‹ La Divine comédie de DanteChapitre 43 sur 77 · CHANT SEIZIEME · texte numérisé non relu

CHANT SEIZIEME

O noblesse du sang I ô chétif avantage !

Si l'homme est glorieux de t'avoir en partage

Dans ce monde où le cœur languit encor mauvais,

Cet orgueil ne peut plus désormais me surprendre, Puisque moi-même ici je ne pus m'en défendre Au ciel, où nos désirs ne s'égarent jamais.

Tu n'es rien qu'un manteau bien vite hors d'usage, Et, si Ton n'y fait pas chaque jour quelque ouvrage, Le temps, de ses ciseaux, va rognant tout autour.

« Vous, » dis-je, répondant à l'esprit de lumière ; A ce mot vous que Rome employa la première \ Et dont Fus s'est perdu dans le parler du jour,

A quelques pas de nous, Béatrix souriante Sembla m'encourager, comme cette suivante Qui toussait au premier péché de Ginevra *.

a Vous êtes, fis-je donc, le père de ma race ; De parler Ubrement vous me donnez l'audace ; Vous m'élevez plus haut que moi-même ; déjà

L'allégresse entre à flots dans mon cœur et le noie, Et mon âme n'est plus qu'une source de joie Pour ne pas se briser sous ce torrent d'amour.

Ditemi dunque, cara mia primizia,

Quai fur gli vostri antichi, e quai fur gli anni

Che si segnaro in vostra puerizia?

Ditemi dell' ovil di san Giovanni, Quant' era allora, e chi eran le genti Tra esso degne di più alti scanni ?

Come s' awiva allô spirar de' venti Carbone in liamma, cosi vidi quella î.uce Hsplendere a' miei blandimenli :

E come agli occhi miei si fe' più bella, Cosi con voce più dolce e soave, Ma non con questa moderna favella,

Dissemi : Da quel di, che fu detto AVE

Al parto, in che mia madré, ch' è or santa, -

S' alleviô di me, ond' era grave,

Al suo Léon cinquecento cinquanta E tre fiate venue questo fuoco A riniiammarsi sotto la sua planta.

Gli antichi miei ed io nacqui nel loco,

Dove si truova pria 1' ultimo sesto

Da quel, che corre il vostro annual giuoco.

Basti de' miei maggiori udirne questo : Chi ei si furo, e onde venner quivi, Più è tacer, che ragionare, onesto.

Tutti color, ch' a quel tempo eran' ivi Da portar arme tra Marte e '1 Batisla, Erano '1 quinto di quel, che son vivi :

Dites-moi donc, de grâce, ô ma tige chérie l

Quels furent 'vos aïeux au sein de ma patrie,

Et quels ans on marquait quand vous naissiez au jour?

Dites-moi ce qu'était alors, ô mon ancêtre I

Le bercail de Saint- Jean », et faites-moi connaître

Les justes qui siégeaient alors au premier rang? »

Comme un charbon, au vent qui souffle sur sa flamme.

Étincelle et pétille, ainsi la brillante âme

A ces mots caressants jette un éclat plus grand.

Et comme à mes regards elle se fit plus belle, De môme d'une voix plus douce, l'immortelle,^ Dans le parler latin ainsi qu'au temps jadis,

Me répondit : « Du jour où l'archange à Marie Dit : AVE, jusqu'à l'heure où ma mère chérie M'enfanta de son sein et me nomma son fils,

Cinq cent quatre-vingts fois, ayant fourni sa course.

Mars était revenu rallumer à sa source.

Aux pieds de son Lion, ses flambeaux éternels *.

Mes ancêtres et moi reçûmes l'existence Dans le dernier sestier de la vieille Florence, Où le coureur s'arrête en vos jeux annuels *.

Sur mes nobles aïeux que ce mot te suffise ; Car il ne sied pas bien que moi-môme je dise Jusqu'où dans le passé remontait mon berceau.

Le nombre, en ce temps-là, d'hommes bons à la guerre. Entre le pont de Mars et le grand baptistère, Était moindre cinq fois que dans l'âge nouveau.

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Tal Satto ê Horeatîzwy e candiia, e meita. «Jie ^i «arebbe Tolto a Simifootî, Là. doTe andaTa 1' aToIo alla ceica.

Sariesi Mixitemorlo aocor de' Conti :

NLrieoii i Cerchi ael pmer d' Acooe, E forse in VaIdîgiieTe i BoondelmoQti.

Sempre la coofusioa delle persone Prîncipîo fu del mal délia cittade, Corne del corpo il cibo che s' appone.

E cieco toro più aTaccio cade,

Che cieco agnello : e moite Tolle taglia

Più e meglio nna, che le cinque spade.

