‹ La divinité de Jésus-ChristChapitre 79 sur 152 · l'le de Jësus, introduction, p · texte numérisé non relu

l'le de Jësus, introduction, p

s, Rso. o85 « veloppement de Jérusalem (qui était le p61e sud), ce- « lui du nord fut en somme bien plus fécond. Avec ses « docteurs solennels, ses insipides canonistes, ses dé- « vots hypocrites et atrabilaires, Jérusalem n'eût pas « conçuis t'humanité. Le nord a donné au monde la « naïve Sulamite, l'humble Chanauéenne, la passionnée « Madeleine, le bon nourricier Joseph, la vierge Marie. « Le tordseula fait le christimisme.

« Une nature ravissante contribuait à former cet es- « prit beaucoup moius aust5re, qui imprimait à tous « les r.ves de la Galilée un fo u " idylliq«e et charma t... « La ;alilée était un pays très-vert, très-ombragé, très- « souriant, le ,rai pays du Cantique des cantiques et « des chansons du bien-aireC Pendant les deux mois « de mars et d'avril, la campagne est un épais massif de « fleurs, d'une franchise de couleur incomparable. Les « animaux y sont petits, mais d'une douceur extrêmc. « Des tourterelles sveltes et vives, des merles bleus si ]é- « gers qu'ils posent sur une herbe sans la faire plier, des « alouettes huppées, qui viennent presque se metwe « sous les pieds du voyageur, de petites tortues de ruis- « seaux, dont l'oeil est vif et doux, des cigognes à l'air « pudique et grave, dépouillant toute timidité, se lais- « saut approcher de très-près par l'homme et semblant « l'appeler. En aucun pays du monde, les montagnes « ne se déploient avec plus d'harmonie et n'inspirent « de plus hautes pensées. Jésus semble les avoir parti-

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« culièremcnt aimécs. C'est là qu'il se montrait aux « yeux de ses disciples, déjà transfiguré... Ce joli pays « surabondait, à l'poquc de Jésus, de bien-être et de « gaietd... La campagne devait dtre dlicieuse.., le vin « Oait dlic]cux et on Ch buwt beaucoup. Cette vie « contente ct facilement satisfaite.., se spiritualisait en « rêves dt]drés, en ue sorte de mysticisme poétique « conondat le ciel et la terre. Laissez l'austère Jean- « Baptiste dans son désert de Jude... Pourquoi les « compaguous de l'l;:poux jeûueraicut-ils 1)endant qu'il « est avec eux? La joie fcra partiedu royaume de Dieu. » N'est-elle pas la tille des hommes de boune vo- « lut6?

« Toute l'histoire du christianisme naissant, conclut « M. Rcnan, est dc'enuc de la sot'te une ddlicieusepas- « torale, un Messie aux repas des noces, la courtisane « et le bon Zachée appelés d ses [estimes, les fondateurs « du royaume du ciel comme un cortdge de paraym- « phes : voilà ce que la Galilée a osé, ce qu'êlle a fait « accepter... ; et derrière cette idylle s'agite le sort de « l'humanité' « Jésus vivait et grandissait dans ce milieu eicrant... « Il parcourait ainsi la joyeuse Galilée au milieu d'une « fête perp6tuêlle. Il se servait d'une mule (la mule « n'est ici substitu6e à l'ânesse que pour 6viter la pro-

!. Vie de Jësus, p. 63 à 68 et t95.

SA PERSONNE. 287 phétie), monture en Oriet si bonne et si sOt'e, et dont le grand oeil noir, ombragé de longs cils, a beaucoup de doucenr. Ses disciples déployaient çuelç.e/ois (fréquence inventée encore ici pour éviter la préphérie) autour de lui une pompe rustique, dont lears tements, tenant lieu de tapis, faisaient les frais... Quand il descendait dans une maison, c'Cait une joie... Les mères lui apportaient leurs nourrissons, des femmes venaient verser de l'huile sur sa tête... Ses disciples les repoussaient; mais Jésus réparait mal fait par ses amis trop zélés. Il protégeait ceux qui voulaient l'honorer. Aussi les etffants et les femmes l'adoraient. Le reproche d'aliéner de leur famille ces êtres délicats, toujours prompts à être séduits (le petit Mortara, allusion pleine de tact!), était un de ceux quc lui adressaient le plus souvent ses emmmis... La religion naissante fut ainsi à beaucoup d'égards un mouvement de femmes et d'en- alits .

« Il ne se mariapoint. Toute sa pnissance d'aimer se porta sur ce qu'il considérait comme sa ocation leste. Le sentiment extrêmemeut délicat qu'on remarque en lui ptur les femmes ne se sépara point du déouement exclusif qu'il avait pour son idéc. Il traita en sœurs les femmes qui s'éprenaient de la

t. Vie de Jésus, p. t90, 191.

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« mme œuvre que lui. Seulement il est probable que « celles-ci aimaient plus lui que l'oeuvre. Il fut sans « doute plus aime qu'il n'aima... La tendresse du cœur « se transforma chez lui en vaue poésie, en charme « universel. Ses relations intimes et libres, mais d'un « ordre tout moral, avec des femmes d'une conduite « équivoque s'expliquent de même par la passion qui « l'attachait à la gloire de son Père, et lui inspirait une « sorte de jalousie pour toutes les belles créatures « (les femmes d'une conduite équivoque ne peu- « vent être que de belles créatures) qui pouvaient y « servir'. » « Le c]armant docteur qui pardonnait à tous pourvu « qu'on l'aimdt... « « Le plus c/armant de tous les « rabbis a... » « le joyeux moraliste , » comme se plaît à l'appeler M. Renan, fçnda ainsi snr les bords de « son charmant petit lac 5 le vrai royaume de Dieu . » « Son caractère aimable, et sans doute une de ces ra- « vissantes figures qui apparaissent quelquefois dans « la race juive, faisaient autour de lui comme un cercle « de fascination'. » « Accompagné d'une bande de

l. Vie «le Jésus, p. 68 72, 73.

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