CHAPITRE XXXVir
Ce chapitre parle des apôtres chargés d'annoncer au monde b religion du Christ. Il remonte ensuite aux patriarches et
ai4 LA DIVINITÉ
raconte leur saccession en les nommant par leur nom, comme
héritiers de la promesse.
An 632. — Sophrone , évéque de Jérusalem.
On a de cet évêque une Lettre synodale^ imprimée. en grande partie dans les annales de Baronins , mais senlaoMBt en latin. On y lit : « Emmanuel étant un et le même , Diea et homme dans les deux natures , il a fait , comme Dieu, kl œuvres qui n^appartiennent qu*à Dieu , et , comme homiM^ celles qui appartiennent à la nature humaine* €e n*est pn un autre qui a fait les miracles et un autre qui a souffert,
c*est le même Jésus-Christ Le Verhe opère ce qui est di
Verbe, avec la participation du corps, et la chair exécute ee qui est de la chair, avec la participation du Verbe.... G^ao« teur met au nombre des opérations divines de JTésus-Oirisk sa conception miraculeuse et immaculée, la manière miraeukuse dont les bergers et les mages connurent le lieu de sa naissance, le changement de Teau en vin, la guérison des malades , etc. Ce père distingue ensuite dans Jésus-Christ des opérations d'un moyen ordre, c'est-à-dire, qui ont en même temps quelque chose de divin et d'humain (Id., p. 880. ) ; il les nomme théandriques ou deiviriies , suivant le langage de saint Denis l'aréopagite. »
Saint Isidore, évêque de Sévilky et docteur de V Eglise»
Parmi les nombreux écrits de ce savant évêque, dont l'on des principaux est son Livre des origines, se trouvent deux livres adressés à Florentine, sa sœur. Dans le premier, il relate tout ce qui se trouve dans l'Ëcriture, qui a rapport à la Divinité de Jésus-Christ, à son incarnation , à sa passion, sa mort et sa résurrection ; il joint à ces autorités des raisonnements d^une grande force, pour convaincre les Juifs que tout
ce qui a été prédit da Messie dans les livres qu'ils reconnaisnnt comme divins , a été accompli en Jésas-Clirist (Id.^ liv. contre les Juifis, p. 543.), Il faiC voir^ dans le second livre, par le témoignage des mêmes Ecritures , que les Juifs, qui Ment autrefois le peuple chéri de Dieu , ont été réprouvés , cause de leurs crimes ; et que les Gentils , qui étaient pour la un objet de mépris , ont pris leur place aux yeux de iNeii, ayant, comme il avait été prédit , embrassé la foi de Ksus^hrist, tandis que les Juifs se sont opiniâtres à le mémaître et à le persécuter. C'est parce qu'ils ont nié sa divinité et qu'ils l'ont fait mourir, que la ville de Jérusalem a âé détruite de fond en comble; la synagogue a pris fin et a été remplacée par l'Eglise Au lieu des victimes que l'ancienne loi ordonnait d'immoler, le sacrifice qui plaît au Seigneur est celui de son corps et de son sang , figuré par le pain et le vin, queMelchisédec offrit au Seigneur. »
An 673. — Le vénérable Bèdey prêtre et moine de Jarou,
Il existe deux livres à' Homélies , dont le vénérable Bède est l'auteur véritable ; car il y en a d'autres donc il est fort douteux qu'il soit l'auteur , telles que celles composées à la louange de saint Paul. Les deux livres d'homélies dont nous parlons ici sont presque entièrement consacrés à traiter de la dwinité de JésuS'Christ^ en voici les titres : La première est sur ces paroles de saint Luc : « L'ange Gabriel fut envoyé de Dieu à une vierge ; » la troisième a pour objet l'explication de ce passage de saint Marc : « Jean était dans le désert ; » la quatrième, sur ce qu'on lit dans saint Jean : « Alors Jean rendit ce témoignage ; » la sixième : sur ce qui est dit dans saint Luc : « Les bergers se dirent l'un à Tautre ; » la septième, sur le commencement de l'Evangile de saint Jean: « Au commencement était le Verbe ; » la huitième , sur le commandement que Jésus fit à Pierre , quand il lui dit :
âl6 . LA DIVINITÉ
« Suivez-moi ; « la neuvième , sur ces paroles de saint Matthieu : « Un ange du Seigneur apparut à Joseph ; » la treiziè* me roule sur ces paroles de saint Jean : a It se fit des noces à 1 Cana, en Galilée ; » la dix-huitième , sur ces paroles de saior Matthieu : « Le Fils de l'homme doit venir dans la glt^rej de son Père; » la vingt-cinquième explique TËvangile jeudi saint : « Avant la fête dePâque, Jésus, sachant son heure était venue. »
Bède fait mention y dans le catalogue de ses ouvrages;, d'un commentaire sur Habacuc. Il suit « dans rexplicatknj^ de ce prophète, la version des Septante, et se propose de dé- y montrer que ce prophète a prédit Tincamation du Verbe de Dieu , la passion de Jésus-Christ, la réprobation des Jollli, la vocation des Gentils.
