‹ La divinité de Jésus-ChristChapitre 59 sur 152 · Marc n[ 12. -- Actes i · texte numérisé non relu

Marc n[ 12. -- Actes i

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litA : double garantie que toute commission de vérité doit présenter '.

Ce 1,'est donc pas l'idée d'une commission que je critique, mais c'est, dans cette commission imaginée par M. Benan, l'absence de toute précantion nécessaire pour e laisser pénélrer aucnne errent. M. Renan, eu cttçl, qui prend tant de précantions contre Dieu, a totalement oubli6 d'en prendre contre l'hommè; contre l'homme qui est précisément le sujet de l'erreur. Il est xrai qu'il choisit des physiologistes, des physiciens, des chimistes et des critiques.

Mais itom • 6Ire sacatt on n'en es{ pas moin. Immme.

Pour a+,oir cru ,' let rel,/ion et n'y plus croire, on n'est pas sans ëtre capable de prévention, de parti pris, de ressentiment. Il n'en paraît rien assurément dans les

1. Un genlilhomme anglais, iwoleslanl, élant à Rmw. un prélai avec lequel il dlait iid lui donna h lire un proc6s-erbal qui conlenail la iweuxe de llusieurs miracles..tin'ès i'axoir lu axec beaucoup d'allenlion, il dit eu le rendanl : « Si Ious les miracles tt qu'on reçoit dans l'Église romaine dlaient dtablis sur des preux es « aussi éxidenles que ceux-ci, nous n'aurions ara'une peine à v « souscrire. -- Eh ]tien ! répoudil le prélat, de tous ces miracles « qui xous lmraisseul si axdrds, aucun n'a Oie admis par la con- « t almn des Riles, parce qu'on ne Ifs a pas crus suflisam- « ment IWOUXéS. » Le protestant, dtom6 de cette rdponse, aoua qu'il n'v avait qu'une axeugle préentiun qui pùt. combattre la canonisation des Saints, et qu'il ne se serait jamais figurd que l'altenlion de l'Église remairie allât si loin dans l'examen qu'elle fait des miracles.

écrits de M. lenan ; mais enfin, l'humanité est ïaible, et, lorsqu'il s'agit d'un s grand intér.t que la foi du genre humain, il faut tout prévoir. Il faut s'assurer que, comme Papias le dit de nos Évangélistes, la commission dont il s'agit n'aurait qu'un souci, celui de ne rien omettre des choses, et de n'y rien me.let de faux. C'est pourquoi je proposerais un amendement au projet de cette commission.

Cet amendement aurait trois articles.

Le premier, que les membres de la commission commençassent ax'ant tout par dëposcr tous leurs intérëts personnels, leurs traitements, leurs bénéfices d'auteurs, leurs sinécures, etc., comme saint Luc quitta sa clientble, saint Matthieu sa banque, et saint Jeau ses filets; Le second, qu'ils scelleraientleur témoignage de leur sang, et qu'ils se feraient égorger pour le soutenir; Le troisième, enfin, que tout le monde p6t assister aux expériences. « Ni les personnes du peuple, dit « M. Renan avec un dédain par trop superbe, ni les « gens du monde ne sont compétents pour cela'. » Nous ne pensons pas comme M. Renan. Nous croyons, au contraire, que le public est le grand jury en cette matière, etque c'est le cas de l'adage : loxpopMi, vox Dei. Après tout, pour savoir si un homme est bien mort, s'il est enterré depuis trois jours, et s'il sent

t. Vie de Jésus, introduction, p. L.

c"2 JÉSUS-CIIP, IST.

