‹ La divinité de Jésus-ChristChapitre 6 sur 39 · S XLVII · texte numérisé non relu

S XLVII

Héb.j ch. 19, y. 20. — « En disant : C'est là le sang du Testament que Dieu vous a confié. »

Où un testament existe , il faut nécessairement qu'il y ait eu mort du testateur. Dieu est le testateur ; mais sa divine nature ne pouvant recevoir la mort, il s'ensuit que la personne qui a dû mourir pour donner lieu à Texécution du testament , et qui est morte en effet comme un homme , était I également Dieu et testateur. C'est pour exprimer cette étroite I* et parfaite union des deux natures dans la seule personne du Christ , que ce qui est vrai seulement de Tune, est prédit de toutes deux. A l'appui de cette assertion , voici deux autres exemples :

Apocal.j 5, v. 9. « Parce que vous avez été mis à mort et qne vous nous avez rachetés pour Dieu par votre sang. »

Une distinction se fait voir ici entre les deux natures du Christ : l'acte de notre rachat au prix de son sang est attribué à l'Agneau , le Messie de l'humanité.

Mais ailleurs , ce même acte est attribué à sa divinité : « Soyez attentifs sur vous-mêmes et sur tout le troupeau dont le Saint-Esprit vous a établis évêques, afin de gouverner TEglise de Dieu , qu'il a acquise par son sang. » (Act. des apôt, 20, V. 28.)

Non pas que Dieu, à strictement parler, ait de son propre sang à répandre ; mais celui qui a versé son sang pour nous était Dieu en même temps qu'il était homme ; en d'autres termes, ie Dieu et l'homme se trouvaient unis dans la même

personne. Ainsi s'explique une chose qui manquerait d'exactitude sans une pareille union.

William Jones> termine son remarquable travail par une conclusioQ dans laquelle il résume l'ensemble des considératioDS dont nous avons donné quelques extraits. Il a prouvé, dans son dernier chapitre, que Jésus-Christ est le Seigneur des auges , le commencement et la fin ; qu'il n'existe pas de Dieu plus grand que lui ; qu'il est le Sauveur du monde et le Dieu des saints prophètes et des apAtres ; le Dieu très-haut , celui qui lit au fond des cœurs ; que nous l'avons connu et compris sous le nom de Dieu , avec qui le monde s'est réconcilié. Quoique le Verbe de Dieu soit descendu dans ce monde, il n'en est pas moins Dieu dans la même nature divine que celui qui l'a envoyé. Jésus-Christ , homme parfait , issu de la race d'Abraham, né d'une mère^ et en toutes choses semblable aux hommes , au milieu desquels il voulait ainsi paraître , Jésus-Christ n'en portait pas moins en lui la plénitude de la divinité. Il a souffert, il est mort, il a été percé sur la croix, il nous a rachetés de son sang; mais ce sang était le sang de Dieu , et sur la croix c'est Jéhovah qui a été percé.

An 1749. — Gœthe.

Gœthe , l'un des plus illustres littérateurs de l'Allemagne, a laissé dans plusieurs de ses ouvrages des preuves incontestables de sa foi dans les doctrines chrétiennes et en Jésus- Christ, leur divin fondateur.

Il s'exprime ainsi dans Tun de ses ouvrages intitulé : Ma Vie. « La moquerie voltairienne expira ; alors naquit dans beancoup d'esprits une tendance directement opposée, consistant à s'enfoiyer dans les mystères les plus obscurs de ce

livre de Dieu , devenu la source des plus hautes méditations, des plus hardies conjectures de la part des ûmes qui, lassées d'un présent sans charmes, ne peuvent vivre que dans le passé et dans un avenir rayonnant pour elles d'espérances...

« La philosophie à mes yeux n'était que secondaire , la plus grande opposition entre nos amis et moi venait de ce que je soutenais qu'on peut s'en passer, et que tout ce qujelle a d'important est déjà contenu dans la religion et la poésie

« De toute éternité la Divinité se produit par elle-même; mais la production ne pouvant se concevoir que comme variété. Dieu, en se produisant, doit se révéler nécessairement comme un second lai-même, et c'est ce que nous appelons le Fils. Or, ces deux personnes ne peuvent s'empêcher de poursuivre l'acte producteur, et de là sort une troisième personne, aussi nécessaire, aussi éternellement vivante que les deux autres, et qui complète l'idée de Dieu. Par elle le cercle divin est fermé , et Ton ne conçoit aucune possibilité pour ces trois personnes d'en produire une quatrième qui leur serait totalement semblable. Cependant , comme le besoin de produire ne s'éteint jamais, elles créèrent un quatrième être , mais qui déjà renfermait en lui une contradiction , étant indépendant comme Dieu , et pourtant contenu en lui et limité par lui. Cet être, c'est Lucifer.' »

Après avoir parlé de la création des anges , de leur révolte, de leur punition , Goethe arrive à la création de l'homme, à la chute, à la rédemption : « C'est l'époque où jaillit dans le temps ce que nous appelons le fluide de la lumière , et où commença à se révéler ce qui est raconté de la création , suite d'émanations sortant les unes des autres , et s'épanouissant de plus en plus sous le souffle d'ËIohim ; mais , à ce monde nouveau , il manquait un être capable de le re-

' C'est ici une idée particulière de Goethe»

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