Id., ibid
60 JÉSVS-CItRIST.
« y dit-il, apparaît toujours oi, riait la science cxpéri- « mentale de la nature '. » -- « Près d'un siècle avant e( Jésus, Lucrèce avait exprimé d'une façon admirable ,, l'inflcxibilit6 du régime g6néral de la nature. La n6- « gation tlu miracle, cette id6e que tout se produitdans « le monde par des lois o l'intervention personnelle « « crre sup6ricurs n'a aucune part, 6tait de droit « conmun dans les grandes écoles de tous les pays qui « avaient reçu la science grecque. Jésus ne sut rien de « ce progrbs . »
-- Si le raisonnement était permis, si la raison pouvait se faire entendre, il nous suffirait de dire que le« science expc'imentale de la atm'e, en dçcouvrant les lois admirables qui la rdgissent, découvre par cela mme la sagesse surnaturelle qui les lui a données, comme l'empreinte décgu'ré le cachet, et que l'inflexibilité de ces lois dans leur sujet, qui est la nature, ne prouve pas leur inflexibilité dans leur ataeur, qui est Dieu; que cette inflexibilité dans leur sujet prouve, au contraire, la supreme puissance qui les mainlient ; et que, comme elles ue sont pas métaphysiquement n6cessaires, on doit admettre, h moins de nier ouvertement cette toutepuissance, que la même inflexibilité qui la proue'e, prouve qu'elle peut y déroger. D'ot suit, ce me semble, que loin qu'on puisse écarter la question du surnaturel t. Libevtë de penser, p. 41.
LA MÉTHODE, 61 et des miracles par nne fin de non-discuter tirée de leur impossibilité, il .faut renverser la proposition et dire avec Jean-Jacques « Cette question, sérieusement trai- « tée serait impie si elle n'était absurde; ce serait faire « trop d'honneur à celui qui la résoudrait négative- « ment que de le punir; il suffirait de l'enfermer. Mais « aussi, quel homme a jamais nié que Dieu pùt faire « des miracles * ? »
-- Eh bien, soit! dit M. Rcnan. « Nous ne disons pas - « Le miracle est impossible; » nous disons « Il « n'y a pas eu jusqu'ici de miracle constaté . » -- Nouvelle question, répliquons-nous enhardis par cette concession, question qui n'est plus philosophique, mais purement historique, et sur laquelle nous demandons à faire entendre nos témoins, les témoins oculai'es et les historiens fidèles des miracles de JÉs,s, JsJs lui-même, qui les invoquait comme preuves de sa divinité; et les peuples de la Judée, le monde entier renversé et converti par la vue de ces prodiges. -- Point du tout, dit M. Renan. Il faut que le thaumaturge qui s'annonce comme pouvant, je supposc, ressusciter un mort, comparaisse devant une commission composée de physiologistcs, de physiciens, de chimistcs, de critiques; que cette commission choisisse le cadavre, désigne la salle, règle les précautions, et « si, t. Lettres de la Monta9ne.