Se tu riguardi Luni, ed Urbisaglia, Come son ite, e come se ne Tanno Diretro ad esse Chiusi, e Sinigaglia :

S dans ce nombre accru de la fange voisine, hommes de Cerlald, de Campi, de Figgbine, t était pur alors, jusqu'à l'humble artisan.

combien mieux vaudrait avoir hors de vos portes b.ommes que je dis, et leurs viles cohortes, irder vos confins à Galluz et Trespian,

dans vos propres murs humer l'air qu'empoisonne lanant de Signa, le rustre d'Aguiglione, 1 toujours aux aguets pour escroquer autrui.

gent qui le plus dans le monde forligne été pour César une mère bénigne, ieu de se montrer si marâtre pour lui,

s'est fait Florentin et vend, achète, escompte, serait retourné bien vite à Simifonte, on aïeul jadis allait tendant la main.

temurlo serait encore aux anciens comtes, ligrève verrait encor ses Bundelmontes, ne aurait gardé les Cerchi dans son sein.

ramas d'habitants, confusion funeste,

ime l'est dans le corps une masse indigeste,

cités, en tout temps, a creusé le tombeau.

lourd taureau, les yeux privés de la lumière, 5 vite qu'un agneau choit et mord la poussière, seul fer, qui Tignore ? en vaut cinq en faisceau.

arde Urbisaglia, Luni; voisi ces deux villes croulé sous le feu des discordes civiles, omme elles s'en vont Chiusi, Sinigaglia.

Udir, corne le schiatte si disfanno^ Non ti parrà nuova cosa, nô forte^ Poscia che le cittadi termine hanno.

Le vostre cosc tutte hanno lor morte, SI come voi ; ma celasi in alcuna, Che dura molto, e le vite son corte.

E come '1 volger del Ciel délia luna Cuopre ed iscuopre i liti senza posa^ Cosl fa di Fiorenza la fortuna :

Per che non dee parer mirabil cosa Ciô ch' io dirô degli alti Fiorentini, Onde la fama nel tempo è nascosa.

10 vidi gli Lghi, e vidi i Catellini, Filippi, Greci, Ormanni, e Alberichi, Già nel calare, illustri cittadini :

E vidi cosi grandi, come antichi,

Con quel délia Sannella quel deir Arca,

E Soldanieri, e Ardinghi, e Bostichi.

Sovra la porta, che al présente è carca Di nuova fellonia di tanto peso, Che tosto fia giattura délia barca,

Erano i Ravignani, ond* è disceso

11 conte Guido, e qualunque del nome Dell' alto Bellincione ha poscia pr«so.

Quel délia Pressa sapeva già come Regger si vuole, ed avea èaligaio Dorata in casa sua già V elsa e 1 pome.

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Et puisque les cités elles-mêmes s'écroulent, Des familles aussi, dont les gloires s'écoulent, La dissolution point ne t'étonnera.

Toute chose périt, comme vous, sur la terre. Mais comme l'existence humaine est éphémère. Beaucoup meurent dont vous ne voyez point la mort.

Comme la lune va tour à tour et sans trêves Couvrant et découvrant les maritimes grèves. Ainsi s'est exercé sur Florence le sort.

Ne sois donc pas surpris si je te dis la gloire Des anciens Florentins dont l'illustre mémoire Se cache dans la nuit des siècles disparus.

J'ai vu sur leur déclin, mais dans leur noble type. Les Ughi, les Catels, les Greci, les Philippe, Les Ormann, les Albert ; oui tous, je les ai vus.

J'ai vu dans tout l'éclat de leur grandeur antique Les délia Sannella, Soldanieri, Bostique, J'ai vu les Ardinghi, j'ai vu les dell' Arca.

A la porte Saint-Pierre, au temps présent honnie Et surchargée, hélas ! de tant de félonie Que bientôt votre nef sous le poids sombrera,

Étaient les Ravignan qui donnèrent naissance Au comte Guide, et dont plus tard la descendance Prit de Bellincion le nom encor plus beau.

Délia Pressa montrait déjà comme on gouverne; Et de sa noble épée, au temps présent si terne, Galigaio dorait la garde et le pommeau.

aiO CANTO XVI.

Grande era già la Colonna del Vaio, Sacchetti, Gîuochi, Sifanti, e Barucci, E Galli, e quel, ch' arrossan per lo staio.

Lo ceppo, di che nacquero i Calfucci, Era già grande, e già erano tratti Aile curule Sizii, ed Arrigucci.

Oh quali vidi quei che son disfattl Per lor superbia ! e le palle delF oro Fiorian Fiorcnza in tutti suoi gran fatti.

