‹ La divinité de Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 8 sur 73 · XXXI? DISCOURS PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

XXXI? DISCOURS PRÉLIMINAIRE

l'Eglise; FEglise, le lien de Thamanité régénérée en Dieu.

Les hommes ont, grâce à TEglise, une unité, unesolidarite réelle ; TEglise leur offre un trésor dans lequel ils mettefit en commun leurs mérites, leurs prières , leur dévoûment, leurs sacrifices. Ainsi rien n'est perdu pour chacun de noii8| tout le bien qui s'opère dans la suite des âges en vertu de nos bons exemples ou de nos œuvres nous sera compté au jour -^; de la récompense. Tout ce qui constitue l'homme subsiste donc, grâce à l'Eglise, tandis que dans les vaines idées de la philosophie moderne , l'homme ne rencontre que l'égolsme d'abord et le néant ensuite.

Les véritables humanitaires , pour parler le langage moderne , ce sont donc les chrétiens qui montrent tous les hom* mes pouvant s^aider et s'unir , et tous les événements concourant à l'enfantement de l'Eglise; l'Eglise , le salut dellnimanlté , le lien d'unité du genre humain en Dieu , qui seul Juge tous les hommes, qui seul les punit et les récompense. Ainsi tons les philosophes qui opposent des systèmes au christianisme, cherchent ce que nous possédons , car l'Eglise est le centre ou tous les événements de l'univers viennent aboutir.

L'Eglise , la société des enfants de Dieu , a commencé avec les premiers jours du monde , et son établissement sur la terre a été le but de toutes les pensées divines. Avant comme après la croix tout se rapporte à cette société dépositaire du culte de Dieu et du salut des hommes. Rien n'était plus digne de Dieu, dit le grand évêque de Meaux, que d'avoir choisi un peuple qui fût un exemple palpable de sa Providence.

DISCOURS PRÉLIMINAmE. xxxv

Le déluge pnnit les hommes cLq Tabandon de la loi naturelle. Noé, préservé des eaux , répare le genre humain et rétablit le culte de Dieu. Dieu appelle Abraham dans la terre deChanaan pour sauver la religion patriarchale qui se perdait au milieu de l'idolâtrie. Les Egyptiens sont frappés de mille plaies, les Chananéens exterminés, afin que le peuple qoi croit aux trois grands d(^mes du genre humain , Texistence de Dieu, la chute et la rédemption, soit établi aux yeux I de l'univers sur la montagne de Sion.

Tout préparait cette société destinée à rassembler les mem« bres de l'humanité régénérée par Jésus-Christ, cette société, qoi est aussi le temple de Dieu , gouvernée visiblement par loi, toujours conduite d'en haut comme autrefois Israël au désert.

Née sur la croix , l'Eglise est persécutée dès sa naissance, les Juifs , qui ont cpnduit le Sauveur à la mort, ne cessent de poursuivre ses disciples, et même après la ruine de Jérusalem leurs mains , qui ont dressé la croix sur le Calvaire , élèvent ce cirque immense où les chrétiens seront livrés aux lions. Mais jamais l'Eglise ne brilla d'un éclat plus pur. Le récit de ce qui se passait parmi les premiers Juifs convertis semble l'histoire d'une apparition d'anges sur la terre. Bientôt après la lumière, méconnue à Jérusalem, est transportée à Rome. Cette société, qui avait révélé aux Juifs toutes les vertus du Ciel , va s'établir sur les collines de la ville éternelle et manifester aux païens le même spectacle. Aussitôt Tidolâtrie s'effraie comme l'orgueil pharisaïque. La persécution commence. Un empereur, dont le nom est devenu le symbole du crime, fait enduire les corps des chrétiens de matiè-

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res inflammables , et s'en sert, au rapport de Tacite, comme de flambeaux allumés pour éclairer ses jardins. La vengeance du ciel ne se fit pas attendre, et bientôt après il ftit obligé de tourner ses mains homicides contre lui-même.

Les chrétiens mouraient pour leur foi , et leur sang était } une semonce féconde. L'Eglise s'étendait en Orient et en Oecident^ jusque dans llnde et chez les Scythes , dissipant lei ténèbres de l'erreur et détruisant la corruption païenne. Les nations accouraient au pied de la croix. La punition des Juift^ la ruine de Jérusalem , annoncées par Jésus-Christ d'abord, et plus tard par saint Pierre, fortifiaient la prédication des Chrétiens. Le paganisme comprend qu'il y va de son existence, et les prêtres des idoles s'unissent partout pour arrêter par des supplices inouis les progrès toujours croissants des Chrétiens. Dix persécutions s'allument sous dix empereurs. Mais l'Eglise, par sa force et par sa patience, était appelée à manifester tout ce qu'il y a de divin dans l'homme, et son héroïsme , miracle plus étonnant que tons ses mira* clés, convertit le monde païen. Les Juifs et les Gentils qui se détestaient et se méprisaient, entraient dans la même religion ; les maîtres regardaient les esclaves comme leurs \ égaux ; les idées, les mœurs , les habitudes , tout fut changé. ' L'amour de Dieu et les désirs du ciel devinrent le principe de toutes les vertus et remplacèrent la vaine gloire et l'orgueil. A côté des empereurs, la honte de l'humanité, les pontifes successeurs de Pierre donnèrent l'exemple de toutes les vertus. L'histoire de tous les premiers papes est l'histoire d'une suite de saints et de héros. Aussi le monde était déjà chrétien, et les maîtres du monde ne s'en apercevaient pas.

