‹ La Divine comédie de DanteChapitre 39 sur 77 · L.a fête au Paradis doit durer éternelle · texte numérisé non relu

L.a fête au Paradis doit durer éternelle

t la voix; notre amour, aussi durable qu'elle,

m manteau de rayons doit rester revêtu.

îclat vientde l'ardeur ; l'ardeur, du bien suprême li consiste à voir Dieu ; cette vision même, la Grâce ajoutée à notre humble vertu.

rsque plus tard la chair, bénie et glorieuse,

^couvrira notre âme alors victorieuse,

>us serons plus complète et partant plus heureux.

r ainsi s'accroîtra ce que l'Être suprême »us donne de clartés gratuites ici même, ur que sa gloire soit accessible à nos yeux.

JH8 CANTO XIV.

Onde la vision crescer conviene,

Cresccr l' ardor, chc di quella s' accende,

Crescer lo raggio, che da esso \1ene.

Ma si corne carbon, che fiança rende, E per vivo candor quella soverchia, SI che la sua parvenza si difende,

(k)sl questo fulgor, che già ne cerchia. Fia vinto in apparenza dalla carne, Che tutto dl la terra ricoperchia :

Nô potrà tanta luce affaticarne, Chè gli organi del corpo saran forti A tutto ciô, che potrà dilettame.

Tanto mi parver subitî ed accorti

E r uno e V altro coro a dicere Amme,

Che beii mostrâr disio de' corpi morti :

Forse non pur per lor, ma per le mamme, Per li padri, e per gli alfri, che fur cari Anzi che fesser sempiterne fiamme.

Ed ecco intorno di chîarezza pari Nascere un lustro sopra quel, che v' era, A guisa d' orizzonte, che rischiari.

E si come al salir di prima sera Comincian per lo Ciel nuove parvenze, Si che la cosa pare e non par vera;

Parvemi 11 novelle sussistenze Cominciare a vedere, e fare un giro Di fuor dair aître due circonferenze.

Alors la vision percera toute brume,

Et l*ardeur grandira que cette vue allume,

Kt grandira l'éclat qui vient de cette ardeur.

Mais comme le charbon d'où la flamme s'élance. Et qu'il surpasse encor par son incandescence, Sous la langue enflammée apparaît sa rougeur :

Ainsi cette splendeur, qui jà nous environne, Laissera transparaître à travers sa couronne Notre corps recouvert de terre en ce moment.

Et nul ne souffrira d'une telle lumière. Les organes du corps tiré de la poussière Seront forts, à l'égal de tout contentement '. »

Un Amen s'échappa de la troupe céleste. Et sa ferveur m'était un gage manifeste Du désir qu'ils avaient de leurs habits charnels :

Non peut-être pour eux tout seuls, mais pour un père. Une mère, et tous ceux qu'ils aimaient sur la terre. Avant de devenir des flambeaux éternels.

Et voici que, brillant d'une égale lumière. Une splendeur parut par delà la première, Ainsi qu'un horizon qui s'éclaire soudain ;

Et comme, quand le soir étend ses premiers voiles. On voit confusément poindre au Ciel les étoiles. Si vagues que d'abord l'œil hésite incertain ;

Telles, de là les deux autres circonférences. Je crus apercevoir de nouvelles substances. Comme elles se mouvant, et tournant tout autour.

190 CAIH'O XI7.

0 vcro sfavillar delSanto Spiro, Corne si fcce subito e candente Agli occhi mici, che vinti nol soffrirol

Ma Béatrice si bella e ridente

Mi si mostr6, che tra V altre yedute

Si Yuol lasciar, che non seguir la mente

Quindi ripreser gli occhi miei virtute

A rilevarsi, e \idimi translato

Sol con mia Donna a più alta sainte.

Ben m' accors' io, ch' i' era più leyato,

Per r aflbcato rîso délia Stella,

Che mi parea più roggio che 1' usato.

Con tutto '1 cuore, e con quella fayella, Ch' ô una in tutti, a Dio feci olocausto, Quai conyeniasi alla grazia novella :

E non cr' anco del mio petto esausto L' ardor del sacrificio, ch' io conobbi Esso litare stato accetto e fausto :

Che con tanto lucore, e tanto robbi

M' appanero splendor dentro a' duo raggi,

Ch' io dîssi : 0 Eliôs, che si gli addobbil

Corne distinta da minori e maggi Lumî biancheggia tra i poli del monde Galassia si, che fa dubbiar ben saggi^

SI costellati facean nel profondo Marte quel raggi il venerabil segno, Che fan giunture di quadranti in tondo.

Rayons du Saint-Esprit ! Lumière étincelante ! Flamme qui m'apparut soudaine et si brûlante Que mon œil put à peine en supporter le jour I

Mais Béatrice alors s'embellit d'un sourire Tel qu'il faut le laisser, ne pouvant le décrire, Parmi les visions que l'esprit n'atteint pas.

