‹ La Divine comédie de DanteChapitre 54 sur 77 · CHANT VINGT-DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHANT VINGT-DEUXIEME

Accablé de stupeur je détournai la tête

Du côté de mon Guide : ainsi, l'âme inquiète,

Dans le sein maternel l'enfant cherche un secours.

Béalrix, sur-le-champ, comme une mère tendre A son fils haletant et pâle fait entendre La bienfaisante voix qui le calme toujours,

Me dit : « Sommes-nous pas dans la céleste enceinte ? Et ne sais-tu donc pas, dis, qu'elle est toute sainte Et que ce qui s'y fait vient de bonne vertu ?

Quel bouleversement le chant des voix divines Et mon souris t'auraient causé, tu le devines : Juges-en à ce cri qui t'a si fort ému.

Mais le cri renfermait un vœu juste, et d'avance. Si tu l'avais compris, tu saurais la vengeance Que tu verras encore avant que de mourir.

Le glaive de là-haut frappe à l'heure précise. Il ne met ni retard ni presse, quoi qu'on dise Lorsqu'on attend ses coups avec crainte ou désir.

Tourne-toi maintenant : il te reste à connaître Beaucoup d'esprits fameux que tu vas voir paraître Si tu tournes les yeux du côté que je dis. »

Com' a lei pîacque gli occhi dirizzai, E vidi cento sperule, che 'nsieme Più s' abbellivan con mutui rai.

lo stava come quei, che in se ripreme La punta del disio, e non s' attenta Del dimandar, si del troppo si teme :

E la maggiore, e la più luculenta Di quelle margherite innanzi fessi, Per far di se la mia voglia contenta.

Poi dentro a lei udi' : Se tu vedessi, Com* io, la carità che tra noi arde, Li tuoi concetti sarebbero espressi ;

Ma perché tu aspettando non tarde Air alto fine, io ti farô risposla Pure al pensier, di che si ti riguarde.

Quel monte, a cui Gassino è nella costa, Eu frequentato già in su la cima Dalla gente ingannata, e mal disposta.

Ed io son quel^ che su vi portai prima Lo nome di Colui, che 'n terra addusse La verità, che tanto ci sublima :

E tan ta grazia sovra me rilusse,

Ch' io ritrassi le ville circostanti

Dair empio colto, che '1 mondo sedusse.

Questi altri fuochi, tutti contemplanli, Uomini furo, accesi di quel caldo, Che fa nascere i fiori, e i frutti santi.

Je braquai mes regards comme il plut à ma Dame, Et je vis plus de cent petits globes de flamme, De leurs rayons croisés l'un par l'autre embellis.

Je demeurai muet, comprimant en moi-môme L'aiguillon du désir, et dans un trouble extrême Je ne demandais rien, craignant de trop oser ;

Quand soudain la plus grande et la plus lumineuse De ces perles du Ciel, devant moi radieuse, Pour exaucer mes vœux, accourut se poser :

Puis j'ouïs une voix : « Si tu pouvais connaître L'ardente charité dont le feu nous pénètre, Les désirs de ton cœur, tu les exprimerais.

Mais, pour qu'en hésitant, loin de ton but sublime Tu ne t'attardes pas, à ta pensée intime D'avance je m'en vais répondre tout exprès.

Au haut de la montagne au penchant de laquelle

S'élève Cassino, vivait une séquelle

De païens ignorants, méchants, licencieux.

Le premier je portai dans leur temple adultère Le nom du Dieu qui fît descendre sur la terre La sainte Vérité qui nous élève aux Cieux.

La Grâce luit en moi si vive et si profonde Que de ce culte impie, où se perdait le monde. Je parvins à tirer les cités d'alentour.

Tous ces feux ont été des solitaires, l'âme

A l'extase vouée, embrasés de la flamme

Qui fait naître les fleurs et les fruits saints au jour.

:)00 CANTO WII.

Uui ^ Maccnrio : qui è Romoaldo : Là si

Qui «m H frati miei, che dentro a' chîostri Un

FcrmAr H piodi, c tennero 1 cuor saldo. Va

Ed io a lui : L* alTctto, chc dimostri 1 Eti

Mcco parlando, c la buona scmbianza, | Om

Ch' io veggio, o noto in tutti gli ardor vostri,

Gosl m* ha dilatata mia fidanza, 1 ^

Corne '\ Sol fa la rosa, quando aperta I <^

Tanto divien, quant' eir ha di possanza. | ^

Perô ti prego, e tu, pa^re, m' accerta, S' io posso prender tanta grazia, ch' io - Ti veggia con immagine scoverta.

Ond' egli : Frate, il tuo alto disîo S' adempirà in su V ultima spera, Ove s' adempion tutti gli altri, e '1 mio.