An 680. — Saint Julien ^ archevêque de Tolède.
L'ouvrage que saint Julien composa après son Traité cfes" pronostics ^ est celui qui a pour titre : Traité du sixième âge du monde. Les Juifs, qui étaient, au temps où vivait ce Père, très nombreux en Espagne , faisaient tous leurs ef- \ forts pour persuader et répandre Topinion que le Christ n'était pas encore venu, disant quil ne devait veniPÇ^au «*a;tème âge. Us comptaient mille ans pour chaque âge, et on n'était alors qu'au cinquième millénaire, suivant leur calcul. Le roi Ervige, voyant qu'ils avaient séduit plusieurs fidèles, ordonna à saint Julien de leur répondre. Il fit cette réponse en trois livres. Dans le premier, il démontrait qu'il n'est dit, ni dans la loi , ni dans les prophètes , que le Messie doive venir au sixième millénaire ; qu'il ne se trouve dans l'Ecriture aucune supputation de temps, qui fixe la naissance temporelle du Messie, en commençant à compter depuis la création du monde. Lorsque les prophètes annoncent sa venue, c'est en disant seulement qu'il naîtra dans les derniers temps , ce
l'on est convenu d'appeler le sixième âge da monde; itiel est de savoir qne les signes de son avéDement, prépar l'Ecriture, sont arrivés et se sont manifestés; sar li on ne peut avoir aucun doute , en comparant les proies d'Isaîe, de MIchée, de Maiachie , de Sophonie , des ^mes et des autres prophéties, avec ce que les évangéttes racontent des circonstances de la naissance de Jésusbrist , de sa passion, de sa mort. Les temps marqués par aniel ont été accomplis sous le règne d'Auguste ; et la dne de Jérusalem, prédite par le même prophète, a eu ea, suivant sa prédiction, sous le règne de Vespasien. n traite le même sujet de la venue du Messie dans le seond livre (Id., 2, p. 612), mais par des preuves et des Émoignages puisés dans le nouveau Testament. On y trouve ntre autres cette observation remarquable , et qui répond KTec la plus grande force à la fausse supputation des années kepuis le commencement du monde, mise en avant par les hàh. « Si , dit saint Julien , Jean le précurseur avait pu sa- ^Irparle calcul des années, depuis la création du monde, IMIede la naissance du Messie, aurait-il eu besoin d'envoyer, homme nous le lisons dans TEvangile , ses disciples à Jésuspiurist, pour savoir de lui s'il était le Messie ? »
Germain y patriarche de Constantinople.