Cosl facean li padri di coloro,

Che, sempre che la voslra chiesa vaca,

Si fanno grassi, stando a consistoro.

L' oltracotata schiatta, che s' îndraca Dietro a chi fugge, e a chi mostra 1 dente, 0 ver la borsa, com' agnel si plaça,

Già venîa su, ma di piccola gente,

Si che non piacque ad Ubertin Dbnato,

Che 4 suocero il facesse lor parente.

Già era 1 Caponsacco nel mercato Disceso giù da Fiesolc, e già era Buon cittadino Giuda, ed Infangato.

lo dirô cosa incredibile e vera :

Nel picciol cerchio s' entrava per porta,

Che si nomava da quei délia Fera.

Ciascuù, che délia bella insegna porta

Del gran Barone, il cui nome, e '1 cui pregio

Le festa di Tommaso riconforta,

La Colonne de Vair * grandissait triomphante Avec les Sacchetti, les Giocchi, les Sifante, Les Baruc, les Galli, les Chiaramonteci '.

Le cep des Calfucci gonflait ses vignes mûres; Aux sièges les plus hauts de nos magistratures Les Sizeï montaient, et les Arriguçci.

Dans quel lustre j'ai vu ceux que leur insolence A perdus aujourd'hui I Nul haut fait à Florence Sans que les Boules d'or eussent part à l'éclat ^;

Et les aïeux aussi de ceux-là dont la gloire Est de bien s'engraisser, siégeant en consistoire. Chaque fois que chez vous vaque l'épiscopat '.

Alors jà surgissait la race outrecuidante,

Dragon contre celui que sa rage épouvante.

Doux agneau pour qui montre ou la bourse ou la dent.

Pourtant elle sortait d'une si pauvre terre, Qu'Ubertin Donato rougit que son beau-père L'alliât par sa sœur à si petite gent *®.

Déjà Caponsacco, descendu de Fiésole, Vivait au Marché- Vieux ; une noble auréole Illustrait les deux noms d'Infangat et Giuda.

Chose étrange et qui fut comme je le rapporte :

Dans l'étroite cité conduisait une porte

Qui se nomjnait d'un nom pris aux délia Fera ".

Tout noble Florentin, qui porte l'armoirie De ce fameux Baron dont le nom et la vie Le jour de saint Thomas se célèbrent encor *',

iiS CANTO XVI.

Da csso ebbe milizia e privilegio; Avregna che col popol si rauni Oggi colui che la fascia col fregio.

Già eran Gualterotti ed Importuni :

E ancor saria Borgo plù quïeto, Se di nuovi vicin fosser digiuni.

La casa, di che nacque il vostro fleto, Per lo giusto disdegno, che v' ha lùorti, E posto fine al voslro viver lieto,

Era onorata essa, e suoi consorti.

0 Buondelmonte, quanto mal fuggistî Le nozze sue per gll altrui conforti!

Molti sarebber lieti, che'son trisli, Se Dio t' avesse conceduto ad Ema La prima yolta, ch' a città venisti.

Ma conveniasî a quella pietra scema, Che guarda *1 ponte, che Fiorenza fesse Vittima nella sua pace postrema.

Con queste genti, e con altre con esse, Vid' io Fiorenza in si fatto riposo, Che non avea cagione, onde piangesse.

Con queste genti vid* io glorïoso,

E giusto '1 popol suo tanto, che '1 gigUo

Non era ad asta mai posto a ritroso,

Ne per division fatto vermiglio.

temps prit de lui son lustre séjulaire, qu'aujourd'hui se range au parti populaire ui sur son blason ajoute un filet d'or.

rot, Importun étaient déjà des nôtres, . paix eût duré dans le bourg des Apôtres à nouveau-venus n'étaient pas arrivés.

Haîson d'où provient toute votre misère,

î vous a fait périr dans sa juste colère,

J* qui vos jours heureux furent vite achevés,

lie était honorée en tout son parentage. ) Buondelmonté I Par quel conseil peu sage \8-tu répudié l'hymen qui s'offrait là *' I

Plus d'un serait joyeux au lieu d'être en souffrance. Si la première fois que tu vins à Florence Dieu t'avait fait présent aux ondes de l'Emma.

Mais, hélas I il fallait qu'à la pierre brisée Sur le Ponte Vecchio **, Florence divisée Offrit un holocauste au terme de sa paix.

Avec ces citoyens et d'autres que j'oublie J'ai MX Florence en paix au sein de l'Italie, Et n'ayant de pleurer encore aucuns sujets.

Avec ces citoyens j'ai vu son peuple juste. Glorieux, vertueux ; alors le lys auguste Sur la hampe à rebours n'était pas outragé,

Ni par les factions en lys rouge changé *'. »

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