DISCOURS PRÉLIMINÀmE. xx&vn

Dioclétlen lit un dernier effort, il orldonna de persécuter les chrétiens plus violemment que jamais. On rechercha les tt?res sacrés a^ec des soins extraordinaires pour en abolir la mémoire. Il nous reste un monument du délire et de Taveugiement de la puissance de cette époque. On éleva pour Diodétien des colonnes , afin de le remercier d'avoir détruit ce que ses flatteurs appelaient la superstition chrétienne^ et quelques jours s^étaient à peine écoulés, le paganisme tombait détentes parts, et Constantin faisait monter avec lui l'Eglise sur le trône.

Constantin, en portant le siège de l'empire à Bysance, préparait cette royauté spirituelle établie à Rome, et qui , de là, étend ses bienfaits sur tout l'univers.

Ne parlons plus , dit Bossuet , de hasard ni de fortune , oa parlons-en seulement comme d'un nom dont nous couvrons notre ignorance. Ce qui est hasard à regard de nos consuls ineertains est un dessein concerté dans un conseil plus haut , c'est-à-dire dans ce conseil étemel qui renferme dans un même ordre toutes les causes et tous les effets. Tout concourt à la même fin , et c'est faute d'entendre le tout que nous trouvons du hasard ou de l'irrégularité dans les rencontres particnlières.

L'Eglise n'eut pas seulement à triompher des Juifs , des empereurs, des philosophes; une foule d'ennemis s'élevèrent

dans son sein contre sa doctrine, et elle ne fut pas moins

étonnante dans ses combats de l'intelligence que dans ses

lottes héroïques contre les princes idolâtres; elle brillait par

ses doctrines autant que par ses martyrs , et elle a vaincu

les sophistes et les bourreaux.

vacm DISCOURS PRÉLmiNAmE;.

Unie d*esprit et de cœur ^ elle a donné au monde le spec tacle merveilleux d'une société vivant de vérité et d'amour Dans les luttes qu'elle a livrées contre les hérétiques, elle a ma nifesté sa raison divine comme elle avait révélé sa force ce leste dans ses combats contre les empereurs ; elle n'a pas cess de présenter à ses enfants un corps de doctrines où le croyances et les pratiques, les mystères et les enseignement sont si inséparablement unis les uns aux autres, qu'il est im possible à une raison éclairée d'admettre un seul dogme san les admettre tous, ou d'en rejeter un seul sans les rejeter tous Elle n'a pas laissé s'introduire dans son sein une seule erreur Depuis dix-huit siècles, elle a frappé tout ce qui attaquai le dépôt précieux qu'elle est chargée de transmettre à toni les siècles comme la règle des esprits et des cœurs. Elle i frappé ceux qui, pour échapper à la difficulté de compren dre un Dieu uni à l'homme , niaient la consubstantialité di Verbe, et ceux qui établissaient deux personnes en Jésus* Christ , et ceux qui ne voulaient reconnaître en lui qu'un nature.

Il faut qu'elle porte son glorieux symbole, l'union de Diei; et de l'homme , jusqu'à la fin des temps, c'est là sa missioi divine. Aussi jamais elle n'hésite quand il s'agit de la vérité Elle si charitable et si douce, elle ne se trpuble pas quand par suite de ses jugements et de ses décisions des nation! entières l'abandonnent. La vérité doit être transmise par elk jusqu'aux derniers siècles; aussi elle foudroie l'Ëgiise grecque, qui Die deux de ses dogmes, comme elle anathématis( les protestants , qui gardent l'Ecriture , mais qui répudient It tradition.

nk^> I

raÉLIMINAIRB. XXXIX

Chaeane des errears qoe TEglise a condamnées était spécieuse au commencement, mais il n'y en a pas une qui n'eût détruit toute la révélation si elle avait été adoptée. Gétait une légère ouverture au vaisseau , mais une ouver- Inre par laquelle TOcéan aurait pénétré. Il faut , disait Luther, interpréter TËcriture dans un sens que comprenne la nlson,.et cependant Lutlier voulait conserver la Trinité, llncamation, la présence réelle, mystères aussi incompréinsibles que rinfaillibilité de TËglise quil rejetait. Ce principe d'orgueil enfanta Calvin; Calvin nia la présence réelle, et Calvin enfanta Socin, qui nia la Trinité et ITncamation. jhiqrquoi s'arrêter, dirent alors les déistes? Une révélation divine répugne a la raison, nous ne pouvons pas plus nous expliquer Jésus-Ghrist envoyé de Dieu que Jésus-Christ égal i Dieu , il n'y a d'autre religion que la religion naturelle. Alors sont venus les matérialistes, les athées qui n'ont pas voulu delà religion naturelle , qui ont nié Dieu , et enfin les sceptiques qui ont douté de tout, de l'existence de Jésus-Ghrist, de l'homme et de l'univers.

