‹ La divine comédie traduite et commentéeChapitre 201 sur 314 · Les beaux yeux de Béatrice (Enf · texte numérisé non relu

Les beaux yeux de Béatrice (Enf

20. La couronne symbolise la conduite politique ou séculière; la mitre, le gouvernement religieux ou spirituel (E). Ces belles paroles sont les dernières que prononce Virgile, car son rûle actif cesse ici; il naccompagne plus Dante que pour le conduire jusqu'à Béatrice, et encore devient-il le subordonné de Stace, celui-ci ayant reçu les lumières du baptème, ainsi qu'on l'a vu au chant XXV, 28-36. Virgile disparaîtra en face de Béatrice, chant XXX, 48.

LE PurGAToIRE XXVII 399

et le laissa sur le chemin. Pyrame l'ayant trouvé, crut sa maïtresse morte et vint se tuer au lieu du rendez-vous où Thishé n'était pas encore arrivée : elle ne le rejoignit que pour recueillir son dernier regard, et se tua sur son corps. Depuis ce malheur, le mûrier, teint du sang de ces deux amants, produisit des fruits vermeils, et non plus blancs comme auparavant. (Ovide, Mét., IV, 2. Cf. XXXIII, 69.)

In such a night Did Thisbe fearfully o'ertrip the dew, And saw the lion's shadow ere himself, And ran dismay'd away.

Shakespeare, Merch. of Ven. V, I, 6-9.

(c) Lia, fille de Laban, première femme de Jacob, et Rachel sa sœur, seconde femme de Jacob. II a déjà été question de celle-ci aux chants II (v. 102) et IV (v. 60) de l'Enfer, et nous la retrouverons au chant XXXII du Paradis, v. 4.

(D) Dans les seize vers magnifiques qui terminent ce chant, Virgile prononce le dernier mot de la science humaine qu'il personnifie, et résume son rôle passé et l'état où il a conduit Dante. Celui-ci, libre désormais, est apte à recevoir la lumière divine que Béatrice — la Théologie — va lui expliquer, et la Foi lui révéler et confirmer : ubi ratio deficit, fides supplet (Décret).

(£) Ecclesia in signum temporalium dedit coronam, et in signum spiritualium contulit mitram.

CHANT XXVII

Le Paradis Terrestre.

je

ARGUMENT. — Entrée au Paradis Terrestre avec Virgile et Stace. — Le Léthé et l’Eunoé. — Mathilde. — Explications sur ce Paradis.

Comme j'avais hâte de visiter la forêt divine, pleine de verdure et de fleurs, je quittai aussitôt l'escalier et m’engageai dans cette campagne où d'épais ombrages tempéraient l'éclat du jour nouveau.

Lentement, lentement j'avançais, respirant mille doux parfums de toutes parts exhalés.

Une brise légère, égale et douce, me caressait délicatement le front,

et, sans secousse, inclinait toute la ramure vers le côté où l'ombre matinale est projetée sur la montagne sainte ‘; mais ce mouvement était trop moelleux pour interrompre le chant délicieux d'oiselets perchés à la cime des arbres.

Saluant joyeusement la naissante Aurore, leur voix était accompagnée en bourdon par le murmure du feuillage,

courant de branche en branche, comme à Chiassi, lorsque Eole envoie le sirocco souffler à travers la forêt de pins ?.

Malgré la lenteur de mes pas, j'avais déjà pénétré si avant dans l'antique forèt que je n'aurais pu retrouver le chemin qui m'y avait conduit 3.

Et voici que je suis arrêté par un ruisseau dont les petites ondes coulent vers la gauche, et font pencher les herbes de ses rives.

Si claire est leur transparence que les eaux les plus pures de la Terre sembleraient fangeuses à côté de celles-là, car elles ne

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