On lit dans THistoire des conciles (tom. 7, p. 282) : «Germain écrivit au pape Grégoire ce qui se passait à Gonstanti- '^le au sujet des images. Nous n'avons plus cette lettre; ^s on en trouve la réponse dans les actes du deuxième con« 'Oe de Nice. Le pape , après avoir félicité Germain sur la Igneur avec laquelle il défendait la doctrine de TEglise, Xplique lui-même cette doctrine, en disant que Thonneur enda par TËgllse aux images n'avait rien de commun avec e que pratiquaient les païens ; que , selon saint Basile , cet I. 15
honnear s'adressait à la personne représentée, et qo*il regarder Tintention et non Faction. Si les prophéties , i t-il , n*ont pas été accomplies par rincamation de Christ; s'il n'est pas né à Bethléem de la glorieuse 1 mère de Dieu ; si les mages ne lui ont point offert de pr< s'il n'a pas été reçu dans les bras du vieillard Siméc n'a pas ressuscité les morts , guéri les lépreux , les S( les aveugles , il ne faut pas peindre ce qui n'a pas c mais, puisqu'il est vrai que toutes ces choses sont an qu'il est né, qu'il a fait des miracles, qu'il est ressi plût à Dieu que tous les êtres de la création pussent ra ces merveilles par la parole ou par l'écriture I On do nom d'idoles aux images inventées de choses qui n'e: pas. »
Saint Maxime de TunUé
Les homélies de saint Maxime ont été conservées p2 transcription sur un manuscrit de la bibliothèque ai sienne, à Milan , écrit en lettres longohardiques , il y de mille ans. Les premières de ces homélies roulent Pâque. Dans la quatrième, saint Maxime explique ment ses sentiments sur le mystère de l'Incarnation , sant que le Fils de Dieu , sans altérer en rien les pro de sa nature divine, s'est revêtu de la nature humaine, l'union de ces deux natures s'est faite sans confusion elles. La dixième homélie a pour objet de démontrer • Jésus-Christ a tout souffert comme homme, il étai puissant comme Dieu , et qu'il l'était véritablement, les preuves de sa divinité , qu'il a données pendant terrestre, il faut mettre au premier rang la guérison culeuse du fils du centenier et la résurrection du fi^ i de la veuve de Naïm , de la fille du J)rince des prêtres , Lazare, mort et enterré depuis quatre jours.
DE JÉStJS-CHRIST. 21Ô
Anastase j abbé de Saint-Enthimitis,
On cite de ce père on Traité contre les Juifs, Il y démon- Pre que le Messie promis dans la loi , annoucé par les proiphètes , est venu ; que ce Messie est Dieu et homme tout en- ■emble, et que ce Messie est Jésus-Christ. Il prouve qu'il est le Messie, parce qu'en lui ont été accomplies toutes lespré- «dietlons qui l'annonçaient; qu'il est homme par ses souffrân- ;C^> qu'il est Dieu par ses miracles. Anastase remarque que ^Barbares , qui ont fait irruption sur l'Orient, n'ont jamais *|^ venir à bout , malgré tous leurs efforts, d'effacer l'image it le signe de la croix des monnaies et des monuments sur tesquels ils étaient peints ou sculptés.
Anastase répond ailleurs au reproche que les Juifs faisaient ,MX Chrétiens d'avoir mis leur confiance dans un homme mort sur une croix, en leur disant qu'eux-mêmes avaient .{lien cru à la puissance d'un serpent d'airain. Il prouve en- -iulte par un grand nombre de passages de l'ancien Testament que la mort de Jésus-Christ avait été prédite , comme devant être le prix attaché à la rédemption du genre humain, licite le témoignage de saint Jean-Baptiste^ de Nicodème, ^4e Nathanael, de Joseph d'Arlmathie, de Bizas et d'A- [llBxandre, qui étaient aux noces de Cana, lorsque le Christ P changea l'eau en vin; et celui de Josèphe, l'historien des - Juifs. Anastase explique les prophéties qui sont relatives à (avenue du Messie et à la conversion des Gentils , principalement celle des septante semaines de Daniel, qui a prédit la destruction de Jérusalem sous Titus et Yespasien. Il fait voir que c'est encore en accomplissement des prophéties que les Joifs ont vainement tenté jusqu'à trois fois la reconstruction flu temple : la première , sous Adrien ; la seconde , sous Constantin , et la troisième , sous Julien l'Apostat ; qu'ils Sont, depuis ce temps, sans sacrifices, sans sacerdoce , et
sao LÀ DIVINITÉ
dispersés par toute la terre, sans espoir de rentrer dans leur patrie, tandis que les captivités qu'ils avaient subies en d'autres temps avaient en un terme (Anast contre les Jnifis,p.l7, IS et suiv. ).
