Id., ch. XLVIII, 3, o
I iO JÉSUS-EIIRIST, snrnatnrcl, qne par la vérité du caractbre messianique en JÉsus. Selon M. Ienan, il n'en serait rien; Jésus n'aurait été qu'un habile et lletreux interpr/tc des prophétics.
Il n'est persomm qui ne soit frappé de l'impossibilité de ce systbme. Qu'un homme qni n'aurait pas été réellement le Messie, ait parn à l'heure prédite depuis l'origine du monde, et où le monde l'attendait; qu'il ait dté sans rival dans l'entreprise d'en jouer le rble, ou plnt'% que les faux messics qni se produisirent alors n'aient servi qn'à témoigner qu'il devait y en avoir un v6ritablc, et qne lui seul l'élait; qu'il ait. été» dès le premier jour, à la hauteur de cette prodigieuse mission; qu'il en ait rempli de point en point le programme gantesquc dans son double caract;:re d'obscnrité et de gloire, d'immolation et de triomphe ; que la conversion des Gentils et la réprobation des Juifs, ce mystère aussi éclatant dans l'annonce, qu'impé!étrable dans l'événement, se soient, opCées par lui d'une manibre si littéraie et si colossale; que les événements qui ont suivi sa mort, comme ceux qui ont marqué sa ,cié, se soient universellement rangés à cette justification, à cette consommation en lui des prophéties; que l'attente incessante dont il avait été précédé ait cessé h jamais à partir de lui; qu'en un mot, il ait tellement rempli cette attente prophétique, que l'événement n'aurait pas été plus d'accord avec la prophéic, si la prophétie avait été
LES PROPHËTIES. ! | faite sur l'évdnemênt, et que ce ne soit pas là le vrai MESSIE : voilàun prodigcplusgrand que celui qu'ou veut éviter, car il henrte et confond la raisou, que l'aulre dépasse seulement et transporte.
Or, bi. lenan ne diminue eu rien ce grand caractère messianique de JÉsus; il l'avoue, en se donnant le ridicule d'en faire rejaillir sur lui les conclusions. Jésus, selou M. lenan, n'hésite pas à se poser comme l'objet des prophétics. Ses idées et ses résolutions s'expriment avec une uetteté parfaite. « La loi sera abolie ; « c'est lui qui l'abolira. Le Messie est veuu; c'est lui « qui l'est. Le royaume de Dieu a bicnt6t se rév61er; « c'est par lui qu'il se révélera. 11 sait bleu qu'il sera « victime de sa hardiesse; mais le royaume de Dieu ne « peut être conquis sans violence; c'est par des crises « et des déchirements qu'il doit s'établir. Le Fils de « l'homme, après sa mort, viendra avec gloire, et ceux « qui l'auront repoussé seront confondus'. Quelques « partisans des idées mcssianiques avaient déjà admis « que le Messie apporterait une loi nouvelle qui serait « commune à toute la terre. Les Esséniens, qui étaient « à peine des Juifs, paraissent aussi avoir été indiffé- « rents au temple et aux observances mosaïques, biais « ce n'étaient là que des hardiesses isolées ou non « avouées. Jésus le premier osa dire qu'à partir de lui,
t. Vie de Jésus, p. ")30, 237.
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ou plutôt à partir de Jean, la loi n'existait plus... Il usait à ce sujet de comparaisons 6uergiques : « On ne raccommode pas, disait-il, du ,deux a'ec du neuf. On ne met pas le 'in nouveau dans de vieilles outres. » Voilà, dans la pratique, son acte de maître et de crôawur.., il appelle tous les hommes h un culte fond6 sur h'ur seule qualit6 d'enl'auts de Dieu. 11 proclame les droits de l'homme, non les droits du Juif; la reliion de l'homme, non la religion du Juif; la livrance de l'homme, non la délivrance du Juif. Ah que mus sommes loin d'un Judas Gaulonite, d'un Maflfias Margaloth (fanx messies) prêchant la réolution au nom de la loi La religion de l'humanit6, 6tablie non sur le sang, mas sur le cur, est fondée. Moise est dôpassô; le temple n'a plus de raison d'5tre et est irréocablement condamné '. »
Voilh commeut M. Renan avoue le grand caractère messianique de JÉsus : caractère h la dimension des prophéties, et qui complète la démonstration qui en
Mais ce qu'il n'avoue pas si bien, assez eependaut pour que nous pnissions en tirer avautage, ce sont les prophéties de Jsus lui-même.