‹ La divinité de Jésus-ChristChapitre 75 sur 152 · SA PERSONNE · texte numérisé non relu

SA PERSONNE

CHRIST docteur, Jl:»sus-Cf[nlST consolateur, Js[Js- C n R I S a  réformateur. Il n'est pas même j usq u'au J É s u s crucifié, autrefois scandale anx Juifs et folie aux Gentils, qui ne soit accepté comme ul héros de constance, de êirandenr d'âme, de dévonement à la cause du genre humain dont il est mort la victime. Tout cela est reçu, parce que, dans tout cela, l'orgueil peut se retrouver, en impntant à un homme et à l'humanité ddns cet homme des 'ertus qui nous flattent et dont on reçoit l'encens.- Mais Dieu enfant, Dieu daus les larges, Dieu dans la Crèche, dans le sein, dans les bras de Marie, et Marie même honorée comme si elle était réellement Mère de Dieu, et parce qu'elle est Mère de Dieu : tout cela est dédaigné, et pourquoi ? Parce que cela ne peut être vrai que si Jsus-Cnis est réellement DEU; parce que l'homme n'a aucune part, ne joue aucun rble dans ces mystères; ne sert qu'à y humilier Dieu, et qu'à être un instrument passif de la grande leçon d'humilité que ce Dieu humilié nous y donne; parce qu'enfin tout le développement de la vie de J  su S- CHIIST et de son œuvre en reçoit un sens absolu, rigoureux, pratique de Di.inité . »

Mais à la place de tous ces tableaux, dont les merveilles de reproduction seraient retranchées de nos

. La Vierge Jt[arie et le Pl(m div.ia, t. I, introduction.

musées, comme ils sont retranchés de l'Évangile, si M. Renan en devenait le conservateur, il nous donne, pour nous en consoler, un paysage de son pinceau, le paysage de Nzareth : -- « Nul endroit du monde ne « fit si bien fait pour les rves de l'absolu bonheur. » « La population est aimable -et souriante ; les jardins « sont fi'ais et verts. La beauté des femmes y offre « le tfpe syrien dans toute sa grfice pleine de lan- « gueur, ctc. Tel fut l'horizon de Jsus . »

Le paysage joue un grand rôle dans l'ceuvre de M. Renom. ',e n'est pas nne simple décoration de fantaisie (M. llenan n'est pas homme à rien faire qui ne porte coup). Le paysage donc, dans sa pièce, est un acteur, et un grand acteur ; nous ne tarderons pas à le voir.

« Il apprit à lire et à écrire, » observation importante, qui laisse entrevoir la noble intention qui l'a dict6e. Scrupuleux de la justifier, plus que celles qui précèdent, M. Renan renvoie aussit5t à Jean, VIII, 6. Nous courons au texte, et nous vo.)'ons qu'il y est dit seulement que, dans la scène admirable de la femme adultère, « Jésus, se baissant, écrivait sur le sable, avec « le doigt. » Mais qu'il ait apl»is à lire et à écrire ?

t. Vie de Jésus, p. 25,29.

s, rErsorrE. 2"/9 pas un mot. Seulement, en revenant de cette vérification, nous rencontrons Jean Vil, |5,- Martin. XIH, 35,- et M«rc VI, 2, et qu'yvoyons-nous? «Les Juifs « s'émerveillaient de sës connaissances et se disaient : « comment sait-il les lettres, lui qui ne les a point « apprisesP.  Q«omodo Mc iitteras sc[t c«m I)IDICEIT ?

« Il est douteux qu'il sût l'h6breu... Il n'est pas pro- « bable qu'il ait su le grec... A plus fvrte raison n'eut- « il aucune connaissance de la cuit(ire grecque... Ses « principes d'exégèse ue dépassaient pas ceux qui « aaient cours alors. » -- Comment M. lenan sait-il tout cela? -- « Autant, dit-il, que nous pou,ons nus « le figurer par les connaissances de ses disciples '. » Mais, autant que nous pouvons nous le figurer par ses disciples, qui, de grossiers et ignorants qu'ils étaient, ont été faits par lui les docteurs des peuples, qui les entendirent parler clacun en sa langte , c'est le contraire qu'il faut augurer de JÉs:s : c'est la Parole par excellence, c'est le Verbe qu'il faut voir en Lui.

Jésns, sauf ce.que lui apprit « le maitre d'école de « son village, » ue sut donc rien. C'était donc un ignorant, comme nous verrons plus tard qu'il fut uu char-

!. Vie de Jésus, p. 30, 31, 32. 2. Actes, ch. ff,

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latan et un lnaniaque. Cela vous révolte • mais cahnezvous : M. Rcnan consacrera l'ignorance, l'imposture et la folie plutôt que de vous scandaliser ! Jsus sera sanf : il n') aura que le bon sens et la conscience de sacrifiés. « L'ignorance donc, dit M. Renan, qui, chez « nous, condamne l'homne à un rang Jurée'leur, était « /eu ce pa)'s et en ce temps-là) la condition des « grandes choses et de la grande originalité '. » i)e là, sans doute, le grand arïument de saint Paul, quc l)ieu a éangôlisé le monde par des bouches dépom',ues de toute science humaine, afin que la ertu seule de la croix )'essortit . L'ignorance des agents, en effet, fut la condition unique de cette grade c]ose et de cette grande originalité qu'on appelle la conversion de l'univers à une Croix d'off toutes les lumières de la civilisation nous sont rennes : pour mieux faire éclater la vertu et la sagesse vrainent divines, cachées dans la faiblesse ct la folie de cette croix.

Voilà ce que M. Renan croit éluder, en généralisant à ce ays et à ce te»ps-h ce prodige de l'ignorance apostolique qu'il fait remonter à Js[s-C s, de qui seul vint l'inspiration qui en fit la science par excellence. Qnel m.pris de l'histoire et du lecteur! Quelle pceuve de la vérité de notre foi, qu'on ne peut désuratraliser sans surnaturaliser la nature même, ou plutôt sans la dénaturer ! . Vie de Jésus, p. 32.

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