Ainsi , lorsqu'un esprit orgueilleux, il y a trois cents ans, rejetait la primauté du pape , il ne s'imaginait pas que des esprits conséquents , adoptant son erreur, nieraient Dieu , la réalité de Tâme et même Texistence des corps. La puissance visible de Jésus-Christ dans la papauté une fois retran* ehée , la Trinité et llncamation ont disparu , la religion s'est écroulée. Dieu lui-même s'est retiré des sociétés, et il s'est rencontré des» hommes qui nous disent, au milieu des lumières du Christianisme , que les esprits et les corps sont une même substance , que tout est Dieu , la pierre , la plante ,

XL DISCOURS PRÉLIMINAIIŒ,

ranimai ; que toutes les créatures sont Dieu comme Dieu luimême.

Les disciples de ceux qui ont refasé de croire TEgUse ont été frappés d'ayeuglement jusqu'à ne plus croire leur propre existence et à s'anéantir dans ce qu'ils appellent l'humanité. Terrible punition de Torgueil , conséquence rigoureuse de la logique inflexible de l'esprit de l'homme ! manifestation sublime du gouvernement de Dieu sur TEgiise !

Et qui a obtenu tous ces triomphes ? Est-ce le génie des pontifes ou la science, la richesse, l'éloquence, le glaive? Non, tous les dons de Tesprit et du savoir, ce qu'il y a de pins grand parmi les hommes n'avait servi qu'à les plonger dans un abîme de désordre et de corrnption.

L'Eglise condamne les hommes de génie qui l'ont servie et qui l'abandonnent; elle frappe de ses anathèmes les empereurs qui font trembler le monde, et elle attend.

Il fut donné au philosophisme , triomphant parmi nous , de prévaloir contre Rome, et de s'emparer du souverain pontife qu'il conduisit captif dans une de nos cités. Maître de l'Italie, il rétablit la république romaine j et se promettait d'empêcher l'élection d'un nouveau pape , mais voilà qu'une armée arrive du fond du nord. L'Italie est délivrée un )noment , le moment nécessaire pour qu'un nouveau pape soit proclamé , et la république romaine a cessé d'exister.

Plus tard , le conquérant qui gouverna la France envahit Kome et voulut y établir la royauté de son fils. 11 enleva le pape. Mais le nouveau Sennachérib est frappé d'aveuglement, il vase briser contre les glaces du nord. Le souverain pontife, délivré par l'Europe entière, retourne à Rome, trois papes

DKCOURS PRËUmNÂlRE. xli

sont élas depuis, et les promesses faites à l'Eglise eontinuent de s'accomplir.

L'Eglise aDjourd'hoi n*a plus qu'à remplir la dernière péliode de son existence , et à finir la conquête de l'anivers^ ete*est ce que les événements préparent aujourd'hui.

Ce qui se passe en ce moment dans le monde a pour objet k triomphe de TEglise. Tout l'annonce : les faits glorieux de la Rédemption vont être connus de l'univers par le mouvement qui rapproche l'humanité. C'est ce mouvement, réalisation de toutes les promesses , qui frappe nos philosophes iumanitaires , ils le remarquent sans le rapporter à la véritable cause ; ils ne l'expliquent pas , mais ils servent à le constater, et ils y travaillent à leur insu.

Un grand écrivain , resté fidèle au Christianisme , a dit :

c L'espèce humaine suit une ligne progressive dans la ci- Tilisation , alors même qu'elle semble rétrograder. L'honmie est encore loin d'être remonté aux sublimes hauteurs d'où les traditions primitives et religieuses nous apprennent qu'il est descendu, mais il ne cesse de gravir la pente escarpée de ee Sinaî inconnu, au sommet duquel il reverra Dieu. La société, en avançant, accomplit certaines transformations générales, et nous sommes arrivés à l'un de ces grands changements de l'humanité. »

Etudions à la lumière des prophètes les desseins de Dieu sur le genre humain et sur l'Eglise. Sondons les profondeurs des conseils de Dieu dans le livre du disciple bieu-aimé. Comme la religion et le gouvernement politique , dit le dernier Père de l'Eglise , sont les deux points sur lesquels roulent les choses humaines, en découvrir l'ordre et la suite,

tm IH86GIJRS PftËLIMDrAIItB.

c'est comprendre dans sa pensée ce qa*il y a de plus grand parmi les hommes , et tenir, pour ainsi dire, le âl de toutes les affaires de rnnivers^

Lorsqu'on voit tout ce qui s'est fait depuis Jésns-Ghrlit, il n'est pas permis de douter de la conversion prochaine de l'univers et de l'accomplissement des prophéties qui regar> dent les derniers temps où ce Verbe fait chair apparaîtra comme le juge des vivants et des morts , et régnera dans réternité. y