An 700. — Saint Jean Damascènej moine et prêtre de
Jérusalem,
Le Traité des Hérésies fait partie du grand nombre d'ouvrages composés par ce père. 11 y parle de la secte des Musulmans, sectateurs de Mahomet...., et il rapporte quelquesuns des préceptes que celui-ci enseignait dans son nouveau culte. « Mahomet , dit-il , reconnaît un Bien , auteur de l'anivers , qui n'est point engendré et n*a pas engendré. Il avoue que le Christ est le Verbe de Dieu et son esprit ; mais il soutient qu*il est créé et subordonné; il reconnaît qu'il est né miraculeusement de Marie, sœur de Moïse , et d'Aaron , par Topération de Tesprit de Dieu. Il reconnaît encore la Passion du Christ et sa mort sur la croix ; mais seulement en apparence et non en réalité (Id. , Traité desHérés., p. i lo et
Le Traité des Hérésies de saint Jean Damascène commence par une profession de foi. Elle dit en substance qull n'y a qu'un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fite et le Saint-Esprit ; que le Fils s'est fait homme sans qu*ii y ait eu aucune altération dans chacune des deux natures, di* vine et humaine ( Id., id., p. 1 18,).
Le livre de la/ot orthodoxe du même père est un de ses ouvrages les plus estimés. Il y traite , dans le premier livre, de Tessence et de Texistence de Dieu , des propriétés de la nature divine , de son unité et de la trinité des personnes. Le troisième livre est consacré à la démonstration des moyens dont Dieu s*est servi pour racheter Thonmie de la mort, qu'il avait encourue par le péché. Il traite de ^Inca^
ition et de Tunion des deux natures ; le Christ est en même
[temps Dieu parfait et homme parfait... L'union de la nature
[linmaine avec la personne du Verbe nous oblige à ladorer.
« J'adore, dit ce père, les deux natures de Jésus-Christ , à
cause de l'union de la divinité avec la chair La Trinité ,
Liprès l'incarnation, est restée Trinité (Id., id., p. 216).» Dans le livre quatrième, Tauteur répond à ceux qui objectaient que , s'il y avoit deux natures en Jésus-Christ , il fallait ou adorer la créature, ou n'adorer que l'une des deux Oatures, savoir, la divine. 11 répond que la chair n'est point adorable de sa nature, mais qu'on l'adore avec le Verbe in- :Camé, non pour elle-même, mais à cause du Verbe de Dieu qui lui est uni (Id., id.).
Dans son Traité contre les Jacobites , saint Jean Damas- . cène dit que c'est une vérité établie dans tous les saints Pères, qu'il s'est fait en Jésus-Christ une union de la divinité et de l'humanité , et que Jésus-Christ est Dieu parfait, comme
il est homme parfait Il compare l'union qui s'est faite
de la divinité à l'humanité en Jésus-Christ avec l'union de lame avec le corps dans l'homme. Comme l'âme et le corps conservent toujours leur nature avec leurs propriétés , même après leur union , ainsi en est- il de la divinité et de Thumanité en Jésus-Christ.
An 726. — Saint Paulin , patriarche (TAquilée,
Il est auteur, entre autres, de l'ouvrage qui a pour titre: SacrO'Syllabus , ainsi nommé, soit parce qu'il y réfute l'hérésie d'Elipandpar les sacrées syllabes, c'est-à-dire par des ' passages de l'Ecriture ; soit parce qu'il présenta cet ouvrage I au concile de Francfort , au nom de tous les cvêques d'Ita- I lie, comme exprimant leur doctrine.