Ivi è perfetta, matura ed intera Ciascuna disianza : in quella sola È ogni parte là dove sempr' era :

Perché non ô in luogo, e non s' impola : E nostra scala infino ad essa varca':

Onde cosi dal viso ti s' invola.

Infin lassù la vide il Patriarca Jacob isporger la superna parte, Quando gli apparve d' Angeli si carca.

Ma per salirla mo nessun diparte Da terra i piedi : e la rcgola mia Rimasa ô giù per danno délie carte.

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t tient Romuald ; à côté c'est Macaire ;

Lcs frères de cloître et dont le sanctuaire

as gardé les pieds seulement, mais les cœurs. »

oi je répondis : «La tendre complaisance ion parler témoigne, et cette bienveillance i e vois et remarque en toutes vos splendeurs,

nié mon âme, à présent rassurée,

lae fait le Soleil de la rose pourprée,

id dans tout son écjat son calice est ouvert.

pourquoi, je t'en prie, ô père ! à ma demande . peux accorder une grâce aussi grande, je te voie un peu visage découvert ! »

)rit me répondit : « Ton vif désir, mon frère, luccra là-haut dans la dernière sphère eront exaucés tous autres et le mien.

[ue espérance là s'achève satisfaite, ette sphère seule immuable et parfaite demeure en sa place et ne s'y change rien,

îlle, elle n'est pas dans un lieu, sur des pôles, lonte notre échelle, ô frère, où tu t*épaules ; ce dans les hauteurs elle échappe à tes yeux.

lie là-haut la vit Jacob, le patriarche, îr son faite altier à sa dernière marche,

jue d'anges chargée il la vit dans les Cieux.

pour l'escalader, plus personne à la terre arrache à présent ; là-bas ma règle austère èse qu'au papier qu'elle noircit en vain.

Le mura, che soleano esser badia, Fattc sono spelonche, e le cocolle Sacca son picne di farina ria.

Ma grave usura tanto non si toile

Contra '1 piacer di Dio quanto quel frutto,

Che fa il cuor de' monaci si folle.

Chè quantunquela Chiesa guarda, tutto É délia gente, che per Dio dimanda, Non di parente, ne d' altro più brutto.

La came de' mortali è tanto blanda, Che giù non basta buon cominciamento, Dal nascer délia quercia al far la ghianda.

Pier cominciô senz' oro e senza argento,

Ed io con orazione e con digiuno,

E Francesco umilmente il suo convento.

E se guardi al principio di ciascuno, Poscia riguardi là, dov' è trascorso, Tu vederai del bianco fatto bruno.

Veramente Giordan vôlto retrorso

Più fu, e il mar fuggir, quando Dio volse,

Mirabile a veder, che qui il soccorso.

Cosi mi disse : ed indi si ricolse

Al suo collegio, e '1 collegio si strinse :

Poi come turbo in su tutto s' accolse.

La dolce Donna dietro a lor mi pînse Con un sol cenno su per quella scala, Si sua virtù la mia natura vin se :

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.es murs qui recouvraient les cloîtres solitaires

îe sont plus aujourd'hui que d'horribles repaires,

It les frocs, des sacs pleins de cendre au lieu de grain.

/usure, péché grave, est beaucoup moins coupable loutre les lois de Dieu que ce lucre damnable lui perd le cœur du moine affolé pour de l'or.

!ar tout ce que l'Église épargne est une offrande lue à la pauvre gent, et qui pour Dieu demande, fon un bien dp famille ou d'emploi pire encor.

a chair mortelle, au mal, sur la terre est si tendre, lue du meilleur début on n'y peut rien attendre. e chêne n'y tient pas jusqu'au gland bien souvent.

ans or et sans argent avait commencé Pierre,

:t moi, c'était avec le jeûne et la prière,

;t François était humble en fondant son couvent.

''ois ce que notre règle était à d'origine ]t ce que l'on a fait de cette discipline, ^t tu pourras juger si le blanc a noirci.

)e vrai, quand le Jourdain, rebroussant en arrière, 'ait la mer à la voix du maître du tonnerre, iC miracle fut grand plus qu'un secours ici i î »

dnsi dit l'âme, et puis vers la troupe sacrée .'en retourne ; et la troupe alors s'étant serrée »rend son vol tout entière ainsi qu'un tourbillon.

l ne fallut qu'un signe à ma Dame immortelle *our me faire monter aussi sur cette échelle ; e me faisais esprit sous son saint aiguillon.

Nc^ mai quaggîù, dove si monta e cala,

Naturalmente fu si ratto moto,

Ch' agguagliar si potcsse alla mia ala.

S' io torni mai, lettore, a quel devoto Trionfo, per lo qualc io piango spesso Le mie peccata, e *1 petto mi percuoto,

Tu non a\Testi in tanto tratto e messo Nel fuoco il dito, in quanto io yidi 1 segno Chc scgue '1 Tauro, e fui dentro da esso.