Toute la vie du divin Sauveur est en effet écrite d'avanee dans Taneien Testament. Aucun trait , aucune circonstaneâ n'y manquent : sa naissance à Bethléem, sa vie cachée, sa mission, sa prédication dans lé second temple, ses miséri* /^ cordes , ses opprobres ^ sa croix, sa mort^ la gloire de son règne. Pendant quatre mille ans il a été annoncé par les prophètes , figuPô par les patriarches , enfanté par les év^ie- y ments , en sorte que l'on peut dire , en lisant David , Isaie L. et Daniel : Quels sont les historiens? Sont-ce les prophètes! j Quels sont les prophètes? Sont-ce les historiens? t

Le premier avènement de Jésus-Christ a été le prélude dis | grandes révolutions de Tunivers. Après sa mort, tous Iss oracles s'accomplissent; nous voyons une loi nouvelle pu* : bliée en tous lieux , la ruine de Jérusalem , la dispersion des ji Juife , la chute des idoles , TEglise fondée par Pierre , la \ conversion du monde, et toutes les nations bénies suceessi- ji Ycment en un fils d*Abraham. ^

La loi sort de Sion, la parole de Jérusalem, comme l'a* { vait annoncé Isaïe. Les nations sont convoquées à Rome, Ta j Jérusalem nouvelle; l'Eglise remplace la Synagogue. Tous

DISCOURS raÉLIMINiiK. zun

les peoples aceoorent à la nouvelle montagne du Seigneur , à Rome , W nouvelle Sion; une nouvelle alliance entre Dieu et les hommes est promulguée. Depuis les lieui où le soleil se lève jusqu'aux lieux où il se couche , Tobiation pure , le nerifiee nouveau promis par le prophète Malaohie , étonnent et eoofolent Funivers.

Les prophètes avaient prédit le jour où Fhomme , jetant loin de lui les dieux d*or et d'ai^ent , ouvrages de ses mains, cesserait d'adorer de vils animaux et tournerait ses regards lers le Saint dlsraëL Ecoutez Isaie : « La montagne de la liaison du Seigneur attirera tous les peuples , ils y accouriMiten foule, se disant les uns aux autres ; Venez, et montons à la maison du Dieu de Jacob , il nous enseignera ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers. Les îles attendront la loi du Seigneur ; cette loi se reposera sur les nations et sera leur lumière. Le juste , le Sauveur n'est pas loin, il ?a paraître ; les peuples des extrémités de la terre mettront toute leur confiance dans le Seigneur. »

La voilà, cette monarchie spirituelle, entrevue par Daniel, qui devait s'élever au-dessus de toutes les monarchies! Sette Jérusalem nouvelle dont pairie Isa!e, et qui devait sorir du désert brillante de clartés , c'est l'Eglise de Jésus- Ihrist! Quand Isaïe s'exprimait ainsi , l'empire de Salomon }t de David n'existait plus , les beaux jours de Juda étaient Mssés, les dix tribus étaient séparées. Aussi les Juifs ont-ils oqjours appliqué à la venue du Messie ces oracles qu'aucun le leurs rois ne pouvait accomplir. Le prophète entrevoit la grandeur de TEglise, la nouvelle Jérusalem 1 « Lève-toi Jérasalem , lève-toi , la gloire du Seigneur va briller sur ton

my OlUbURS PRÉLIMINAIRE.

eneeiute , les nations marcheront à ta lomière et les rois àtt splendeur. Lève les yeox, regarde antoar de toi, tes flii ^ Tiendront de loin , tes filles accourront de tous côtés. Tes. portes seront ouvertes nuit et jour , on ne les fermera jamaiSi afin de laisser entrer les rois et Félite des nations; car le peuple et le royaume qui ne te recevront pas périront Les. enfants de ceux qui t'avaient humiliée se prosterneront devant toi) tous tes ennemis adoreront les traces de tes pas, ils t*appeleront la cité du Seigneur. "»

Yoilà ce qui devait signaler la venue du Messie. Begaida maintenant , la loi universelle n'est-elle pas promulguée dant l

tout TuDivers ? Rome , la Jérusalem nouvelle , n'a-t-elle jm y

établi son empire sur toute la terre? Les rois n'ont-ils pK j^ marché à la splendeur de sa lumière ? Le sacrifice de Jésus- . Christ n*a-t-il pas remplacé tous les sacrifices ? L'Eglise n'a* ^ t-elle pas reçu et ne reçoit-elle pas tous les jours dans sot \ sein l'élite des nations ? i

Jésus-Christ a paru , et des débris de la synagogue et de la réunion des Gentils s'est formée une Eglise répandue dam runivers. Ce que les prophètes ont annoncé , les apôtres Toat accompli , et les événements achèvent la prédication des apôtres et des prophètes ?