Dans cet ouvrage, il cite un grand nombre de passages, qui prouvent sans réplique que Jésus-Christ est véritable-
s» LA DIVINITÉ
ment Fils de Dieu. « Le saint qa\ nattara de tous , » it range Gabriel à la sainte Vierge, « sera appelé le fils ^ Diea. » Il ne dit pas qu'il sera appelé fils adoptif deDIei^ mais bien^/5 de Dieu^ et il eo donne le motif, parce que ^ qui est né en elle a été formé par le Saint-Esprit (Matth.,!^ 50). Saint Paul ne dit4l pas que Dieu a envoyé soii Fils, dans le sein d*une femme et assujéti à la loi? Lorsque Christ recevait le baptême dans les eaux du Jourdain, qu'il fut transfiguré sur la montagne , n'entendit-ou pas voix du Père, qui disait : « C'est mon Fils bien-aimédans le-j quel J'ai mis toute mon affection (Id. p. i et suiv.)....» D*ail-{ leurs Jésus-Christ est , selon Texpression de saint Paul, «m^' diateur entre Dieu et les hommes ; » ce qui suppose nécosairement Tunion des deux natures en une seule personne» et par suite et implicitement , que c'est le même qui estFils de Dieu et Fils de Thomme.
Saint Paulin traite encore le mêmesiy'et delà Divinité de Jésus- Chnst dans les trois livres qu'il composa contre Félix, évêque d'Urgel.
An 760. — Ambroise Autper, abbé de Saint-Vincent, prèi
de Bénevent,
il est auteur d un Traité sur l'Apocalypse , qui porte h nom de Commentaire àdins les anciens manuscFÎts. Il dit, et parlant du livre de saint Jean : « C'est un apôtre qui l'a écrit le lieu où il l'a écrit est désigné. C'est Jésus-Christ qui } parle , qui y annonce sa venue , et qui confirme par le ser ment que ce qu'il a prédit de son second avènement doit s'accomplir. » C'est le raisonnement que fait Ambroise Autper sai ces dernières paroles de l'Apocalypse : « Celui qui rend témoignage de ceci , dit certainement : Je viens bientôt... »
Dans ce même Commentaire de l'Apocalypse , Ambroise Autper déclare sa foi profonde en la présence réelle de Jésus-
fGhrist dans l*Eachail8tie : « Suivant Fantorité de saint Jean, n'y a que les victorieux qui seront nourris de cette manne iMcrée, parce qu'il n*y a qu'eux qui la reçoivent dignement et de la manière convenable. C'est en ce sens qu'il faut entendre cette parole du Sauveur : « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang, demeure en moi et moi en lu1...»C'était pour figurer cette vérité que Dieu donna autrefois dans le désert, aux Israélites, cette manne, nécessaire pour les nourrir (Id., Comment, sur TApoc, p. 435). »
An 754. — Adrien , pape.
Informé, vers Tan 790, qu'il s'était élevé en Espagne une nouvelle hérésie , qui enseignait que Jésus-Christ, selon ia nature humaine , n'était que fils adoptif et de nom seulement , ce pape écrivit à tous les évéques de ce royaume une lettre circulaire, dans laquelle il les exhortait à demeurer fermes dans ia doctrine de TEgiise , qui reconnaît Jésus- Christ pour le Fils du Dieu vivant.
Elipand, Tun des deux évéques espagnols, qui était l'auteur de la nouvelle hérésie ^ écrivit, pour la soutenir, une lettre à tous les évéques de France , et une particulièrement adressée au roi Charlemagne. Ce prince, après avoir consulté les évéques de son royaume sur cette question, en écrivit au pape Adrien , qui lui envoya une lettre destinée aux évéques de Galice et d'Espagne, dans laquelle il réfutait la lettre d'Elipand par plusieurs autorités , puisées tant dans l'Ecriture que dans les Pères tant grecs que latins. Il insistait principalement sur la confession de saint Pierre , qui, en disant : I Vous êtes le Christ , fils du Dieu vivant , » marquait clairement qu'il n'est pas fils par adoption, mais par nature. Les passages pris dans les Pères n'étaient pas moins formels. On y condamnait expressément ceux qui diraient que Jésus- Christ est fils adoptif comme nous. Le pape Adrien terminait
LÀ DIVINITÉ sa lettre en exhortant les évèqaes d'Espagne à se réunir à foi commune de l'Eglise , les dédarant , en cas de reftas , ai-l parés du saint-siège apostoliqae.