0 gloriose stelle, o lume pregno Di gran \1rtù, dal quale io riconosco Tutto (quai che si sia) il mîo ingegno,

Con voi nasceva, e s' ascondeva vosco Quegli, ch' ô padre d' ogni mortal vita, Uuand' io sentii da prima V aer Tosco :

E poi, quando mi fu grazia largita D' entrap nell' alta ruota, che vi gira, La vostra région mi fu sortita.

A voi divotamente ora sospira

L' anima mia, per acquistar yirtute

Al passo forte, che a se la tira.

Tu se' si presso ail' ultîma salute, Cominci6 Béatrice, che tu dei Aver le luci tue chiare e acute.

E perô, prima che tu più t' inlei, Rimira in giuso, e vedi quanto mondo Sotto li piedi già esser ti féi :

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Et jamais ici-bas, qu'on descende ou qu'on monte, On ne vit, sans miracle, une course si prompte Qu'elle pût s'égaler à mon essor divin.

Que plus je ne remonte, ô lecteur ! à l'ivresse De ce pieux triomphe, et pour lequel sans cesse Je pleure mes péchés en me frappant le sein.

S'il n'est vrai qu'en. le temps de mettre et de soustraire

Le doigt au feu, je vis le signe planétaire

Que le Taureau précède, et soudain fus dedans * !

O constellation glorieuse \ 6 lumière Qu'imprègne une vertu puissante, à qui sur terre Je dois tous mes talents, humbles ou transcendants !

Vous serviez de cortège en sa course féconde Au père de la vie, au grand flambeau du monde. Quand la première fois j'aspirai l'air toscan.

Et puis, lorsque j'entrai, par une sainte grâce. Dans cet orbe élevé qui vous porte en l'espace. En votre région m'entraîna mon élan.

Vers vous dévotement ores mon cœur soupire, Pour qu'au passage ardu qui devers lui m'attire, J'obtienncencor de \ous suffisante vertu.

« Te voilà désormais bien près, dit Béatrice, Du suprême salut, de ton dernier délice ; Ton œil est sûrement plus clair et plus aigu.

Avant de t'immerger dans les divines ondes, Regarde donc en bas, et vois combien de mondes Je t'ai fait, sous tes pieds, laisser dès à présent ;

S4i( CA3IT0 XXTI.

:â cte 1 ftM» anr, f—ntiiuqne pa6, gioGondo, ST ^pmmtî alU IutIm trioalante^ Che lîela lîen per qoesto eterm tondo.

Col Tîso ritormi per tntte quante

Le sette fpere, e Tidi qaoito globo

TaL ch* io sorriâ del soo tU sembiante :

E quel coQsigUo per miglîore amirôbo, Che r ha per ineno : e chi ad altro pensa, Chiamar si puote veramente probo.

\ldi la figlia di Latooa incensa

Senza quell' ombra, che mi fa cagione.

Perche già la credetti rara e densa.

L' aspetto del tuo nato, Iperione, Uui^i sostenniy e vidi com' si muo^c Circa, e yicino a lui Maia e Dione.

Uuindi m' appanre il temperar di Giove

Tra 1 padre e *1 figlio : e quindi mi fu chiaro

Il variar, che fanno di lor dove :

E tutti e sette mi si dimostraro

Uuanto son grandi, e quanto son veloci,

E corne sono in distante riparo.

L' aiuola, che ci fa tanto feroci, Volgendom' io con gli etemi Gemelli, Tutta m' apparve da* colli aile foci :

Poscia rivolsi gli occhi agli occhi belli.

Afin que ton cœur s'ouvre avec pleine allégresse Au peuple triomphal qui devers toi s'empresse Et s'avance joyeux dans ce globe luisant ! »

De sphère en sphère alors, de la hauteur sublime Bfon regard descendit : je vis ce monde infime; A son chétif aspect je souris de pitié.

Juge bien celui qui le juge peu de chose ; Et celui dont plus haut l'espérance repose, On peut le proclamer, n'est point sage à moitié.

Je vis briller d'en haut la fille de Latone, Idais ell^ n'avait plus l'ombre qui nous étonne Et que pour un côté plus dense j'avais pris.

Là, du soleil, ton fils, je soutins la lumière, Hypérion ! Je vis fournissant leur carrière Autour et près de lui Mercure avec Cypris ^,

Entre Saturne et Mars, Jupiter qui tempère Les ardeurs de son fils, les glaces de son père, Et les variations que suit leur mouvement.

Les sept orbes du Ciel s'offraient tous à ma vue. J'en mesurais l'essor ainsi que l'étendue. Et je voyais leur place et leur éloignement.

Les Gémeaux m'entraînant dans leur cours, tout entière

Des montagnes aux mers je vis enfin la terre.

Cet humble nid dont l'homme est si fort orgueilleux :

El puis je relevai vers les beaux yeux mes yeux.

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