Ou sont les idoles qui couvraient la terre? Qu'est devenu ce temps où tout était Dieu, excepté Dieu lui-même? Les temples du monde connu sont maintenant ce qu'était autres fèis le temple de Jérusalem , et , pour trouver aujourd'hui dans Tancien monde romain des idoles adorées , il faut les chercher dans Fabime des cœurs.

Mais au milieu de ce mouvement de l'univers , de cette

IHSGOUBS PRÉLIMINAIRE. xlv

emyersion des nations qui accourent en fouie sous l'étendard de Jésus-Glirist, et forment un nouveau peuple, que devient le peuple juif, celui qui seul adora le vrai Dieu? Les proihètes ont tout raconté d'avance , et l'histoire n'est encore iei que l^aceomplissement de la prophétie. Admirable témoi« goage ! Miracle au-dessus de tous les miracles ! Merveille aussi éclatante que le soleil ! La prophétie n'a-t-elle pas ici deux langages, la parole et les événements?

Tournez les yeux autour de vous : partout vous verrez des Mb sans roi, sans sacriflces, sans autel , sans territoire , loorsuivis par la vengeance divine, et seuls dans Tunivers &e comprenant pas qu'ils ont fait mourir le Messie, l'objet ie leur longue attente ! Les temps sont accomplis , et ils ne le voient pas , aussi étrangers par l'intelligence aux événements du monde moral , que Tathée au spectacle de la création et de l'ordre de l'univers.

Celui , disait saint Augustin , qui ne voit pas Jésus-Christ, est aveugle; celni qui le voit et ne le bénit pas , est ingrat; celQi qui le blasphème est insensé.

En effet, les oracles, les figures qui signalent la venue du libérateur , pouvaient-ils s'accomplir avec plus de clarté et d*évidence que dans Jésus-Christ? Ne voit-on pas se réfléehir sur ini tous les traits épars dans les prophètes? N'est-ce pas lui qu'annonçaient toutes les figures de la loi , Abel, Noé, Abraham , Isaac, Joseph, Moïse, Elle? Qui a fait tomber les idoles? Au nom de qui tombent-elles encore? Les caractères de la loi prédite par Tancien Testament ne sont-ils pas les caractères de la loi chrétienne. La révolution prédite à l'époque du Messie n'est-il pas le grand événement accompli

jLVn DISCOURS FRÉLI1IINÂIR£.

dans runivers depuis dix-huit cents ans?Abrahiiinn*eBt-ttpii aujourd'hui le père d*un grand peuple? Sa postérité n'est-elli: pas multipliée comme la poussière de la terre? Ne possède* i t-dle pas les portes des villes, c'est-à-dire la puissance de h terre? La promesse faite au pasteur de la Chaldée n'es^ellii pas un miracle toujours subsistant aux yeux de PuniversJLe soleil des intelligences qui s'est levé à Bethléem n'aura^-ll pas bientôt fait le tour du monde? Que voudrait dire le peuple sans roi , sans territoire , sans sacrifice , répandu dans tout l'univers , si le sang de Jésus-Christ n'était pas sur iuff Pourquoi Jérusalem est-elle déserte ? Pourquoi Rome , la mat^ i tresse du monde , appartient-elle au successeur du bateli«J| de Oénésareth , à qui Jésus-Christ a dit qu'il le ferait péehev.^ d'hommes? Jérusalem, quête reste-t-il maintenant de ton temple magnifique , de tes superbes édifices , de tes mnrailleii de tant de monuments , l'admiration du monde? U te resli un lieu de supplice , le Calvaire , et un tombeau entouré des ^ .hommages des peuples; et Rome, sous le règne des sueceip i séurs de Pierre, est aujourd'hui la reine des nations. Les p(Nh ^ tifes ne sont plus à Jérusalem ; Dieu n'y réside plus comme dans son sanctuaire ; Rome institue tous.les prêtres qui et ; frent à Dieu le sacrifice pur et sans tache, le sacrifice, la rédemption de l'humanité.

Qui pourrait refuser de voir un miracle permanent dans les prophéties , quand il est prouvé que les prophéties sont véritables , et que les événements prédits si longtemps avant leur accomplissement, font partie maintenant de l'histoire des nations? Comment ne pas reconnaitre que nos yeux seuls suffiraient pour nous conduire a la foi?

' :.Kiiij

PRSLniNiUnOS, um

Ommieiit ne pas répéter avec TEvaDgile , en parlant des Inles, s*iis ne croient pas à Moïse et aux prophètes, ils croiraient pas à la résurrection des morts?