mauvais, sa parenté, ses voisins, sa ville valent bien un chimiste qui ne l'a jamais connu ; et l'odorat d'un vilain vaut bien cclui d'un critique. Je peuse comme¥oltaire : « qu'une compagnie de grenadiêrs me dise unani- « mêment : no«. vewns «le voir un mb'aele, et je « croirai au miracle. » La commission toute seule, renfermée dans sa salle, me serait sn:-.pecte, je le dis franchement. Ne connaît-on pas les préventions des savauts contre les choses qui les dépassent? Combien de vérités courent le moude, et qui n'ont pu forcer encore les portes de l'lustitut pour y entrer! que serait-ce donc pont en sortir? M. lenan, du reste, nous donuc par avauce la mesure de ce qt'il en serait. Ne vient-il pas mus dire que, le cadavre bien choisi par la conmission, la mort reconnue bleu réelle, la salle désignée, et tout le système de précautions nécessaires pour ne laisser place à aucun doute bien réglé, si, dans de telles conditions, la résurrection s'opérait, me probabilité seulement serait acquise (sans doute parce que la résurrection d'un mort peut être affaire de chance), mais que le thaumaturge serait invité à reproduire son acte merveilleux dans d'autres circonstauces, sur d'autres cadavres, dans nn autre milien, sans assigner le nombre de ces expériences, au bout desquellês, le caractère du miracle affaibli par la fréquence, on ne mauquerait pasde dire, avec 5I. Schérer, que c'est un phénomène naturel. Jusqu'oh l'incrédulité ne peut-elle pas faire extrava-

LES ill R h (]LES. 223 guer la raison! !! n'en est pas ainsi du peuple, qui sera tonjours le grand réscrvoir du bon sens. C'est pourquoi le Christianisme a toujours voulu l'avoir pour t6moin, sans exclure les savants et les témoins de choix. Toute la famille humaie a pu assister aux miracles de la bonté de son Dieu. C'est dans les champs de la Jud6e, par les chemins et dans les places, au grand jour du ciel et de la publicité, que J  s  s faisait ses miracles, et c'est à tort que M. Proudhon a dit qn'ils n'ont eu que des tdmoins privildgids : ceci ne va qu'à l'adresse de M. Benan. 11 y a eu des t6moins choisis par JÉss, il est vrai, pour consigner et publier au loin ces merveilles ; mais ils s'appuyaient sur le grand t6moignage des multitudes qui en avaient 6t6 l'objet.

Dans ces conditions, et ain, moditi6e, nous souscririons à la commission de M. enan.

Mais qui ne oit qu'elle ne serait plus alors qu'une superf6tation de la commission évang61ique et apostolique, et que, jusqu'à nouvel ordre du lnoins, nous devons nous en tenir h celle-ci? Car enfin, saint Luc vaut bien son confr6re M. Littré, saint Matthieu et saint Marc nous offrent autant de garantie que M. Sch6rer et que M. llavet; et quaut à saint Jean, quoiqu'il n'ait pas reni6 son Dieu, quoiqu'il ait blanchi dans la charit6 et qu'il ait us6 même le martyre, il peut bien compter pour M. genan. Qu'est-ce donc si nous venous à y joindre saint Pierre, saint Paul, saifft Jacques, saint

224 JÉSUS-CIIRIST.

Judo, saint Étienne, et tous les apôlres, et tous les disciples, et tous les confesseurs, et fous les martyrs, dont les lettres, dont les actes, dont la vie et la mort sont autant de témoignages des miracles, sont autant de miracles ! Et les peuples, et les villes, et le monde, convertis, retournés du culte de Sérapis et de ¥énus à celui de la Croix ! Et l'univers romain devenu l'nnivers chrétien à coups de miracles, ou ce qui serait plus miraculeux sans lniraclesV Et l l.nse, enfin, sortie de ce miracle des miracles et le perpétuant depuis dix-huit siècles par c prodige de la plus grande faiblesse usant toutes les forces de la terre et de l'enfer, et faisant éclater par là celles du ciel! Quelle masse de miracles et de témoignages du miracle! Que devient auprès de cela le projet. de colnmission de .Xl. Renan? Une salle de l'Institut n'aurait pas suffi à de telles expériences : il a fallu la terre, il a fallu les cieux.

Aussi M. lenan n'y résiste-t-il pas, et, accablé, poursuivi pal" l'éx'idence, il va se réfugier dans un expédient qu'on ne devinerait jamais, et dont M. Schérer, touché de son embarras, ,dent lui offrir charitablement l'issue. Lui qui nous a tant opposé l'inflexibilité du régilne général de la nature, la science expérimentale de la nature, excluant jusqu'à la possibilité du miracle, il en vient

LES IIIRACI.ES. 023 à faire plier ce régime et cette expérience, jusqu'à y fairc entrer le miracle, comme un phénomène puremeut naturel.

