Id., ibid., p
« hors ligne pour les discours; là soat les Logia, les « notes mêmes prises sur le souvenb" vi[et net de l'en- « seignement de Jésus. Une espèce d'éclat à la fois « doux et terrible, une force divine, sij'ose le dire, « souligne ces paroles, les détache du contexte, et les « rend ponr le critique facilement reconnaissables. La « personne qui se donnera la tâche de faire, avec l'his- ,t toirc evangëlique, une composition régulière, pos- « sèdc, à cct égard, unc excellente pied're de to«he. « Les vraies paroles de Jésus se décèlent, pont ainsi « dire, d'elles-mëmes; dès qu'on les touche (dans ce « chaos de traditions d'authenticité iiiCale'), on les « sent vibrer elles se traduisent spontanément, et « vieuncnt d'elles-mêmes se placer dans le récit où « elles gardent un relief sans pareil. »
Saint Iarc a une valeur différente, mais non moins importante; car il l'emporte autant sur saint Matthiet,, pour le récit, qu'il lui cède pour les discours. Les pal'ties narratives dans saint llatthieu n'ont pas, en effet, suivant M. Renan, la même autorité que les discours. Il s'y lrouve beaucoup de légendes d'un contot, r assez mou, sorties de la p;.été de la deuxième génération chré. tienne. (Nous rechercherons, dans un instaut, les raisons que doit donner sans doute M. Renan à l'appui de cette grave opinion.) Reste que « l'évangile de Marc t. Nous mettons entre parenth6ses les passages objet de nos réserves dans les citations.
LES ÉVANG]LES. 4 65 « est bien plus ferme, plus précis (moias char de « fables tardivemet insres) c'est celui des trois sy- « noptiques, qui est resté le plus ancien, le plus origi- « nal (celui oh sont enus s'ajouter le moins d'éléments « postCieurs). Les détails matériels ont, dans Marc, « une nettetd qu'on chercherait vainement chez les « autres éangélistes. Il est plein d'observations minu- « tieuses, enant sans nul doute d'un tdmoin oculaire. « Bien ne s'oppose à ce que ce témoin oculaire, qui « dcidemment avait suivi Jésus, qui 1 a at aim6 et « 'egardd de très-]»'ès, qui en avait conservd ute vive « hage, ne soit l'apbtre Pierre lui-même, comme le « veut Papias. »
Chacun des trois premiers Éangiles se recommande ainsi à un très-haut degré d'authenticité et de crédibilité par des caractères diff6rents, dont nous contestons, bien entendu, la répartition, mais qui nous suffisent comme aeu.
Beste le quatrième, celui de saint Jean. M. Renan est animé, à son égard, des dispositions les plus défavorables; et cela se conçoit, si l'on remarque que cet Évangile a été plus particulièrement composé contre lui, l'ayant été contre les négateurs de la divinité de JÉSUS-CItRIST. Aussi M. Renan débute-t-il par élever des doutes sur l'authenticité de cet Évangile, et par le
Vie de Jësus, inlroduction, p. xxxv-xxxx.
4 (;6 JSUS-CnIST.
déprécier sous un faux air de critique scrupuleuse et impartiale. « Tout cela est grave, conclut-il, et, pour « moi, je n'ose être assuré que le quatrième évangile « ait été écrit tout entier de la plume d'un ancien p- « chenr galil6en. » Voil le plus haut point de la criliqu coh'e saint Jean. Mais elle ne pou'ra pas mëme s'y tenir, et la v6rit6, manifestée par les travanx dont cetle question a 6t6 l'objet, oblige Xl. Renan h une première contssion.
« Mais, qu'en somme, dit-il aussit6t, cet 6vangile « soit sorti ver» la fin du premier siècle de la grande « 6cole d'Asie Mineure, qui se rattachait à Jean. qu'il « rions repr6sente nne version de la vie du maltre digne « dëtreprise en haute con.çideation, et souvent d'être « pr6f6r6e; c'est ce q«i est deontré, et par des t6moi- « gnages ext6rieurs, et par l'examen dn documeut lui- « même d'une façon qui e laisse rien à désirer. » D6veloppant ce premier aveu, M. Renan arrive à un second : c'est que l'Évangile est n6cessairement de saint .[ean lui-même. On ne peut mieux plaider contre soi : tant la v6ril6, derrière lui, le ponsse et le domine. « Et d'abord, continue-t-il, personne ne doute que, « vers l'an 150, le quatrième 6vangile existat et fût at- « h'ibu6 à Jean. Des textes formels de saitt Justin, d'A- « th6nagore, de Tatien, de Th6ophile d'Antioche, d'If6- « n6e, montrent, dès lors, cet 6vangile mël6 à toutes « les controverses, et serx, ant de pierre angulaire au