Ainsi il n'y a pas nn événement prédit par le livre des

, et par le livre des Chrétiens , qui ne soit accompli. Poisqne tont ce qui s*est passé dans la conversion do monde f«t opéré d*après les prédictions des livres de l'ancien et dn rean Testament, Dlea a donc sanctionné ces livres aux de tontes les nations ; et comme le temps a développé les paroles des prophètes et de Jésns-Ghrist , Diea lui« autorise les prophètes et atteste la divinité de Jésusit aux yeux du monde entier. Nous n'avons pas à deidef une inspiration particulière, quelque miracle nouveau Hntervention des anges, pour croire à ce qui est annon- LGefax qui ont vu les anges ont vu des ministres de Dieu. Et ^Hnîs, nous avons entendu , nous voyons Dieu lui-même! Car les prophéties , devenus les événements , sont la voix du très-Haut. Tout ce qui est sous nos yeux nous dit : Dieu a parlé , il nous parle dans les ruines de Babylone , de Ninive et de Tyr, par la destruction de Jérusalem, par la spienleur de Rome, par la châte de toutes les idoles, par les temples élevés à Funité divine sur toute la terre. Avons-nous besoin de nouveaux miracles? Une prophétie accomplie a'est-elle pas un miracle toujours subsistant? Au commencement, dit saint Ambroise, les miracles étaient nécessaires pour affermir les fondements de la foi , maintenant ils ne le sont plus, parce que la foi passe d'un peuple à nn autre par la réalisation des prophéties, populus pqpu^ hm adjldem adducit.

XLvm DISCOURS PRÉlIHINAJDœ.

Ainsi le monde attiré à Jésus-Christ^ quand' il a été sur la croix, comme il l'ayait lui-même prédit, ainsi la sortant de Sion , et les ap6tres allant prêcher à toutes les tions au nom du Père , du Fils et du Saint-Esprit ; sai Pierre, continuant au Capitole à être pécheur d*ho: selon la promesse de Jésus-Christ; le temple de Jémsakn renversé, et les Juifls errants sur toute la terre; l'unité de Dieu établie partout, et les idoles abattues, ce sont là im miracles au-dessus de tous les miracles; car de pareils fail% impossibles à prévoir quand ils ont été prédits , deviennent la conséquence du plus grand de^ miracles :rinterventiGt perpétuelle de Dieu dans les événements humains. Notre fof| dit saint Augustin , est affermie des deux côtés. Ni les ap6très , ni nous , ne pouvons douter : ce qulls ont vu dans la source les a assurés de toute la suite ; ce que nous voyons dans la suite nous assure de ce qu'ils ont vu et admiré dans la source.

Ainsi nous pouvons dire que depuis dix -huit siècles Diei est intervenu et intervient miraculeusement sur la terre. Plus nous nous éloignons de l'origine du Christianisme, plus la preuve devient forte , plus l'accomplissement est visible et perpétuel , plus les prédictions deviennent des récits , les promesses des réalités. Le merveilleux est historique. Les prophéties sont de l'histoire , et les miracles des faits certains. La conversion de l'univers, résultat des prophéties et des miracles, est aujourd'hui le plus grand des miracles, et suffirait seul pour rendre, comme l'a dit saint Paul, notre foi raisonnable.

Maintenant que faudrait-il pour soumettre les es|^ts?

filSOOORS PRÉLIMINÂIBE. xldl

Qiieb plus grands prodiges poarrait-on demander ? Quels mlineles nouyeaux seraient plus paissants pour persuader l'u- [fllyeni?

Diea a donc parlé par les éyénements d'une manière aussi •oiennelle que par le spectacle imposant de l'univers. Dieu a iidt oitendre sa voix à la terre ; sa Justice et son amour sont manifestés à tous les yeux. Et comment alors pouvoir douter de toutes les prophéties du second avènement que nous alkns développer dans la suite de ce discours?

Ouvrons le livre des Chrétiens et le livre des Juifs , ces livres qui contenaient l'histoire de tout ce que nous voyons ^ interrogeons les nouvelles prophéties qui complètent et dénouent le drame de la destinée humaine.

Tandis que les Juifo sont toujours dans Tattente du premier avènement du Messie , déjà le second se prépare , et les Qirétiens attendent le retour de Jésus-Christ.

Quand l'ordre des siècles sera révolu , dit Bossuet , les mystères de Dieu consommés , TËvangile annoncé par toute la terre; quand le nombre de nos frères sera rempli, quand la sainte société des élus sera complète , quand il n'y aura plus de vide dans les célestes légions où la désertion des anges rebelles a laissé tant de places , alors il sera temps de détruire pour jamais la mort et de la reléguer aux enfers d'où elle est sortie. Aussi , tous les oracles attestent la résurrection. L'heure vient où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'entendront auront la vie : Esprit, soufflez sur les morts, et qu'ils revivent, et les ossements s'approcheront des ossements, et les nerfs et les chairs les recoavriront, et la peau s'étendra, et l'esprit entrera en eux ,

t. DISCOURS PRÉLUONimS.

et rarmée innombrable des morte se lèvera sur ses pli

J'assemblerai 9 dit le Seigneur, toutes les nations dans vallée de Josaphat , et je me placerai sur un trône pour Juger. Alors, ajoute Daniel, ceux qui dorment dans la sière se réveilleront, les uns pour la vie étemelle, les M pour un opprobre qui ne finira pas. Le soleil, dit saint thieu , s'obscurcira , les étoiles n'ayant plus de nuits à éetaij rer tomberont du ciel , alors le signe du Fils de rhomme raitra dans les cieux , et le Fils de Thomme viendra sur nuées avec une grande puissance et une grande majesté, faut, dit saint Paul, que nous soyons présentés devant tribunal de Jésus-Gbrist afin que chacun reçoive ee qui appartient selon qu'il a fait le bien ou le mal. Dieu vrira ce qui est caché dans les ténèbres, et manifestera secret des cœurs. Dans le bruit d'une effroyable tempête, cieux passeront , dit saint Pierre , les éléments embrasés dissoudront , la terre , avec tout ee qu'elle c(mtient ^ sera sumée par le feu.

