harmonie

.'il n'est pas de vertu que ne paye un tel prix.

i moindre cercle alors une voix sort, modeste mmc celle de l'Ange à la vierge céleste, voix du plus brillant de ces divins esprits ' :

Page 1