An 766. — SeUrU Benoit, abbé éPAniane.
On trouve dans le cinquième tome des Mélanges de Baluze quatre opuscules sous le nom de Benoit Le quatrième de ces opuscules a pour titre : Confession de Benoit ^ lévite. Dans le premier , il prouve que Jésus-Christ est fils de Dieu par nature et non par adoption ( il écrivait contre rerreur de Félix ) , et il cite à l'appui un grand nombre de passage des Ecritures commençant par celui où se trouvent ces paroles de saint Jean : a Ceux-ci sont écrits afin que you croyiez que Jésus est fils de Dieu , et qu'en croyant voos ayiez la vie éternelle en son nom. » La confession de foi de Benoit, qui fait Fobjet du quatrième opuscule , est en forme de prière à Dieu. 11 s'y explique longuement sur les mystères de la Trinité et de rinearnation.
An 758. — Alcuinj abbé de Saint-Martin^ à Tours.
Il est auteur d'un traité intitulé : De Vusagc des Psaumes, divisé en deux parties. En commençant, Alcuin dit qu'en approfondissant les psaumes on y trouve , non seulement les preuves qui établissent les principaux mystères de la religion, tels que l'incarnation du fils de Dieu, sa passion, sa résurrection , son ascension , mais encore des secours spirituels pour tous les besoins de la vie de Tâme. ( p. 133. )
Dans la deuxième partie du même traité , Alcuin présente un grand nombre de formules pour la confession des péchés. Dans Tune de ces formules, il fait faire au pénitent une confession de foi dans laquelle , après avoir reconnu ce que l'Eglise enseigne sur les mystères de la Trinité et de llncama-
n, il ajoute, en s*adressant à Jésas-Christ : « Je crois \e vous avez été adoré des Mages , baptisé par saint Jean ns le Jourdain , présenté au temple, trahi par Judas , flagà\é , couronné d*épines, attaclié à la croix, enseveli; que TOUS êtes ressuscité, que vous avez bu et mangé pendant quarante jours avec vos disciples , et que le quarantième vous . êtes monté au ciel. ( Id. , id., p. 165)
Dans son livre sur la Trinité^ Alcuin s'exprime avec beaucoup de clarté en soutenant la doctrine commune à tous les TPères de l'Eglise sur la divinité de Jésus-Ghrfst : « Les trois T personnes, dit-il, n*ont qu*une même espèce, qu'une même j Bobstance, qu'une même puissance; mais chacune de ces per- 1 tonnes a qudque chose qui lui est propre : le Père , en ce ^ qall ne tire son origine de personne; le Fils, en ce qu'il ^est I seul engendré du Père; le saint Esprit, en ce qu'il procède
du Père et du Fils. L'Incarnation est propre au Fils »
'' (ch. 12 et 13.)
Alcuin traite des mêmes matières et surtout de la divinité de Jésus-Christ dans ses Livres contre Elipand, et dans ses Lettres à Charlemagne, Dans une de ses homélies (la 2®) il explique la Génération de Jésus-Christ^ d'après saint Matthieu. II professe les mêmes vérités dans la profession de foi qui lui est attribuée.
An 759, — Charlemagne^ empereur et roi de France.