Enfin , le Seigneur lui-même , après son second avi ment , dira aux justes : Venez, les bien-aimés de mon Pèi dans le royaume qui vous a été préparé dès le commene|| ment du monde ; allez , maudits , au feu éternel préparé m démon et à ses anges.

Nous allons voir maintenant tous les traits épars des pri^ phètes et des évangiles réunis dans un seul tableau. Et qà ya nous l'offrir? Celui qui avait puisé tous les secrets de \% venir dans le sein du Verbe lui-même , le prophète de la no» velle loi , l'ami du Seigneur , qui fut apôtre , prophète, évafr géliste , le Verbe du Verbe , Verbum Verbi.

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pe£liminurb. u

> Je Tis un grand trône éclatant de bianchenr , dit saint iéan, et quelqu'un assis, devant la face duquel la terre et % cML s'enftdrent , et leur place même ne se trouva plus. Et Js vis lés morts , grands et petits, devant le trône; les livres tageùt ouverts, et un autre livre, le livre de la vie , fut encore ouvert , et les morts furent Jugés selon leurs œuvres sur ^ es qui était écrit dans ces livres. La mer rendit ceux qui ; étaient morts dans les eaux ; la mort et Tenfer rendirent aussi leurs morts, et chacun fut Jugé selon ses œuvres. L'enfer et la mort fiirent précipités dans Tétangde feu^ la seconde mort. Et quiconque ne se trouva pas inscrit dans le livre de vie fut Jeté dans Tétang de feu. Et Je vis un ciel Bouveau, une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre avaient disparu , et la mer n'était plus. Et moi , Jean , Je vis descendre du ciel , la sainte cité , la nouvelle Jérusalem, qui venait comme une épouse parée pour son époux. Et J'entendis une grande voix sortie du trône , qui disait : Tdd le tid)ernacle de Dieu avec les hommes, et il demeurera avec eux , ils seront son peuple , et Dieu , au milieu d'eux , sera leur Dieu ; et Dieu essuiera toutes les larmes de leurs ]^eux , et la mort ne sera plus, ni le deuil, ni les cris, ni la douleur. » Et quand doivent s'accomplir tous ces événements? Après que les Juifs auront reconnu Jésus-Qirist et qu'ils auront travaillé à la conversion de l'univers ; après que l'Antéchrist aura paru sur la terre.

Ces prophéties que vous venez d'entendre sont aussi claires , aussi formelles que les prophéties qui regardent le premier avènement. Ne remarquez-vous pas ici la fin du monde, la résurrection, le jugement, la séparation des bons et (des

U\ MSGODRS PBÉLIMIRAIRE.

méehaDts, les splendeors des cieox et les horreurs c btme? Les livres dans lesquels elles sont contenues so mêmes livres ou nous trouvons prédits et la conversi monde, et le royaume spirituel des successeurs de Fier la ruine de Jérusalem et la dispersiim des Jui&. La i monde, la résurrection des morts, le jugement demi* ciel et l'enfer, sont donc des événements qui arriveront manière aussi infaillible .que tous les événements f avant Jésus-Christ.

Puisque nous ne pouvons pas douter des premières f tions dont nous voyons Faccomplissement sous nos ; comment douterions-nous des secondes? C'est sur la f premiers oracles qui manifestaient la venue du Christ q apologistes des premiers siècles annonçaient le second s ment. Saint Justin disait, il y a seize cents ans , aux reurs romains : « Nous avons vu que tout ce qui est avait été prédit avant Tavénement, nous devons cr l'accomplissement futur de tout ce qui n'est pas encor Usé. Qu'avaient annoncé les prophètes? Un double avén< du Christ. Dans le premier, déjà accompli, il devait p« tel qu'on Ta vu, humilié et souffrant j dans le second < prépare , on le verra descendre du ciel environné de et d'immortalité , envoyer les méchants dans un feu é pour y souffrir à jamais avec Tange des ténèbres. »

Quand David, Isaîe, Daniel, annonçaient, au roilli nations guerrières et maîtresses du monde, la venue Juif, d*un fils des pasteurs de la Chaldée qui devait ger l'univers , cet événement apparaissait dans le loii enveloppé d'une grande obscurité. Que pensaient les