Nous l'avons vu, en effet, après avoir prétendu que la prédiction de la ruine du temple par JÉSUS-CnRIST serait tellement miraculeuse par sa précision, qne, de toute nécessité, elle a dû être faite après l'événement, ne pouvant soutenir cette dernière assertion en face de la date des trois Ivangilcs qui rapportent cette prédiction, il ne voit plus alors dans celle-ci qu'un acte de pure clairvoyance. Bien plus, les prodigieuses prophéties de l'Ancien Testament, qui anticipent de deux, cinq, huit et même 'ingt siècles la vue nette des événements les plus inimaginables, s'expliquent naturellement pour ll. Renan « gr':tce à une espèce de sens prophétique qui « rend par moments le sémite merveilleusement apte « à voir les grandes lignes de l'avenir. ,, Généralisant cet expédient, lI. Schérer invite M. Renan à ne pas se donner tant de mai avec les miracles, à s'en tirer par cette présomption que, jusqu'à preuve du contraire, la cause de tout phénomène soi-disant miraculeux, sans en excepter la résnrrection d'un mort, doit ètre tenue pour aturelle.

Ainsi, au fait du miracle, tant qu'ils croient pouvoir le contester ces messieurs opposent hardiment l'inflexibilité du rè$ime général de la nature. Mais le miracle x'ient-il à être prouvé, alors ils échappent à son carac- ,15

6 ,sus-cmusT.

tère surnaturel par la flexibilité de ce même régime, qui s'ou'tre, pour ainsi dire, comme une soupape, par o{t le plus grand miracle disparait. Yrais lnaiciens, la nature, aiusi, leur ubéit, en devenant exclusive ou capable des plus grands miracles, au gré de leur intérët. I1. ela comprend toutefois que ce peut gtre là une ressom'ee pour les cas extrèmes, mais qu'on ne saurait cil abuser; et qu'il faut saoir, tllle fois llU moins, aborder hardiment le miracle, et se tocsin'er avec lui sur son propre terrain : l'authenticité de l'gvangile. C'est ce qu'il tente de faire par l'explicatiul de la résurreetion de Lazare, au graud efl>oi de M. llavet et de M. Schérer, qui se désolent de le voir s'y exposer. « Ce « passage du wolume de M. Renan, dit M. Sclérer, va « devenir, on peut lei»'écoir, le point de mire des dé- « elamations. Les ennemis de l'auteur ne malqueront « pas de triompher d'ull proeédé qui leur semblera « porter atteinte à la sainteté de l'histoire sacrée . » Comlnent M. Schérer, qui juge ce procMé comme nous, et qui prévoit que nous le jugerons comme lui, et qui n'est pas assurément l'ennemi pure-t-il à cette inimitié personnelle ce même jugement de notre part, et comment appelle-t-il déc&mation nous, ce qui est eonwietiou en lti Comme si la soi,teté & i']&to&'e sacr& nous était moins chère qu'à lui, et

Journal le Temps du t juillet 1863.

LES HRACLES. 7 que ce ne frit que par haine p'econçue contre M. Renan que nous flssions sensible h l'homlcIr de (',[s Quant à triompher de l'incrédulité, nous sommes trop habitné pour en abuser dans cette circonstance. Nous serons généveux, en ne faisant quc citer, avec accompagnement de qtclques courtes annotations. A moins que ce ne soit Ore ennemi de l'autem" que de le citer. Mais son ennemi, en ce cas, c'est luimême : et nous convenons qu'il ne saurait ch avoir de plus cruel. Mais avant, qn'on nous perlnctc cette simple observation que, par cette explication d'un miracle de l'Évangile, comme spé«ime de tous les autres, M. fienan fournit un genre de preuve que nous désirions puis longtemps, à savoir" : de mont'cr par la contrepartie de la vérité des faits évangéliques, qne cette 'érité est telle, qu'elle ne laisse à celui qti refuse de l'admettre d'autre parti que les incro)'ables puérilités et les misérables indignit6s qu'on va voir.

« Jésus revint à son séjour chéri de Béthanie, oh se « passa un fait singulier' qui senti)le axoir eu sur la fin « de sa vie des conséqucnces décisies. Fatigués du « mauvais accueil que le ro)aume de Dieu t'ouvait dans « la capitale, les amis de Jésus ddsiraient un grand « miracle qui [rappdt vivemet l'incrddulité hidroso- « lymite . l,a résurveetion d'un homme connu à Jéru-

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