On trouve dans le tome 7 des conciles, page 1047 , une lettre de Charlemagne, adressée à Elipand et aux autres évêques d'Espagne. Il conjure Elipand de s'en tenir à la doctrine catholique qui nous est enseignée dans les écrits des Pères, orthodoxes ; de ne se pas croire plus savant que l'élise universelle , de ne pas approfondir les mystères divins par les seules lumières de la raison; mais d'honorer et de respecter plutôt par une foi sincère ce que l'humaine fragilité I 15.
ne peut découvrir , malgré ses recherches téméraires..... Ge prince termine sa lettre par une profession tic foi trèsdétaillée-, où il rejette la prétendue adoption de Jésos- Christ (c*était l'erreur de Luitprand), reconnaissant qu'il est dans ses deux natures vrai fils de Dieu et non point fils adoptif; ûls par nature et non par adoption. Il s'explique ensuite très clairement sur tous les autres articles du symbole. Cette lettre se trouve aussi dans le recueil des ConsU' tuiions impériales j par Goldast (Tom. 1. p. 19.)
La même profession de foi de la part de cet empereur se trouve encore consignée dans une lettre adressée à Alcuin (OEuv. d'Alc. p. 1147.) , et les mêmes principes se retrouvent dans le recueil connu sous le nom des Livres caroUns»
An 759. — Saint Théodore Studite.
Théodore Studite, dans sa lettre à Théodore Diacre, répond à quelques objections des Acéphales , et fait voir que Ton doit distinguer en Jésus-Christ deux natures complètement unies en une seule personne (Lettre 170) ; que selon Tune, il est consubstantiel au Père et au saint Esprit; et, selon Tautre , consubstantiel à Thomme. Saint Paul dit : « Toute la plénitude de la Divinité habite en lui corporellement » \ c'est-à-dire que toute la Divinité, et non pas seulement une partie, comme disaient quelques uns, habite dans la chair du Verbe , comme dans un temple que le Verbe s'est bâti. D'où vient qu'il est dit dans saint Jean : 1 Le Verbe a été fait chair et il a habité parmi nous. » Ces dernières paroles ont été ajoutées par révangéliste, afin que personne ne pensât que le Verbe avait été changé en la chair, et pour marquer l'union des deux natures en une seule personne. (Id. Lett. 173.)
Dungal Reclus.
Ce Père a écrit au sujet de la querelle relative au culte Ses images. Claude de Turin disait qu'en peignant les images des saints et en les honorant , on renouvelait Tidolâtrie d*adorer leurs images , et qu'on ne faisait qu'en changer Tobjet. Dungal réfute cette erreur; et, passant ensuite à l'examen du culte de la croix , que Claude de Turin attaquait encore, 11 dit : « Comme Torgueil des hérétiques paraît dans le mépris qu'ils affectent pour la croix , la piété des catholiques se fait voir en ce que , a l'exemple de saint Paul , ils mettent leur gloire dans la croix. Il prouve ensuite par plusieurs autorités puisées dans les anciens, qu'on a de tout temps honoré la croix; il cite, entre autres, saint Paulin de Noie, Prudence et Fortunat de Poitiers. Ce culte était si public qu'on chantait souvent dans l'Ëglise : « Nous adorons , Seigneur , votre croix , et nous glorifions et louons votre sainte résurrection. » Pour éviter toute équivoque dans le terme d'adorer, Dungal dit qu'on peut l'entendre de deux manières: Quand on le dit de Jésus-Christ, on prend ce terme dans son acception rigoureuse et pour une véritable adoration ; quand il se dit des hommes, même des saints, il veut dire seulement honorer.
An 78 1. — Théodulphe^ évéqtie d'Orléans.
Magnus , archevêque de Sens , ayant communiqué à tous ses suffragants une lettre circulaire de l'empereur Charlemagne, adressée aux métropolitains de son royaume, Théodulphe d'Orléans composa un écrit où il répondait à toutes les questions proposées par ce prince. En expliquant le symbole , il enseigne que Jésus-Christ est fils de Dieu par nature, qu'il est engendré du Père, qu'il lui est consubstantiel et
SS8 U DIVINITË
égal en toutes choses. Ce livre de Théodniphe est intitulé