DiSGOUBS PEÉLUONAfflfi. un

liais, les Fenes, les Grecs, les Romains, maîtres et vainlaenr des Juib , de cette monarchie spirituelle s'étendant sur b monde entier, et de la conversiim du monde attendue par hs Juifs ? Us pensaient ce que beaucoup de personnes pensent «({onrd'hai lorsqu'on leur parle de la conversion des Juifs, ie la venne de rAntechrist, de la fin du monde, de la ré* svrectioii des morts , de l'enfer et du ciel. Quand les proyhètes annonçaient la chute des idoles, la connaissance du vrai Dieu se répandant sur toute la terre ; quand Jésus-Christ disait à Pierre qu'il deviendrait pécheur d'hommes et que F^gUse reposerait sur lui , ces prédictions avaient besoin d'être accomplies pour être comprises. Aujourd'hui elles sont trii^slaires pour nous; mais ces prophéties étaient-elles plus eUres que les prophéties des derniers jours ? Non , sans doute. Les premiers événements annoncés par les prophètes, et qui feappent ai^ourd'hni nos regards, étaient moins faciles à cnAre qoe les derniers.

La foi est donc obligatoire pour tous les hommes , et l'Eerftnie a raison de dire que celui qui ne croira pas périra. QpA pourrait, après tant de preuves si éclatantes, ne pas croire en Jésus-Christ et être absous au jour du jugement? Quel est nomme qui n'a pas entendu parler maintenant de Jésus- Christ ? La chaîne des prophéties de quarante siècles se termine à Jésos-Christ, et vingt sièdes bientôt dq^ois le miraeie de l'accomplissement de ces prophéties n'attestent-ils pas sa divinité ? Jésus-Christ , ainsi que le dit le Psalmiste , a donc l^aeé son tabernacle dans le soldl ? Pour qui Rome et Jérusalem ne s(mt-eUes pas des témoignages vivants de la justice ekdte la miséricorde divines?

Mv DISCOURS ntËLIMINAIRE.

Choisissez donc entre ces deux croyances, car l'une 09 Tautre doivent être nécessairement les vôtres. L'homme ail t<mibé y et Dieu nous a tant aimés qu'ii nous a donné son pioi pre fils pour rédempteur ; le Verbe s'est fy\t homme pour éta ver les hommes Jusqu'à lui , il a changé le monde pour pnMH L ver sa venue , ou Dieu a permis qu'on simple artisan ftti f annoncé pendant quatre mille ans comme un Dieu, agit conuM k un Dieu par ses miracles et par ses prédictions, se fit adorv i de toute la terre comme un Dieu , et cependant ne fAt qn'itfi m homme. |

Vous voilà placés entre une croyance sublime conformée la nature de Dieu , à la nature de l'homme, et une idée mcfUs* trneuse aussi déshonorante pour Dieu que pour Thommei car Dieu lui-même, si Jésus-Christ n'était pas Dieu, aurait créé une nouvelle idolâtrie !

Qui parmi vous* pourrit hésiter, qui ne proclamerait pM Jésus-Christ, fils d'Abraham et de David, le Messie, le Bé* dempteur promis, le Dieu do ciel et de la terre, le juge des vivants et des morts , puisque lui-même il s'est dit Dieu ? Si Jésus-Christ n'était pas Dieu , Dieu aurait divinisé Timposturç et trompé l'univers.

Qui sait si nous sommes bien éloignés des jours de Thomme du péché , de celui dont l'entrée dans le monde sera suivie de prodiges et de mensonges , celui qui doit être le l^gne précurseur des derniers temps ! Gomme la mer et la terre doivent lui obéir^ selon les Pères, que toute l'Eglise doit être persécutée par lui , et que son règne doit être fort court, une année, deux années et une demi-année, il faut que lespeo- J[>les soient dans une communication presque aussi rapide qam.

DISCOURS PRÉLIMINAIRE. lv

la pensée^ pour que les événements qni regardent l'Antéchrist loient universels ; et n*est-ce pas là ce que nous voyons s'accomplir sous nos yeux par ces progrès des lumières et des sciences qui feront bientôt de toutes les nations un seul peuple? Les anciens Pères disaient que les démons de Tair et des eaux dbéiraient à l'Antéchrist. Ne voyez-vous pas aujourd'hui ces ailes données aux vaisseaux , Feau acquérant une si grande pcdssance par l'action do feu^ toutes les pensées de l'homme portées à travers les airs d'un pôle à l'autre^ la vie des peuples mise en communication pour rendre possible le règne si court de T Antéchrist sur l'univers? Ne semble-t-il pas que nous approchons de ces Jours où les ossements desséchés des enfants d'Israël se relèveront et se réuniront pour recevoir une nouvelle vie? Les rois de l'Aquilon ne sont-ils pas à la veille de chasser Ismaêl , le fils de l'imposteur, des pays conquis sur Isaac, pour y réintégrer les fils d'Abraham selon la chair? Ne pourrait^on pas penser que tous les efforts de l'Europe afin de conquérir le tombeau du Christ n'ont été impuissants que pour rendre plus sensible le dessein de Dieu sur les Juifs , destinés peut-être à reconquérir le tombeau de Jésus-Christ le jour où ils reconnaîtront celui quils ont percé !

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