‹ La divinité de Jésus-ChristChapitre 105 sur 152 · I. Vie de Jésus, p · texte numérisé non relu

I. Vie de Jésus, p

soi! prête à des actes si honteux. » -- Pourquoi, si gra'ité critique, aujourd'hui, les renouvelle ?

Mais surtout, et c'est là le courolmement de l'ceuvre qui passe non-seulement tout ce qu'on a vu sur ce sujet, mais tout ce qu'on verra, M. Renan tient à disculper Pilate, à disculper les Juifs du déicide. Ce sang du Juste, qu'ils appelèrent cux-mêmes sur eux et sur leurs Cllfants, pèse, ce semble, de tout son poids sur lui seul COlnmc un cauchemar. Il faut qu'il le rejette. .Mais encol'e aie sera-t-il satisfait qu'à demi, s'il ne le rejette, -- sur qni?- sur la victime, sur les chréliens. -- Cela n'est pas croyable, direz-vous. -- Il est vrai; mais cela est.

II commence d'abord par laver de nouveau les mains (le Pilate. -- Ces mots : Qe son sag retombe sur no«s et sm' os et[ants qui proclamaient la responsabilité du 1)rocuratenr romain sans l'en décharger, « ces mots, dit « M. Rellan, furent-ils réellement prononcés? On peut « en douter. Mais ils sont l'expression d'une profonde « vérité historique. » --Comme on le voit déjà, il écarte ce sang des mains de Pilate et de la tète des Juifs, et il le retient pour compte de qui il appartiendra. -- « Yu l'attitude, continue-t-il, que les Romains avaient « prise en Judée, Pilate ne pouvait guère/ab'e q«e ce « qu'il fit. Combien de sentences de mort dictées par « l'intoldrance religietse ont forcé la main au pouvoir

lOtVlI,t,r: rASSlO. 3,11 « civil! Le roi d'Espagne » (comme il arrive bien ici, le roi d'Espagne!) « qui, pour complaire h un « [anatique(nous y voilà!), livrait au bûcher des « centaines de ses sujets, était ph«s bldmable que « late; car il représentait un pouvoir plus complet que « n'était encore à Jérusalem celui des Romains ..... Le « bras séculier derrière lequel s'abrite la cruauté clé- « ricale, n'est pas le coupable, etc., etc. » Comme on le voit, les choses sont déjà bien avancées, et si lI. lenan ne conclut pas dès à présent que le parti clérical est le coupable, c'est qu'il est bien modéré. liais patience, suivons la dég'ad«tion d«.ç nuances. « Ce ne furent donc ni Tibère ni Pilate qui condam- « nèrent Jésus. Ce fut. le vieux parti jui" ce fut la loi « mosaïque. Selon nos idées modernes, il n'y a nulle « transmission de démérite moral du père an fils... Tout « Juif, par conséquent, qui souffre encore anjourd'hui « pour le meurtre de Jésus a le droit de se plaindre. « Mais les nations ont leur responsabilité comme les « individus. Or, si iamais crime fut le crime d'nne « nation, ce fut la mot' de Jésus. Cette mort fut LÉ6ALE « en ce sens qu'elle eut pour cause première une loi « qui était l';'tmc même de la nation. »

Comment? une loi d'immoler celui dont le juge même proclame qu'il n'« rien troucé en bd de ce dont on l'accuse, et qu'on ne l'a convaincu d'aucun crime '; . Luc, xxm, 4-'t, 22.  Jean. xx. 6.

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demandant quel »al a-t-il ](tit 17 rejetant sur ses accusateurs le .çan 9 de ce Juste  et les accusant de ne le poursuivre quepar enfleS? une telle loi d'iniquité juridique serait l'«me, non d'un parti, mais d'une nation] Mais c'est là une calomnie de M. Renan, dont tout Juif, ce me semble, a le droit de se plaindre.

M. Bcnan, toutefois, exprime sa pensée, et les Juifs 'ont Ore disculpés à la charge de Jss.

« La loi mosaique, dans 'sa forme moderne, il esl « 'rai, mais acceptée (ce n'esl donc plus le vieux parti « juif?), prononçait la peine de mort contre tonte ten- « lativc pour changer le culte établi. 0r, Jésus, sans nul « doute, attaquait ce culte et aspirait à le détruire. Les « Juifs le dirent à Pilate avec une FRANCHISE SI31PLE ET « xnam () " « Nous ax'ons une loi, et, selon cette « loi, il doit mourir; car il s'est fait le Fils de Dieu. » « Le loi est délcstablc; mais c'était la loi de la fdrocité « antique, et le héros qui s'offrait pour l'abroger devait « av(mt tout Itt subir . »

Voilà le St'VE »U Ot, bien et d6ment convaincu, et ses bourreaux appuyés par M. le procureur général Beuan près le prétoire impérial en Judée, donnant ses conclusions dans le procès.

t. 1)Iarc, xv, 14.

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