En ce souris mes yeux reprirent de la force, Et je vis, les levant à cette douce amorce, Qu'en un cercle plus haut avaient monté aos pas.

De mon ascension j'eus la preuve assurée Au souris enflammé de l'étoile pourprée Dont l'éclat l'emportait sur l'éclat précédent.

Dans cette langue alors qui partout est la môme. Du plus profond du cœur, j'offris au Dieu suprême. Pour sa grâce nouvelle, un holocauste ardent.

Et devant que l'ardeur du pieux sacrifice Eût de mon cœur trop plein épuisé le calice. Je connus qu'il avait été reçu par Dieu.

Entre deux rayons d'or, remplissant l'intervalle, Des splendeurs, où luttaient le rubis et l'opale. M'arrachèrent ce cri : Hélios ! c'est ton feu l

D'un pôle à l'autre, au Ciel, telle sous ses blancs voiles

Galassia portant toutes sortes d'étoiles

Qui donnent à penser aux plus doctes cerveaux * :

Constellés dedans Mars d'une façon semblable. Ces deux rayons formaient le signe vénérable Que font, en se croisant, deux diamètres égaux '.

19t CASTO XIV.

Qui \ince la mcmoria mîa lo ingegno :

Chè 'n quella Croce lampeggiaTa CRISTO; Si cil' io non so trovare esemplo degno.

Ma chi prende sua Croce, e segue GRISTO, Âncor mi scuserà di quel, ch' io lasso, Vedendo in quell' albor balenar CRISTO.

Di como in corno, e Ira la cima e '1 basse,

Si movean lumi, scintillando forte

Nel congiungersi insieme, e nel trapasso.

Cosi si veggion qui diritte e torte, Veloci e tarde, rinnovando yista, Le minuzie de' corpi lunghe e corte,

Muoversi per lo raggio, onde si lista Tal volta V ombra che, per sua difesa, La gente con ingegno ed arte acquista.

E come giga ed arpa in tempra tesa Di molté ('orde, fan dolce tintinno A tal, da cui la nota non è intesa :

Cosi da' lumi, che li m' apparinno, S' accogliea per la Croce una melôde, Che mi rapiva senza intender l' inno.

Ben m' accors' io, ch* ella era d' alte Iode, Perocchè a me venia : Risurgi, e vinci, Com' a Golui, che non intende, ed ode.

Io m' innamorava tanto quinci, Che 'n fino a li non fu alcuna cosa, Che mi legasse con si dolci vinci.

Ici mes souvenirs écrasent mon génie :

Et comment trouverais-je une image assortie ?

Sur ces rayons en croix flamboyait JÉSUS-CHRIST.

Mais celui-là qui prend sa croix et CHRIST pour maître, Quand il verra le CHRIST sur cet arbre apparaître, Celui-là m'absoudra de ne l'avoir décrit.

Mille étoiles, jetant des milliers d'étincelles Lorsqu'elles se joignaient et se croisaient entre elles. Parcouraient en tous sens l'éblouissante croix.

Ainsi légers ou lents, crochus, droits ou difformes. Grands, petits, et changeant et d'aspect et de formes, Les atomes des corps voltigent quelquefois

Au sein d'un long rayon qui, par une fissure, Filtre tout doucement dans une chambre obscure Où l'on se défendait de la chaldlir de l'air;

Et tels la harpe ensemble et le luth font entendre, Touchés à l'unisson, un tin-tin doux et tendre, Sans qu'on distingue bien chaque note de l'air :

De même de ces feux dont l'éclair se marie. S'épanchait sur la croix un flot de mélodie Vague, et qui me plongeait dans le ravissement.

Je compris seulement que c'étaient des louanges A ces mots : Ressuscite et règne , Roi des anges! Que, sans entendre bien, j'ouïs confusément.

Ces rayons, ces accents enchantaient mon oreille Si fort, que jusqu'ici pas une autre merveille Ne m'avait enchaîné par un si doux lien.

194 GANTO XIV.

Forse la mia parola par tropp' osa, Posponendo 1 piacer degli occhi belli, Ne' quai mirando, mio disio ha posa.

Ma chi s* avrede, che i yiyi suggelli D' ogni bellezza più fanno pîù suso, E ch' io non m* era li rivolto a quellî;

Escusar puommi di quel, ch' io m' accuso Per iscusanni, e vedenni dir vero :

Chè 1 piacer santo non è qui dischiuso,

Perché si fa, montando, più sincero.

Mon dire peut sembler téméraire, quand j'ose Mettre ce charme avant le plaisir que me cause L'aspect des deux beaux yeux, mon amour, mon seul bieni

Mais si Ton réfléchit que plus haut on s'élève, Plus chaque sceau vivant de la beauté s'achève, Et que vers les beaux yeux je ne me tournais pas,

On me pardonnera du tort dont je me blâme Afin de m' excuser. Je dis vrai ; de ma Dame Je n'exclus pas ici les célestes appas ;

En montant, eux aussi croissaient à chaque pas.

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